Bilan croix blanche sur fond rouge

  • 497kms parcourus
  • 39h de pédalage et/ou poussage et/ou marchage
  • nombre de pouces levés ou klaxons : malgré l’accueil un peu froid à l’aéroport? les gens ont été très sympathiques et curieux comme on aime, mais beaucoup plus calme sur le klaxon.
  • Petit dico : zauberer c’est sorcier en allemand, sinon on a beaucoup parler en français.
  • La Surprise : on voulait retrouver le froid et bien on en a eu pour notre grade
  • Le point négatif : le froid surtout pour Chacha, un peu trop frais à son goût (on a perdu 35° en 24h)P1180851-compressor

De Zurich à Chambéry (croix blanche sur fond rouge)

Lundi 4 mars, notre meilleur nuit dans un aéroport mais loin d’être la meilleur du voyage. On se fait un petit dèj local (style aéroport), puis vidons toutes nos sacoches sur la banquette pour les refaire correctement. Une fois les sacoches prêtent, c’est au tour de Bob et Enselle. On s’installe dans un coin du hall, pour les remonter, les gens nous regardent mais on a l’air d’être invisibles ou une œuvre d’art contemporaine. Ils nous fixent en train de remonter Enselle, on leur fait un sourire ou dit bonjour, et on n’a aucune réponse, pas un sourire, rien. On stresse à cause des cartons qu’on laisse à côté des poubelles, on a peur qu’ils prennent cela pour une bombe. Il faut dire que régulièrement des policiers se baladent armés jusqu’aux dents et ce n’est pas rassurant. On demande aux personnes s’occupant du ménage si ça va si on laisse nos détritus ici, ainsi qu’aux policiers et ça va à tout le monde. Bob fixé à Enselle, les sacoches accrochées à Enselle, le petit tour aux toilettes fait, on sort enfin de l’aéroport. Ça fait plaisir de sentir cet air frais, de voir les montagnes enneigées. En route, le temps est mitigé, on a le sourire au lèvre de pouvoir pédaler dans ce décor suisse. Sauf que la météo est de moins en moins sympathique, le vent forcit, et la pluie se mêle, le vent est de face ou 3/4 face, la pluie est à l’horizontale, Chacha gèle. Moi bizarrement je lutte avec le sourire, je m’amuse, mais on galère bien. On est en plein décalage horaire, on se fatigue à pédaler à contre vent, on est cuit au bout de 36km, on abandonne. A Baden on trouve un bed and breakfast, on fait un petit tour dans le village qui est trop mignon. Vue que l’on a un four dans la chambre c’est partie pour des lasagnes. Problème le temps qu’elles cuisent on s’endort, heureusement l’un de nous 2 se réveille toujours pour réveiller Chacha afin qu’elle vérifie la cuisson. Ensuite gros dodo.

Mardi, réveil à 4H, aaaaaaah ça fait mal, on essaie de se rendormir on tient jusqu’à 6h, puis bon petit dèj. Et c’est reparti sur la voie cyclable 5 (voie Mitteland), on pédale avec les gens qui vont travailler. Un monsieur ralenti sur son vélo pour discuter avec nous, on le laisse travailler nous on profite de la route très agréable, ainsi que du décor que les nuages nous laissent apercevoir. Le vent se remet à faire un caprice pour la grande joie de Chacha. On arrive à Olten qui est très jolie, nous ne trouvons pas de warmshower pour dormir. En fait c’est carnaval, et tous les suisses sont déguisés et font la fête, ils ne sont pas en état de s’occuper de 2 cyclistes en plein décalage horaire. Donc on prend une chambre avec 10% de réduction car nous sommes à vélo. Puis on fait des courses, et découvrons le carnaval suisse, des fanfare déguisées qui font de la musique dans les magasins. Nous on mange et repos total dans la chambre, on est décalqués.

Mercredi, réveil trop tôt comme la veille, bon petit dèj et on décolle. Aujourd’hui grosse journée, car les premières journées ont été un peu courtes. La météo est grise, la route est sympa, on avale les 80km assez facilement. Aujourd’hui nous avons la chance de trouver des warmshowers. Ils sortent d’une semaine de fête et sont tout aussi fatigués que nous, on peut se coucher tôt.

Jeudi, on petit déjeune pendant que nos hôtes sautent dans leur vêtement pour aller travailler. Nous enfourchons Enselle très motivés, car aujourd’hui on retrouve nos amis suisses, des routes que l’on a déjà fréquenté, malheureusement les nuages sont de la partie bouchant les jolis paysages suisses. Le vent nous met encore au défi d’avancer, mais rien ne peut nous empêcher de rejoindre Sabine et Iannis, bon d’accord on a grincé un peu des dents et pesté. On arrive à Neuchâtel, où l’on pose Enselle et Bob dans la salle de repos du bureau de Sabine. Elle nous invite à manger dans une brasserie, on se régale et on est trop content de se retrouver. A 14h c’est Iannis qui vient nous chercher pour nous monter à la Chaux de Fond, on fait une petite visite d’un producteur de bière et repos chez Sabine. Le soir on fait connaissance avec Chris (petit ami de Sabine) et mangeons bien. On finit la soirée très tard pour nous et peut être pour eux aussi.

Vendredi, on petit déjeune trop bien, on laisse les travailleurs aller travailler. On fait une machine à laver, quelques courses et attendons que Iannis se réveille. C’est un lève tard, on prépare de quoi faire des sandwichs le temps qu’il vienne nous chercher. Il nous emmène se balader dans son coin préféré de la région sur la frontière avec la France. Il nous montre ses coins fétiches d’escalades, on se balade, mangeons et je rate une magnifique photo de chamois. Puis il nous ramène chez Sabine, pour qu’il puisse vaquer à ses occupations (surement ménage). Le soir on se retrouve tous chez Iannis et Julie pour une bonne raclette, on se pète le bide de fromage. Puis dodo toujours tard minuit largement passé.

Samedi, petit déjeuner avec Sabine, courses au marché, café au café avec les amis de Sabine. L’après midi balade sous la pluie avec du vent sur la piste de ski de fond. On se réfugie dans une cabane de bucheron pour boire le thé et retour, malgré la météo pas très sympa. On finit la journée par une belle soirée autour de la table.

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Dimanche, on prend notre petit dèj pensant que Sabine et Chris dorment encore, je me fais gronder car je ne laisse pas assez de pain pour eux. En fait ils sont sortis chercher notre petit déjeuner, trop bien je peux encore manger de bon croissants et pains au chocolat. On passe la journée à l’appart à discuter, Chris et Iannis bossent encore, on prépare le repas du soir. Dimanche soir on mange tous ensemble (les 3 couples au complet), ça fait trop plaisir.

Lundi 11 mars, on se retrouve dans le bain d’aller au travail, c’est à dire que nous avons l’habitude de prendre un peu notre temps le matin pour bien manger. Ce qui met nos compères un peu en retard, on sort prendre le train sous la neige, mais on ne peut plus aller à la gare à pied. On attend donc le bus, et nous descendons en courant du bus pour attraper le train qui a heureusement un peu de retard. Qu’est ce qu’il nous font pas faire! On retrouve Enselle et Bob qui ont fait un peu leurs stars auprès des collègues de Sabine. On embarque sur Enselle, Chacha a réussi à garder ses larmes devant nos amis, mais craque au bout de 15 coups de pédales (ah les hormones). Pour ne pas changer, on lutte contre le vent mais il y a peu de pluie, on retrouve la neige qui tombe. Pour finir la journée de pédalage nous avons le droit à un rayon de soleil. Nous dormons à Yverdon les Bains chez des warmshowers qui ont traversé les Amériques du nord au sud en 2 ans. On discute bien sûr de cyclotourisme autour d’une bonne fondue suisse, et finissons la soirée en jouant aux chevaliers du rail, jeu très sympa mais on s’est pris une raclée (on attend la revanche).

Mardi, on se réveille sans avoir entendu nos hôtes partir, on prend un bon petit déjeuner et chargeons Enselle. Nous avons 2 choix de routes pour rejoindre Genève en 2 jours, la première est de suivre le pied du jura (ça monte et ça descend), la deuxième c’est de continuer sur la route Mitteland (ça monte et descend un peu moins). On choisit donc la deuxième surtout que la météo n’est pas folichonne et que l’on ne pourra pas voir les Alpes. On commence par des lignes droites dans les exploitations agricoles, on enchaine par des virages qui nous font passer de tous petits cols. On s’impatiente d’apercevoir le Léman, et de redescendre, notre itinéraire bifurque sur Lausanne on descend directement sur Morges. On se retrouve sur une route normale et nous sommes surpris par la conduite très sportive des suisses. A Morges on s’installe dans l’hôtel de la Couronne qui nous surclasse dans une immense et magnifique chambre. On fait un petit tour en ville et sur les berges du lac, c’est tout mignon et en plus on aperçoit le pied du mont blanc.

Mercredi, on a le droit à un énorme petit dèj, on se pète le bide, à tel point que nos estomacs peuvent remplacer nos roues. On finit par charger Enselle qui n’est pas trop content que l’on ait mangé autant. On prend la voie cyclable qui longe le Lac (partie suisse de la via rhona), en fait on aperçoit que de temps en temps le lac quand on grimpe. D’après le descriptif on ferait 620m de dénivelé positif, on pensait que c’était une erreur mais à la fin de la journée nos jambes semblent d’accord avec le descriptif. On trouve un petit coin à l’abri du vent pour pique niquer au presque soleil sous les avions qui atterrissent. On traverse Genève sous les giboulées de mars, et arrivons à destination où l’on fait la rencontre de mon neveu Léonard.

Jeudi, nous passons une matinée tranquille. La veille nous avions dit à Srebi que nous voulions visiter un musée (enfin surtout moi), elle a sauté sur l’occasion pour pouvoir sortir un peu le nez des couches culottes. Après le repas de midi, direction le MEG (Musée d’Ethnologie de Genève), mais avant cela pliage de poussette couffin dans le coffre, préparation du sac à tout prévoir pour le confort de Monsieur Léonard, et installation de Monsieur dans son siège baquet. On fait un petit tour dans Genève et trouvons une place à 50m du musée. Il pleut et il faut installer Monsieur Léonard dans son engin sans le mouiller. Avec Srebi et Charlene, on ressemble à une équipe de formule 1 au stand, je sors les roues, les arceaux, ainsi que le couffin et je monte le tout. Chacha tient les parapluies pour protéger tout le monde, et Srebi s’occupe du transfert de Monsieur. On fait cela dans un temps record car la pluie ça mouille et que tout se passe côté route. On rejoint le musée, passons devant une école où un panneau indique qu’il faut faire attention aux enfants, pourquoi ils sont dangereux en suisse? On visite le musée qui est super chouette, c’est un rassemblement de collections et c’est le premier de Léonard. Ça lui plait au début, puis il se lasse un peu et finit par faire caca. Srebi le change, on prend un café et retour à la maison pour une soirée tranquille.

Vendredi, mâtinée pépouze, j’écris le début de cet article et Chacha cuisine. Au retour de Srebi, je l’aide à vider le coffre pendant qu’elle s’occupe de Léonard. Elle est toute contente d’avoir des bras supplémentaires et d’avoir le repas prêt à son retour. On mange, puis elles m’abandonnent avec Monsieur Léonard pour faire les courses. Au départ tout se passe bien, il dort, puis il se réveille et le fait savoir, mais ça se passe encore bien. Mais une drôle d’odeur commence à flotter dans l’air, et voilà que je me retrouve à devoir changer une couche. Mais en fait on a bien une couche humide mais pas de caca, c’est Bobby le chien qui a pété et qui surveille aussi mes faits et gestes avec Léonard. Je remets les vêtements de Léonard en ayant quelques doutes sur la mise en place de sa couche (d’après Srebi c’était parfait), par contre le pyjama asymétrique c’est galère. J’abandonne la mise en place des jambes, le remet dans son couffin sous une couverture, puis le balade dans le salon pour le remettre de ses émotions et ça le calme. Au retour des filles je raconte mes péripétie aux filles qui au lieu de dire « pauvre Damien », se moque de moi et rigolent bien. C’était ma première fois et je trouve que j’aurai du avoir un pin’s. On finit la journée avec une bonne raclette et dodo.

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Samedi, on prend un bon petit déjeuner, on s’occupe d’Enselle un peu jaloux de Monsieur Léonard. Et on charge nos affaires dessus, sur Enselle pas Léonard. On dit au-revoir à la maman et au petit, Sylvain fait un bout de route avec nous avec son vélo à assistance électrique (tricheur). Au bout d’une petite heure il fait demi tour et nous retrouvons les joies de pédaler tranquilles pas qu’on n’aime pas pédaler avec d’autres, juste que l’on retrouve notre petite bulle. Nous prenons la direction de la frontière sur la via Rhôna, on sait que nous l’avons passé quand Chacha verse une larme devant le panneau France et surtout Haute Savoie, ça fait plaisir de retrouver nos montagnes mais ça fait bizarre de se dire que c’est la fin de notre aventure. Nous avons la chance de pédaler sous un ciel bleu, et de pouvoir profiter de chaque instant sans lutter contre la pluie et le vent. On avale tranquillement les côtes, on se laisse aller dans les descentes, on accueille avec plaisir les coucou et les encouragements de nos compatriotes en voiture ou à vélo, pouces levés, klaxonnent. Et pour couronner le tout on voit le mont blanc, c’est magnifique. On finit notre avant dernière journée au camping municipal de Chanaz, lieu où nous avons passé notre première nuit de notre voyage. On s’installe, mangeons, téléphonons, discutons, le tout posés dans nos chaises pliantes, on a juste la flemme de se doucher car nos jambes ne veulent plus bouger après les 80km de la journée. On finit par y arriver, et ça fait vraiment du bien une bonne douche chaude, puis dodo.

Dimanche, on prend un petit dej sans thé chaud car plus de gaz et matinal car d’après la météo à partir de midi c’est déluge. On plie le campement pour la dernière fois et prenons la direction du tunnel du chat. Le ciel est tout bleu, toujours pas de vent, pas de circulation, mâtinée presque parfaite, oui presque parfaite car on roule à l’ombre de la montagne et Chacha à froid. On grimpe au tunnel, et on se fait plaisir, on redécouvre nos magnifiques paysages. A une intersection on s’arrête pour une pause pipi pour Chacha, mais raté, une voiture s’arrête et le chauffeur vient à notre rencontre. Il aime aussi faire du vélo et fait aussi de petits voyages d’un mois. Il est tout aussi curieux que sympathique et nous conseille pour notre avenir, faire attention au coup de déprime et à ne pas trop grossir en arrêtant de pédaler. Au bout de 30min on reprend la route sans que Chacha n’ait pu faire pipi. Une pause pipi et un tunnel plus tard nous sommes au-dessus du lac du Bourget avec belle vue sur nos montagnes savoyardes, on rencontre un ancien cyclotouriste, discutons un peu et reprenons la route. Dans la descente on sent comme un petit problème de roue arrière, on analyse les rayons, le voilage de la roue, le moyeu, on ne décelle aucun problème, tout est nickel. On descend tranquille, on sent toujours le problème comme si on roulait sur une petite bosse régulièrement. On s’arrête une deuxième fois, analysons un peu plus et découvrons une petite hernie sur la roue arrière. Il nous reste moins de 20km, ça devrait passer. On reprend la descente sur les freins, roulons doucement on profite de nos derniers coups de pédale. On remonte la Leysse, la quittons, et entendons un gros coup de pétard, on est sur la jante. L’hernie a éclaté, donc gros trou dans le pneu et la chambre air. Heureusement je n’ai pas jeté notre vieux pneu comme le voulait Chacha, on change le tout, et même des gens nous proposent leur aide. On finit les 6 derniers kilomètres de notre voyage sur les pistes cyclables que l’on connait par cœur. On est heureux d’avoir réalisé ce voyage, et tristes que ce soit finit.

Lundi 18 mars et les jours qui suivent, Chacha signe son contrat de travail, moi je retrouve du travail à la stérilisation de l’hôpital de Chambéry. L’échographie et les sages femmes confirme que Chacha est bien enceinte, et jusqu’au 24 aout. On fait de la paperasse, visitons notre futur appartement, vidons un congélateur car il a rendu l’âme, en fait on transfert la nourriture qui décongèle dans nos estomacs. Une fois ces choses faites on rend visite à la famille, qui se fait plaisir à nous remplir le ventre. Il ne nous restent plus qu’a rapatrier nos affaires (stockées dans les landes) à Chambéry…

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