Bilan Géorgie

  •  373kms parcourus
  • 24h de pédalage et/ou poussage et/ou marchage
  • nombre de pouces levés ou klaxons: pas mal, les Géorgiens sont assez expressifs en sortant la tête de la voiture (voir une bonne partie du corps) pour nous encourager.
  • Petit dico :
    • bonjour: Gamardjoba
    • Au revoir: Narouamdés
    • Merci: madloba
    • Et c’est tout !!!!
  • La Surprise : les paysages, pour le peu que l’on a vu c’était impressionnant (il y avait de vrai montagnes),
  • Le point négatif, la conduite comme en Russie ils ont autant de volant à gauche qu’à droite. Être en tandem avec une remorque à l’air de calmer les ardeurs de ceux qui arrivent derrière (ils ralentissent et s’écartent pour nous doubler à part quelques irréductibles). Mais ceux qui arrivent en face c’est pas la même, ils doublent même si on est en face et nous klaxonnent pour qu’on leur laisse de la place, parfois sans raison ils nous foncent dessus avec le sourire.

P1070669-compressor

De Akhalkalaki à Tbilisi

Mercredi 18 avril, nous avons hésité entre 2 ititnéraires, le premier passant par un col plus de 2000m puis redescente sur Tbilissi, le second fait un détour et en plus ce n’est que de la descente. Après un petit check météo, nous choisissons la facilité car ils annoncent vent et neige. Nous partons direction Akhalistké et commençons par 20km de descente dans une magnifique gorge. Nous en prenons plein les yeux, encore une fois, tout en zigzaguant, montant descendant toujours au fond de cette gorge parsemée de châteaux et de magnifiques spots bivouac. Nous dormirons dans une chambre d’hôte afin de laisser nos affaires pour visiter un château tout restauré où nous montons au sommet du donjons avec des escaliers qui font peur rien que pour Chacha.

Jeudi, nous reprenons la route pour nous enfoncer dans une nouvelle gorge, celle ci aussi parsemée de châteaux mais malheureusement cette fois ci … elle est toujours magnifique! Toujours en descente (faut dire que cela faisait un moment qu’on n’était pas passé en dessous des 1900m), la pédale légère (sauf dans les petites côtes qui sont là pour nous rappeler qu’on fait du vélo), nous allons nous hydrater à la ville thermale de Borjomi. Une fois nos affaires de côté nous allons visiter le parc (d’attraction) historique. Au milieu de ce parc, Chacha l’aventurière, s’approche de 2 robinets où est écrit « bouteille de 10L interdite » et où un monsieur dit « very healthy water ». Chacha prend son courage à 2 mains  (ça tombe bien elle a soif) et goûte l’eau …J’ai droit à une très belle grimace qui me dissuade de m’y aventurer: l’eau est chaude et salée ! Sur ce nous rentrons manger.

Vendredi, le soleil se fait discret, nous partons donc avec une petite bruine, toujours dans la gorge pour rejoindre la pleine entre le petit et le grand Caucase. Le réveil un peu plus difficile (sûrement l’eau salée), dans la pleine le vent nous attend, Chacha décide donc que nous ferons une toute petite journée, 30kms plus loin nous sortons de la gorge et nous arrêtons pour la journée. Nous cherchons une chambre d’hôtes (on est fan et c’est vraiment pas cher), en vain, on n’arrive pas à se faire comprendre ou nous ne comprenons pas les indications des adultes. Deux enfants nous accompagnent à un hôtel, ils adorent Enselle.

P1070700-compressor

Samedi, Chacha en pleine forme est prête à avaler les kms. Nous avons eu le temps d’étudier l’itinéraire pour éviter la grosse route. Nous allons vite comprendre qu’ici les routes c’est comme un kinder surprise …Nous attaquons par des nids de poules avec deci delà du goudrons, puis chemins avec puits sans fond cachés sous des flaques d’eau. Ces routes relient bien des villages où les habitants nous voient comme des extraterrestres poursuivis par un poisson volant. Nous retrouvons finalement le goudron sans les nids de poule et même le soleil se met à briller. Nous décidons de continuer sur la route kinder après tout on n’est pas pressé et les villages sont très jolis. Nous retrouvons donc les nids de poule ce qui oh miracle nous permet de doubler un véhicule motorisé: une mercedes (bon ok conduite par un enfant de 12 ans seul). Dans un village nous faisons une pause kachapuri (pain fourré), à la sortie du village des femmes nous appellent, nous craignons la pause chacha (alcool fort local, à ne pas confondre avec la mienne), ce sera finalement une pause vino et remplissage de sacoche option immenses sourires et coup dans l’aile. Enselle nous prend sur son dos et nous amène jusqu’à Gori, ville natale de Joseph Vissarionovich Dzhugashvili … mais qui est ce ? Nous prenons nos appartements chez Lia (Nitsa guesthouse que nous recommandons chaudement) qui nous accueille avec thé et katchapuri qui nous permet de finir d’éponger le vin.

Dimanche, nous nous mettons à l’heure géorgienne, c’est à dire petit dèj pas avant 9h pour les lèves tôt. Petite lessive (il était temps), je papote avec Lia en anglais dans le texte (ils se comprennent car ont le même niveau), Chacha papote avec Toto notre finlandais franco suédois réunionnais norvégien sur facebook (en français dans le texte) puis Lia nous fait découvrir la musique géorgienne et à 12h nous décidons enfin de bouger. Un katchapuri plus tard, nous visitons le musée de Joseph Vissarionovich Dzhugashvili soit le musée de Staline de son petit nom. Nous admirons la propagande sans les sous titres, on ne parle pas encore russe ni géorgien, on visite son wagon blindé tout équipé baignoire incluse mais ça ne vaut pas notre équipement (nous on a une bassine pliable). On enchaine avec la forteresse, une petite descente escarpée nous fait découvrir un magnifique … cul de sac. Les aventures ça creuse, un petit arrêt ravito et retour dans notre petite maison adorée.

Lundi, nous décidons d’affronter le vent mais avant ça , pause photo avec notre hôte. Le vent souffle fort, très fort, la météo annonce des rafales à 60km/h ! En plus le vent est … dans notre dooooooos !!!!!!!!!!!!! Alléluiah (on est Géorgiequand même)!!!!!! En prime petit faux plats descendant, nous roulons à un petit 30km/h sans pédaler ! Le vent nous pousse dans les montées (on ne les a jamais monté aussi vite). Au sommet de l’une d’elles, nous rencontrons tout content 2 mamans avec 4 enfants qui n’ont pas le même ressenti, eux, ils ont un « petit » vent de face avec un « petit » faux plats montant (oui on des enfoirés). Ils sont sur le chemin du retour pour faire la rentrée en France en septembre. De plus en plus poussés par le vent, nous filons à toute vitesse vers l’ancienne capitale et berceau du christianisme géorgien: Mcheta. Nous y visitons la Cathédrale où les rois géorgiens reposent, la nonnerie au confluent de 2 fleuves, un petit tour en ville et dodo (après une petite bière et du vin et des raviolis offerts par notre hôte).

Mardi, le jour J nos rejoignons la capitale Tbilissi. Avant cela changement des plaquettes de freins et nous découvrons que notre disque est foutu. Nous attaquons nos soit disant 20kms. Au départ tout va bien, arrêt pipi comme à l’accoutumé tous les 10m puis nous arrivons sur une 2×2 vois , ça commence à être fatiguant, celle ci se transforme en 2×4 vois, ça devient très fatigant. Nous pouvons enfin quitter cette grosse route après 20kms car nous entrons enfin dans la ville. On prend un raccourci par l’hôpital (maps.me est plein de surprise) mais il nous reste encore 10km de capharnaüm géorgien entre boulevards immenses et petites rues en construction (!?!). Nous atteignons péniblement notre charmante auberge (on recommande aussi: Pinn Hostel), petit tour dans le quartier pour se dégourdir les jambes, courses à carrefour (ah tiens ?!).

P1070898-compressor

Mercredi,nous restons à l’heure GE-OR-GIEN-NE, apparemment un peu tôt pour l’employé de l’hostel et pour le reste du quartier qui ne s’anime pas avant 11h (étrange …) comme le vélociste chez qui nous emmenons Enselle et le pied de Bob, qui n’ouvrent pas avant 11h et qui n’ont pas de mécano avant 13h. Nous laissons donc Enselle au magasin et faisons un tour dans le quartier des ambassades et au parc de Vake. Je n’ai pas repéré le zoo malheureusement et donc ne l’ai pas réclamé (:( ), Chacha est soulagée. A 13h, retour chez le vélociste, on explique ce qu’on veut et devons revenir dans 2h , le temps de trouver un restau boui boui pour manger, manger (le service géorgien ne va pas plus vite que la lumière, mais les plats sont chauds et bons, voir très chauds et très bons). Au retour, Chacha a bien vu le palais des thés (ça m’étonnait aussi), « vient on va voir si c’est comme en France », c’est la même chose qu’en France, « oh regarde il y a mon thé préféré », je vous laisse imaginer la suite… Nous récupérons notre petit et le pied de son pote et partons à la recherche d’une carte de l’Azerbaijan, nous faisons toutes les librairies du coin (on en trouve une bien sympa qui fait café d’ailleurs) en vain, il n’y a que des cartes de la Géorgie (un chouille chauvin le géorgien). Même chez Géoland, il n’y a que des cartes de la Géorgie (et de Chypre, va savoir pourquoi). En chemin, nous rencontrons Victor un espagnol sympathique et très bavards, on discute sur le trottoir pendant une bonne heure alors que nous sommes entourés de cafés! On se remet de nos aventures avec une bouteille de « red sweet wine » qui va très bien avec les fraises.

Jeudi, mission tourisme et pas des moindre ! Balade dans la vieille ville au milieu d’une foule de touriste (pour mon plus grand plaisir), Chacha trouve les maisons délabrées penchées en bois ciselé très jolies, je suis sceptique et les trouve dans le même état que les routes. Ça a son charme. Par contre les églises sont flambants neuves, toutes méga restaurées, les rues piétonnes un peu trop touristiques pour nous et ça a le don d’énerver Chacha. Nous en profitons quand même bien et allons vérifier que l’eau qui coule sous les bains géorgiens et bien chaude et soufrée … soufrée oui, chaude non.

(Attention ce paragraphe est interdit aux moins de 16 ans)Vendredi, nous décidons de prendre de la hauteur nos visas azeris en poche. Nous allons mater les boobs de la mère de la Géorgie et slalomer entre les seins siliconés russes dans la forteresse (oui petit blocage mais on voyait que ça). Petit (voir grand) tour dans le jardin botanique en floraisons et en constructions suivis par 2 sphères en silicone (on n’a pas la photo fallait pas exagérer, #chocked). Nous remontons voir les fessiers de la mère patrie pour redescendre par un chemin moins touristique et donc moins »refait » tout en profitons toujours des maisons délabrées penchées mignonnes.

Demain direction l’Azerbaïdjan.

De Erzurum à Ahalkalaki

Vendredi 6 avril, on se réveille en prenant notre temps, on va manger en prenant notre temps, rangeons nos affaires en prenant notre temps: notre bus n’est qu’a 22h. Puis on part se balader en ville, visiter, faire les boutiques car Chacha a déchiré son pantalon à force de glisser sur les fesses. Et il serait bien de lui trouver une chemise cache fesses d’ailleurs. Dans le jolie bazar couvert, elle se lance dans des négociations, mais ne trouve pas le bon prix pour nous tant pis. Dans un magasin à la musique boum boum, elle trouve la tunique, le pantalon et le bon prix. On peut enfin manger une pide locale, visiter le medresa (école coranique) transformé en lieu pépouze pour se rafraichir. On récupère notre Enselle, et rejoignons la gare routière. Où nous retrouvons nos sudokus pour patienter, puis nous sortons sur le quai un peu en avance pour avoir le temps de ranger, attendons le bus, continuons d’attendre le bus, 5min avant l’heure de départ toujours pas de bus, le stress monte, on est bien sur le bon emplacement? Oui on y est bien, le stress redescend, puis remonte il y a du monde sur le quai et avec pas mal d’affaires, Enselle va rentrer? Le bus arrive (45min de retard), bien sûr tout le monde saute dessus, le chauffeur et ses assistants nous aperçoivent, on sourit mais pas eux. Les soutes sont remplies un peu n’importe comment, ils font de la place à l’arrache, bourrinent Enselle là où ils peuvent, j’interviens descend les selles, enlève la roue avant et tout rentre en forçant légèrement. Au moins tout est calé, même les poules vivantes dans des cartons (Enselle ne va pas bien dormir). Partis pour une nuit, de bus confortable pour Chacha qui à son habitude s’endort après les collations. Moi je suis encore un peu trop grand, mais on a chacun son écran, avec film en turc, musique turque, et jeux dont Angry bird je m’amuse bien, avant de m’endormir aussi.

Samedi, nous profitons du paysage (lever de soleil), des jeux sur nos écrans pour arriver à 7h du matin, on a une bonne heure d’avance sur l’horaire prévue, notre chauffeur a un peu trop bien roulé. On trouve l’hôtel Tahran largement dans nos prix, je peux reprendre ma nuit dans un lit où je rentre en entier. Nos estomacs nous poussent à sortir manger, et la fatigue nous pousse à reprendre notre nuit.

P1070249-compressor

Dimanche, journée missions, la première rassembler toutes nos affaires salles, euh garder les moins salles pour ne pas sortir tout nu, trouver la laverie où une gentille demoiselle s’occupe de tout. Deuxième mission, trouver un bon pantalon pour Chacha afin qu’elle pédale sereinement, et me trouver une 2eme chemise manche longue pour moi pour être un peu plus propre en Iran (1 chemise pour 2 mois ça risque d’être juste). Troisième mission, c’est l’heure de manger Burger King nous fait les yeux doux on craque (la viande griller, les pides … on en peut plus). Quatrième mission, récupérer nos affaires et visiter la maison d’Atatürk où il a fixé les frontières de la Turquie en 1919, point de départ pour obtenir l’indépendance.Cinquième mission, ravitaillement en eau et chocolat. Sixième mission, préparer les papiers pour obtenir nos visas iraniens, c’est à dire photo voilée pour Chacha, imprimer assurance et autres, photocopies d’un peu de tout, révisions de notre parcours en Iran. Septième mission, repos et dodo.

Lundi 9 avril, direction le consulat facile à trouver il y a un vélo de cyclotouriste devant. Nous rencontrons Ronan un irlandais qui va jusqu’aux Japon et parle français. En 1h nous avons nos visas, on ramène Ronan à notre hôtel, il est dans le même état que nous samedi, lui aussi a pris le bus depuis la Capadoce (il a rencontré d’autres cyclotouristes qui vont faire la même). Nous on ressort visiter la ville, Medresa couvert qui sert de musée avec de minuscules portes (merci pour mon dos), Medresa ouvert avec des portes pas plus grande et un escalier biscornu où il faut faire attention à la tête et aux marches, le château, et le caravansérail, le tout au milieu de montagnes en forme de colline, on en prend encore plein les yeux. En plus la police nous offre des bonbons. On retrouve Ronan pour manger et boire un çay, on fait vite car il est malade.

Mardi, jour de repos et décompression, ces derniers jours (semaines) les petits ennuies prenaient des proportions « dramatiques ». Ça fait un petit moment que je dis à Chacha qu’il faut que l’on se pose et repose vraiment, là on a nos visas iraniens, Enselle va bien, pas de stress d’être dans la tente avec des intempéries, ce dernier jour de repos nous remet en selle pour le futur. Car à chaque fois que l’on prend un jour, pour Chacha il faut aller voir ça ou ci, faire ça ou ci, elle déteste rien faire, quand on disait repos c’était faire autre chose que du tandem. Aujourd’hui on traine, petit ravitaillement pour la suite, manif de la police en costume, goûter avec Ronan, papotage avec le patron de l’hôtel qui nous invite à manger le soir. Nous passons donc une excellente soirée, nous mangeons lui nous regarde, un ami à lui nous rejoint, et bien sûr comme beaucoup ils rêvent de la fortune qu’ils peuvent faire en France. On lui explique que les choses changent et il est content de nos explications, nous nous amusons bien, mais il est temps de rentrer se coucher.

Mercredi, nous repartons avec Ronan, c’est la première fois qu’il roule avec d’autres cyclotouristes et pour nous aussi. Pour lui ça change beaucoup, car il prend notre roue, roule à notre rythme, pour Chacha ça lui permet de surveiller autre chose que moi, de discuter avec quelqu’un d’autre, pour moi ça ne change rien car devant moi j’ai toujours la route et le vent qui souffle contre nous. Et un sacré vent durant la matinée, dans les descentes pas besoin de freiner mais il faut pédaler. Après la pause repas (d’excellentes pide), le vent s’est calmé, ça descend moins, on roule bien. Une voiture se porte à notre côté, on sourit, fait coucou, mais elle est un peu oppressante et nous force à s’arrêter, c’est pour nous offrir du pain. On repart toujours au milieu de ce paysage, on est sur un plateau, à la végétation rasante, au milieu de montagnes arrondies aux sommets blancs et un ciel bleu parsemé de nuages (voir que des nuages). Par contre nous croisons énormément de réfugiés à pied au bord de la route ou dans les champs, nous avons un drôle de sentiment de croiser ces personnes qui quittent leurs pays pour survivre, et qui nous font des coucous avec le sourire, alors que nous nous voyageons juste par plaisir, pour s’amuser sachant que l’on peut rentrer chez nous quand on le veut et comme on le veut. Nous arrivons à Horasan, on plante la tente avec Ronan, rationnons l’eau, partageons un bon repas, discutons des réfugiés, du futur, de nos voyages et allons nous coucher.

Jeudi, nous roulons 2 petits kilomètres avec Ronan lui il prend à droite direction l’Iran, nous à gauche direction la Géorgie, on espère se recroiser. On profite d’un faux plat descendant entrecoupé de petites montées, on entre dans une gorge, le paysage est magnifique, les falaises sont ocres, les champs verts, le ciel bleu, on kiffe. On commence à avoir faim, au départ on a bien pensé à acheter de l’eau, mais on a oublier d’acheter du pain, on grignote des fruits secs au milieu de cette gorge. Avant de la quitter pour grimper en direction de Kars, nous trouvons un bouiboui pour camionneur, on peut enfin manger. On est invité à la table de 2 chauffeurs, dont un, Truan, qui n’arrête pas de rigoler et nous faire rire. Il veut que l’on charge Enselle dans sa remorque pour nous conduire directement à Kars, difficile de lui refuser en plus de nous esquiver la pluie qui arrive, une jolie montée après 50km, une journée de tandem, il est tellement drôle que l’on a envi de passer plus de temps avec ce joyeux personnage. Nous prenons donc le « Mercedes taksi », apprenons de nouveaux mots, et il téléphone à différentes personnes pour raconter ce qui lui arrive tout en rigolant et conduisant. Il nous dépose à Kars plus qu’à trouver un lieu pour dormir, on est bien fatigué par cette journée sympathique.

Vendredi, réveil un peu tardif, on part à la recherche de l’office du tourisme car on veut visiter Ani (ancienne capitale arménienne). Et à ce qu’il parait il faut se faire enregistrer car c’est sur la frontière avec l’Arménie, et en plus l’office de tourisme regroupe les touristes dans des taxi pour payer moins chère. Nous trouvons un office de tourisme fermé, le deuxième est ouvert mais c’est juste un membre de la sécurité qui est là. Il nous explique qu’il faut aller au 1er office de tourisme pour prendre un bus qui est à 11h, il est 11h15 trop tard pour aujourd’hui. On n’a plus besoin de se faire enregistrer, plus besoin de taxi, juste un bus à 14 TL aller retour donc 10 fois moins chère que prévu. On visite donc la ville avec ses maisons soviétiques, son château, son église transformé en mosquée au milieu de ce paysage de plateau et de colline. On se trouve un petit restaurant de pide, au bon moment, pas parce qu’il est 15h et que l’on est prêt à manger un chien errant, non, car il commence à pleuvoir et que ce n’est pas une petite pluie mais un gros orage qui nous tombe dessus, d’ailleurs la foudre est tombé à 50m du restaurant et a fait sursauter tout le monde, plus d’électricité. Nous nous remplissons les estomacs et savourons ces pides et lahmacun dans un deuxième temps, en laissant passer l’orage et le gros de la pluie, puis rentrons à l’hôtel en slalomant ou contournant les inondations. Nous passons la fin d’après midi à préparer les jours suivants, en écoutant la pluie tomber.

Samedi, nous changeons d’hôtel, on nous fait déguster les spécialité de Kars dans un petit magasin, fromage et miel, puis çay en attendant le bus pour Ani. On rencontre un espagnole, Carlos, voyageant en bus. Nous visitons l’ancienne capitale de l’Armenie, la première chose qui me frappe ce sont les miradors qui se regarde en chien de faïence de part et d’autre de la rivière (la frontière). Nous passons un énorme rempart, et derrière découvrons des églises à flanc de falaise, une cathédrale, un caravansérail, une citadelle et un grand champ de ruine du à un tremblement de terre. Charlene, peu visiter tranquille avec Carlos, et moi courir, grimper, faire des photos tranquille au milieu des ruines, maisons troglodytes. Euh tranquille, pas vraiment on a la pression car on a tout juste 2h pour faire le tour, notre bus repart à 14h tapante. Nous rentrons, mangeons avec Carlos, faisons des courses, et allons nous coucher, nous sommes morts de fatigue.

Dimanche, nous quittons Kars avec le vent dans le nez, et encore un chien qui nous stop en pleine montée. Mais le paysage est toujours aussi sympa, on s’arrête à Arpaçay pour manger dans une boucherie. Assez rapidement tout le village sait que 2 cyclotouristes sur un drôle de vélo sont là. Nous prenons une chambre dans une salle de jeux et çay, on boit donc des çay, puis allons faire un tour dans le village. Au retour nous apprenons leur jeu de carte en buvant des çay, Chacha perd moi je suis désigné comme un professionnel et oui j’ai gagné, pour une fois Chacha n’est pas mauvaise perdante peut être parce que nos adversaires ont dit qu’elle était une belle personne.

Lundi, nous essayons de quitter Arpaçay, on est intercepté pendant nos courses par le chef de la police municipale. Il nous invite dans son bureau pour boire le çay, manger des gâteaux et faire des photos. Nous pouvons partir, passons une petite côte, et faisons une pause gouter en admirant une magnifique vue sur le lac de çildir à 1950m d’altitude. Nous le longeons toute la journée en suivant une route en forme de montagnes russes (c’est vrai que la Russie n’est plus très loin). On profite de la vue sur le lac, sur les montagnes enneigées, et les bouses de vache qui sèchent. Nous quittons le lac et descendons sur çildir (village) pour dormir et profiter d’un hammam rien que pour nous.

Mardi, on prend notre dernier petit déjeuner en Turquie dans un terminal de bus (un petit bouiboui tenu par 2 jeunes hommes fort sympathiques). Nous grimpons un joli col en direction de la Géorgie, au sommet 3 camionneurs nous invitent à boire le çay, en fait c’est un bon petit déjeuner traditionnel (kahvalti). On reprend la route et ça descend bien avec encore une magnifique vue sur un lac qui est traversé par la frontière (faut dire qu’on était tellement haut qu’il fallait bien finir par descendre). A la frontière, nous avons un premier contrôle et tampon de sortie de la Turquie, on avance et recontrôle de nos passeports, nous sommes dans le no man’s land et il n’y a personne, puis contrôle de nos passeports avec discussion au talkie walkie, pliage en 2 de nos passeports pour le tampon d’entrée en Géorgie. Chacha va faire le change de nos derniers turkish lira, un policier me demande de m’arrêter et de revenir en arrière, il regarde Enselle sans me parler, regarde les sacoches,  je ne sais pas s’il travaille ou s’il est juste curieux, il a un coté sympa un autre assez stressant, il me sourit et me montre toute ces sacoches, je lui explique comment sont rangées nos affaires, il ne sourit plus me dit de rester là et rentre dans la douane, 2 minutes plus tard ressort me demande mon passeport, me demande si je suis bien français, me rend mon passeport et me dit d’attendre Chacha au stop. Chacha a réussi à changer les quelques sous turc qu’il nous restait, et commence à sortir, la douanière lui dit de doubler tout le monde sans la contrôler, mon policier la stoppe en lui demandant ce qu’elle faisait, elle répond qu’elle me rejoint et il la laisse passer. On n’a toujours pas compris son trip. On reprend la route, les premiers kilomètres en Géorgie nous offre des arbres (ça faisait longtemps) même des forêts, de petits villages, et des montagnes qui ressemblent à des montagnes, nous avons des coucous et des encouragements très expressifs, de quoi vite oublier la Turquie que l’on a adoré (snif). Arrivé à Ahalkalaki, des ouvriers nous invitent pas à boire le çay mais la vodka russe, ainsi que de manger du cœur avec du pourri (pain), on se régale mais on a vite un coup dans le nez. On va trouver un hôtel, déambulons dans la ville pour retirer des sous et faire un tour dans le marché et surtout désaouler avant de réfléchir à notre itinéraire en Géorgie.