De Mashhad à la frontière

Jeudi 28 juin, après un bon gros dodo et un bon petit déjeuner Samyah (dernière de la famille et traductrice en chef) nous emmène au mall. Finalement son père nous rattrape sur le chemin et nous embarque dans sa voiture pour nous emmener à la montagne de pierre. C’est un jolie parc, sur une colline en pierre et béton où ils ont fait parcourir de l’eau. C’est agréable, je peux me balader les pieds dans l’eau, gravir les petits escaliers « vertigineux », c’est un parc assez ludique avec une belle vue sur la ville (2eme du pays) qui est assez verte. On redescend retrouver Mr « give me five » resté en bas et cette fois ci les filles empruntent les petits escaliers. En bas ils nous offrent un granité, puis direction le barbier pour moi, la garderie pour les filles pour retrouver la grande soeur (Samyrah) à son travail. Une fois rasé, avec le père on s’installe au travail de son fils pour attendre les filles, ils travaillent la pierre (marbre et autres). On rentre à la maison, mangeons, discutons, faisons la sieste, on est posé. Le soir Amin notre Warmshower débordé nous embarque chez lui, on y va pour lui faire plaisir, dans la voiture tout le monde est fatigué. Samyah nous accompagne car le lendemain elle a un examen d’anglais (un vendredi qui est comme un dimanche pour nous), proche de la maison d’Amin ça lui permet de dormir plus longtemps. Mais Amin doit faire un détour par l’hôpital où travaille sa femme car elle a oublié quelque chose, puis il veut à tout prix nous offrir un jus de fruit, et enfin on rentre chez lui. Tout le monde est un peu agacé, car tout le monde est fatigué. Chez lui on trouve 7 oiseaux, ça détend, on dort sur les canapés, Amin tient à dormir avec nous dans le salon, sa femme dans la chambre et Samyah dans un grand placard.

Vendredi, la femme est parti dans sa famille pour le week end, Sanyah est à son examen, et Amin nous a promis de rentrer à midi de son travail. Il fait pousser des champignons de Paris, c’est le patron de sa petite entreprise et il fait des journées de fou levé 5h et il rentre à 20h. Aujourd’hui il rentre crevé à 15h, on ne le comprend pas, il tient a passer du temps avec nous, alors qu’il est épuisé et qu’il n’a pas le temps. On pourrait rester chez ses parents, et lui nous rejoindre quand il a le temps, mais non il tient à ce que l’on vienne chez lui passer au moins une nuit. On était coincé, loin de tout sans nos affaires, ni même a manger, heureusement une supérette nous a permis d’acheter des pâtes. Lorsqu’il est rentré, on veut qu’une chose sortir, il nous demande ce que l’on veut faire, alors qu’il tenait à passer du temps avec nous, on pensait qu’il avait un plan mais non. On lui dit que l’on a 2 /3 trucs à acheter, donc il nous emmène en ville faire des courses ce qui nous surprend car on est vendredi et tout est fermé le vendredi normalement (d’autant plus que Mashhad ville sainte est le 3eme lieu sacré pour les musulmans au monde, donc assez traditionaliste). Et bien tout est bel et bien fermé il avait oublié que l’on était vendredi pourtant on le lui a dit. Il nous emmène dans un parc, et veut nous faire faire du manège bien que l’on n’a pas envie, heureusement c’est trop chère pour lui. On arrive enfin à lui faire comprendre que se balader dans le parc, manger une glace, de faire un mini golf (géant) avec lui, nous amuse bien plus et lui aussi a voir comment il se prend au jeu. Nous terminons rapidement la partie car on doit dépanner son frère en panne d’essence, et rentrons chez ses parents où nous dormirons ce soir pour notre plus grand plaisir. Mais avant cela, de la famille vient rendre visite et nous invite à manger le lendemain si nous restons une nuit de plus, et Amin nous emmène au restau, sa mère est un peu déçue car elle nous avait fait à manger. Le restau, ce n’est pas à Mashhad mais dans un petit village, et les citadins de Mashhad aime aller dans ce village manger surtout le vendredi. Imaginer qu’il y a une bonne partie des 4,5 millions d’habitants sur une même route qui ont faim, ça se double dans tous les sens jusqu’à ce que le trafic sature et que l’on n’avance plus. 1h30 plus tard nous sommes au village perché dans les montagnes, une route bordée de je ne sais combien de restaurants une grande foire au restau, Lyon à coté avec son plus grand nombre de restaurants par habitant en France fait pale figure, ici le village est restaurant. On trouve une place, mangeons un bon Hash quelquechose, Amin un sandwich au ketchup et 30 min plus tard on rentre. Et là le ventre plein, fatigué d’une bonne journée de repos, les citadins sont pressés de retrouver leurs lits ou plutôt leurs futons sur des tapis. Donc un gros bouchon où tout le monde force le passage, double par les bas côté, même les motos n’arrivent plus à se faufiler, juste des piétons arrivent à avancer. On mettra plus de 2h à rentrer donc on se coucher à 1h du mat bien sonnés, Amin s’effondre sur le canapé.

Samedi, notre réveil sonne à 7h aujourd’hui c’est un grand jour nous avons le code il nous reste plus qu’à chercher nos visas TURKMENS. On a quand même cette petite boule au ventre, ce petit stress, que ça ne se passe pas bien, qu’on nous refuse se laisser passer. Normalement c’est tout bon, surtout que 100% des français qui nous devancent ont eu leurs visas mais dernièrement un belge a été recalé ce qui met la pression aux suivants. Le père veut nous emmener, nous on préfère y aller tout seul, vu qu’il n’est pas là les filles nous passent leurs cartes de métro et on est parti. Au consulat nous retrouvons les Néerlandais en van rencontrés à Téhéran à l’ambassade, ainsi que 2 cyclistes recalés une première fois et 2 autres voyageurs en camion. On nous ouvre la petite ouverture dans le mur vers 9h, vérifie nos passeports, ainsi que nos codes qui sont identiques, on remplit un formulaire, nous en profitons pour avancer notre date d’entrée dans le pays, payons, et nous avons plus qu’à attendre midi, tout s’est passé dans la joie et la bonne humeur. On profite de l’attente pour faire quelques emplettes, on a cassé la béquille d’Enselle on va donc acheter un bâton de marche pour la remplacer, car on a offert celui que l’on avait pris en France et acheter une bouteille de gaz, ça tombe bien tous les magasins de montagnes sont dans le quartier. Retour à l’ambassade, un peu en avance, le monsieur de bonne humeur ne nous fait pas patienter, il nous appelle et nous donne les passeports avec les visas, nous fait bien tout relire, c’est parfait on peut même choisir notre passage de frontière d’entrée et de sortie. Aujourd’hui 100% des touristes ont leur droit de traverser le Turkménistan en 5 jours. On rentre retrouver notre petite famille, avant nous changeons quelques euros le taux officieux est passé à 90 000 lira pour 1 euro grâce ou à cause de Trump, quand on est rentré dans le pays il était à 65 000 pour 1. Les bureaux de changes n’ont pas tous la liquidité pour faire le change, et à Téhéran les marchands manifestent dans la rue, ça devient un peu compliqué de ne pas changer dans la rue. Une fois rentré dans notre famille d’accueil, on apprend que le père n’a pas arrêté de demander « quand est ce que l’on rentre », et se fait une joie de nous emmener à la poste pour envoyer le tapis que le maire de Chenaran nous a offert. Sur le retour on fait des détours pour récupérer la grande sœur à son travail. Qu’est ce qu’on en fait de la voiture, on sature. Nous avons décidé de rester une nuit de plus, ils sont aux anges, on mange tous ensemble à 15h, puis sieste pour tout le monde enfin presque les 2 plus jeunes dont Chacha papote moi je dors jusqu’à 18h avec Mr Give me five. Au reveil la grande soeur nous emmène au mall, où l’on trouve le jeu que l’on cherche depuis un moment (corridor), et avons une surprise elle nous offre des donuts et ça lui fait vraiment plaisir de nous les offrir. Puis son père vient nous chercher pour nous emmener chez sa belle sœur pour manger, où l’on voit la fin du match France Argentine. On a le droit à un gros repas de fête, Chacha et moi se prenons une raclée contre un enfant dans un jeu de stratégie, Mr give me five et Amin s’endorment devant le second match, nous rentrons donc avant la fin du match. Amin s’endort dans la voiture, puis s’effondre dans le canapé, j’aide à finir un transfert de meuble dans notre famille d’accueil et DODO.

Dimanche, nous nous levons tranquille, prenons un petit déj en famille, rangeons nos affaires et nous nous disons au revoir. Les larmes apparaissent dans pas mal d’yeux bien que certaines écourtent les adieux en se repliant à la maison. On va juste dans un hostel, pour pouvoir dormir et avoir notre rythme sans être trimballé, on leur fait croire que l’on prend la direction de la frontière pour ne pas les vexer. Les iraniens sont vraiment très accueillant, mais si on était resté on aurait du aller à Bojnurd pour fêter un anniversaire, rencontrer d’autres personnes qui nous auraient invité, ou se seraient pliées en 4 pour que l’on soit bien chez eux, de devoir manger comme 4 pour faire plaisir et je vous assure que c’est encore plus fatiguant que de pédaler, il est très dur de dire non car ils insistent beaucoup. Donc on fuit, on rejoint notre GH, prenons nos lits, un dortoir pour nous tout seul et galérons avec internet pour vous mettre les photos de nos précédents articles. On va manger, Chacha ne veut pas de sandwich ni de Kebab, on se fait donc saigner comme de bon touriste dans un restau, ce qui fait bien râler Chacha. Et l’on joue à corridor avant de se coucher.

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Lundi 2 juillet, petit déjeuner copieux à 8h30, puis balade dans les environs, pour trouver des plaquettes de freins et une gourde car on en a perdu une sur le toit d’un mini bus. Sur le retour on se fait difficilement comprendre pour obtenir un milkshake glace au chocolat avec morceau de banane et autre supplément, reperé dans la rue, dans un bar à jus de fruit. J’obtiens exactement ce que je veux, Chacha qui ne voulait pas galérer à commander a un simple jus d’orange, elle est trop jalouse. On rentre, pour continuer à compresser les photos pour les articles, mais ça rame et on finit par ne plus avoir inertnet, Chacha fait une sieste, je vous écris cet article, puis sortons manger avant de jouer à corridor et de se coucher.

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Mardi, après toujours un gros petit dèj nous allons au tombeau de l’imam Reza (8ème imam). Je rentre dans le Shrine sans aucun soucis, on m’avait dit que mes cheveux risquaient de poser problème. J’attends Chacha en me mettant en évidence du coté des filles, un employé fait ami ami avec moi, un monsieur m’attrape par le bras, me prend par les épaules sans un mot pour prendre une photo avec moi, et me pose les questions habituelles de qui je suis, d’où je viens auxquelles je ne répond pas. J’attends toujours Chacha qui met beaucoup de temps à arriver, je vois des hommes arriver après moi, attendre leurs femmes 1min et partir faire leur visite. Je commence à me poser des questions, regarde vers la sortie si elle ne m’attend pas par là, j’espère qu’elle n’a pas tapé un scandale pour je ne sais quelle raison. Je vais vers l’entrée des femmes, où 2 vigiles me regardent depuis un moment m’interroger. Ils me font comprendre de ne pas m’inquiéter, que Chacha arrive bientôt et c’est vrai 2min plus tard elle est là avec une guide parlant français et anglais. En fait durant tout ce temps, Chacha s’est fait recalé car elle ne porte pas de chaussettes, on la fait attendre sur le coté en lui précisant bien de ne pas bouger, ce qu’elle fit. Elle arrive à expliquer que son « mari » l’attend à l’intérieur, puis notre guide lui fait enfiler un autre tchador plus pratique, et enfin elle peu me rejoindre. Notre guide nous emmène dans un bureau, pour nous offrir de la documentation, discuter avec un mollah que l’on nomme plus mollah mais Cheikh ou Khohani (moins péjoratif), regarder une vidéo sur le shrine, et bien sûr offrir une paire de chaussette à Chacha, car elle ne peut pas se balader dans cette tenue indescante dans le Shrine alors que beaucoup d’hommes sont en manches courtes. Nous visitons enfin les musées avec notre guide qui nous fait entrer gratuitement, puis les bâtiments à leur de la prière (c’est blindé de monde). C’est un lieu magnifique où l’on ne peut pas faire de photo avec un appareil photo mais avec un portable pas de problème. On rentre en passant par l’atelier de Vahid notre hôte, il restaure des tapis et les vend, mais on arrive pas à le joindre, donc retour à la GH pour charger les photos de l’article. Va t’on pouvoir vous envoyer un article? Le soir nous mangeons avec Vahid un bon repas pour cycliste, reprenons le chargement de photos et nous arrivons à publier un article, enfin Dodo.

Mercredi, nous prenons un extrême copieux petit déjeuner, pendant ce temps Vahid nous montre des tapis qui font rêver Chacha. Et c’est reparti sur Enselle, il fait déjà chaud, la sortie de la ville se fait tranquillement, puis nous prenons de petites routes pour rejoindre la 22. Dans une station service nous croisons 2 néerlandais à vélo, c’est des chars d’assaults, ils repartent comme des fusées. On prend la même direction, mais à notre rythme, surtout que le vent souffle. Et ce vent, nous fait souffrir, il est de 3/4 face voir de côté, cumulé avec le trafic on est balloté comme fétu de paille. Quand un camion ou une camionnette nous double, nous sommes d’abord repoussés puis aspirés par le véhicule, et les rafales nous déportent dans le bas coté. Au bout d’une heure on décide de stopper, nous retrouvons les hollandais, on patiente ensemble que la chaleur diminue ainsi que le vent. Et nous repartons bien que le vent ne se soit presque pas calmé, mais le trafic si. Les hollandais sont loin devant, on s’arrête dans un petit villages, où les gens ne nous inspirent pas confiance, donc on reprend la route et juste derrière une bosse on aperçoit une jolie mosquée avec un beau village. A l’intersection une moto nous attend, il insiste pour qu’on le suive et l’on finit par céder. Il nous emmène chez lui à coté de la mosquée, c’est tout mignon, il nous installe sur un tapis, sert le thé, nous déplace à l’ombre, essaye d’échanger avec nous mais c’est très compliqué. Il nous montre où l’on peut dormir ce soir, chez lui il y a 2 maisons, il nous explique que l’on peut dormir dans la deuxième maison. On refuse pensant que de la famille dort dedans, en fait c’est la maison de son frère qui est mort dans un accident de moto, il était au téléphone en moto et la voiture bleue (pour ceux qui connaissent l’Iran et leurs utilitaires) devant lui a freiné assez fort, il n’a pas eu le temps de freiner et il s’est fendu le crane dans l’un des montant de la voiture. Nous restons sur cette incompréhension, lui il s’en va faire des courses, nous restons avec sa femme et ses filles qui nous parlent pas mais font beaucoup d’aller retour à l’extérieur de la maison tout en préparant le repas du soir, on a quand même le droit à des petits sourires. Quand la nuit tombe, on nous installe sur la terrasse pour prendre le thé et manger. Les filles se détendent, nous passons une bonne soirée à discuter, échanger, ce qui fait que l’on se couche tard. La maman ne bataille pas pour nous installer là où l’on a choisi, ce sera donc sur des tapis et futons, sur la terrasse à la belle étoile et personne ne dormira dans la seconde maison.

Jeudi, après une excellente nuit mais bien trop courte car on se lève à 5h pour rouler à la fraiche. On range, mangeons quelques biscuits, buvons de l’eau disons au revoir à madame. Monsieur nous accompagne à la grande route par des raccourcis et nous dit au revoir en éclatant en sanglots, on le réconforte, remercie chaleureusement, puis il rentre sans pouvoir nous regarder partir. Les 20/ 30 premiers kilomètres se font tranquillement à vitesse grand V, on enchaine avec la petite côte de la journée. Enfin on enchaine, c’est un bien grand mot, le départ de la côte est une ligne droite sur un faux plat montant qui nous rappelle que notre petit déjeuner a été plutôt léger. Au pied du gros du dénivelé se trouve un village, où nous apercevons le campement des néerlandais, nous, nous faisons une pause « manger » devant le croissant rouge qui nous ravitaille en eau et nous prête leur toilette. Le ventre plein on attaque la côte à notre allure, c’est pas long, ça monte bien, on prend notre temps et profitons surtout de la vue. Derrière, c’est une belle descente dans les gorges avec le vent qui est de retour plus de face bien qu’il tourne si on croise d’autres vallées, il y a beaucoup moins de trafic ce qui nous enlève des désagréments. Après un beau virage sur la gauche, nous découvrons une horreur, une deuxième petite côte à gravir, pas longue, un pourcentage plutôt élevé pour nos jambes. Mais on grimpe quand même, on sait que derrière se trouve un village. Et après une montée il y a toujours une descente, nous atteignons le village, on achète de l’eau et on nous indique la mosquée pour dormir. Il est 13h, ce qui correspond à l’heure de la prière, on attend donc comme 2 pruneaux en train de sécher au soleil. La prière semble vraiment longue, ils doivent débattre sur qu’ils vont faire de 2 étrangers, et ils ont une super idée. Ils nous ouvrent le portail, et avant que l’on ait eu le temps de dire bonjour Enselle, Bob et tout nos bagages sont dans une salle fermée à clef, et nous en train de dormir dans la mosquée. Vous voyez la blague qu’ils nous ont fait, non, et bien après avoir dormi la faim est apparue et toutes nos affaires sont dans la salle fermée à clef, il n’y a personne pour nous ouvrir, pas de clef pas de chocolat (fondu). On nous ouvre à 18h, et en plus on nous installe dans une autre salle pour la nuit avec toutes nos affaires. Chacha s’empresse de faire à manger, je fais essayer Enselle à des enfants, on nous invite à manger, on montre que notre repas est prêt. Déçu que l’on refuse le repas, Chacha est réquisitionner pour faire de l’halva, ce n’est pas maintenant que l’on va manger. On nous en offre un morceau, que l’on s’empresse de manger mais vient l’heure de la prière, toute les femmes pressent Chacha de les accompagner à la prière, donc on doit attendre la fin de la prière pour manger. On peut enfin manger, on nous donne le thé et on peut se coucher. On passe la pire nuit de notre voyage, il fait trop chaud, nos matelas, coussins, sont trempés de sueur.

Vendredi, nous avons presque pas dormi à cause de la chaleur, de la prière de 3h du mat, nous partons donc avec une heure de retard. Les paysages sont magnifiques, c’est descendant on roule à 27km/h quand nos néerlandais nous doublent. C’est déprimant, mais on ne les envie pas, notre rythme nous convient. On les retrouve pour le gouter de milieu du matin, on repart devant eux et ils nous redoublent comme des fusées. Les derniers kilomètres pour atteindre Sarakhs sont une torture, il fait trop chaud, on est collé à la route. A la ville nous faisons quelques courses, s’installons dans un parc, il n’est que 12h et fait déjà trop chaud, la température dépasse les 45°c. C’est décidé on va à l’hôtel, on se demande comment on va traverser le Tukménistan par ces températures alors qu’il faut que l’on fasse plus de 100km par jour en 5 jours. Rouler de nuit, mais pas pouvoir dormir le jour car il fait trop chaud ne nous enchante pas, et faire 100km un jour on peut mais 5 jours de suite on en doute surtout dans ces conditions. Ce sera donc le train pour nous.A l’hôtel nous retrouvons Loïc, un franco-suisse qui a fait en une nuit ce que l’on a fait en trois jours, et les néerlandais qui l’on fait en 2 jours avec un jour de pause. Les néerlandais sont partis début mars, ils ont fait 11000km, ils font une moyenne de 100km par jour à plus de 16km/h de moyenne. Loïc le franco-suisse, est parti le premier avril et est capable de faire 200km en une étape, son tour du monde c’est plus pour la performance sportive. Pour nous c’est un peu compliqué de comprendre ces démarches, on a choisi le vélo pour pouvoir découvrir les pays, pour sa lenteur, pour ne pas être pressé par le temps qui passe, faire du tourisme. Eux c’est l’inverse, Loic veut faire un tour du monde en un an en ne faisant que pédaler, les néerlandais veulent rejoindre leur fils en Nouvelle Zelande avant l’hiver (alors qu’ils sont à la retraite). On passe la soirée à discuter devant France argentine.

De Téhéran à Mashhad

Lundi 11 juin, après une nuit difficile pour moi, tourista le retour, nous sautons dans le métro direction l’ambassade Turkmène. A l’ambassade nous croisons des motards polonais, qui font des doigts d’honneur cachés à l’ambassade en remplissant les papiers. Et 2 néerlandais voyageant en land rover version van, Kim et Jasper, beaucoup plus tranquilles et respectueux de la paperasse pour mettre toute leurs chances, comme nous, de leur côté afin d’avoir nos visas de transit de 5 jours. On retourne chez nos hôtes préférés, qui ne sont pas encore en France ils y débarquent pour la fête de la musique. Surprise chez eux Enselle n’est pas seul, 2 compagnons français l’ont rejoint, on papote tout l’après midi avec Benoit et Laura. Le soir, eux prennent un bus pour Mashhad, nous avec Vahid et Sahar, allons dans un parc rejoindre tout un groupe pour rompre le jeûne pour ce soir. On fait connaissance, retrouvons des personnes qui ont fait le trek avec nous, Sarah, Nasser, Leily…, et un orage nous tombe dessus, il y a tellement de vent que des branches cassent, même un arbre tombe à quelques mètres de nous. On remballe tout, et finissons la soirée chez Leily, pour boire le thé.

Mardi, après la courte nuit et la belle journée de la veille nous avons du mal à émerger. Nous allons à la poste pour renvoyer des affaires en France, puis retournons chez nos hôtes pour écrire le blog et geeker, profiter de Vahid et Sahar qui essayeront Enselle, peu convaincus.

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Mercredi, on dit une 2ème fois au revoir à nos amis (tout en espérant que ce ne sera pas la dernière fois), et allons chercher notre bus avec Enselle qui nous mènera à Shahrud. De cette ville nous allons suivre l’itinéraire tracé sur mesure par Vahid, et testé par nos prédécesseurs. Nous savons que pour le bus on va nous demander des sous, ça commence par 100000 rial, je vais donc faire de la monnaie pour payer c’est vraiment pas chère. Quand je reviens Chacha a réussi un tour de force, passer de 100000 rials à 1000000 de rials puis à 400000 rials, je sais une envie de négocier lui a pris. En tout cas c’est moins chère que prévu, normalement c’est 1000000 rial à ce que l’on a compris. Nous arrivons à 18h30, un peu tard pour rouler surtout après les pauses photos avec Enselle. On nous indique un parc pour camper, on n’est pas seul et arrivons à temps pour ne pas avoir à camper sur le parking. Petite nuit au son des tam tam.

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Jeudi, les choses sérieuses reprennent tranquillement après les 10km de jonctions de la veille, nous faisons 30km de vélo aujourd’hui pour rejoindre une tombe (?!). Avant de partir Chacha allant se brosser les dents pendant que je finis de ranger nos affaires, découvre le petit oiseau d’un monsieur lui proposant d’aller aux toilettes, elle l’envoie balader. De retour, elle est passablement énervée, surtout surprise de cette expérience dans ce pays où l’on se sent toujours en sécurité. Nous montons sur Enselle, et devons en redescendre aussi vite. En parlant de sécurité 2 policiers contrôlent nos passeports, pour la première fois en Iran. Enfin on décolle, petite pause pour faire des courses, se faire prendre en photo, ça ne nous déplait pas car on a un bon vent dans le nez. Au bout des 30km on s’arrête à Qahno e Xaraqan, on pose la tente près de la tombe de Shaik Abul Hassan. C’est un poète voyageur, qui a demandé que ce lieu soit un refuge à tous les voyageurs quelque soit leur religion, nous y avons donc de l’eau, des toilettes et un emplacement pour la tente le tout gratuit comme dans les parcs. On y rencontre un cycliste iranien, qui tente un record du monde que l’on n’a pas compris, il est à fond nous offre des tas de trucs, même sa chambre pour la nuit que l’on refuse. Et 2 autres iraniens qui galèrent avec leur tente et le vent, on les aide à l’accrocher à côté de la notre car il y a moins de vent. Et on passe la soirée ensemble, on finit par déménager dans un autre coin car il y a trop de vent. Le temps de déplacer nos tentes, 2 policiers sont venus rien que pour nous pour contrôler nos passeports avant que l’on se couche.

Vendredi, après avoir dit au revoir à nos compagnons de soirée, nous montons sur Enselle vers 8h il ne fait pas encore trop chaud. Nous suivons la route principale, petits arrêts photos, courses, contrôle de papiers c’est déjà une habitude. La route grimpe ainsi que la température, mais pas un point d’ombre, le moral commence à descendre autant que la température monte on se demande si on va arriver à faire nos 1000m de dénivelé positif. C’est sans compter sur les Iraniens qui nous offrent eau fraiche, pastèques, nous accompagnent en moto. On quitte la grosse route pour passer le col, au loin en haut on aperçoit un bel arbre c’est notre objectif pour la pause de milieu de journée. On s’installe dessous, pour manger, se reposer, voir ce qu’il nous reste à accomplir, pas beaucoup de kilomètres mais pas mal de dénivelé. On repart, en faisant des pauses très régulièrement durant l’une de ces pauses on nous propose d’embarquer nos bagages pour la dernière rampe. Et aller savoir ce qui s’est passé dans nos cerveaux, peut être une surchauffe, on a refusé !!!! Je ne vous raconte pas le petit morceau qui nous restait à gravir, pas long mais à croire qu’ils ont mis la moitié du dénivelé à la fin juste pour nous cramer. Arrivés au col, on profite du paysage et de la bonne sensation de 50km de descente 2000m dénivelé négatif. Nos cerveaux, toujours à l’ouest (surtout le mien), nous disent aller on descend au lieu de profiter de la fraicheur de l’altitude (et du paysage magnifique). Dans la descente c’est le tour de France à l’Alpe d’Huez, des campeurs, des piques niques, des stands dans les moindre recoins, même plus un coin pipi pour Chacha de libre. On continue donc de descendre et on fait les 50km, arrivés à Azad-Shar on est vidé, on n’a plus de freins non plus. Un bon samaritain nous invite chez lui, pour la première fois Chacha ne peut pas enlever son foulard à l’intérieur, ils nous offrent une bonne douche, à manger puis s’en vont chez le père de madame pour nous laisser dormir tranquille, après avoir vue l’Iran gagner contre le Maroc en Russie.

Samedi, nos réveils sonnent à 7h ainsi que nos hôtes qui frappent à la porte, synchronisation parfaite. Ils nous préparent le petit déjeuner, nous proposent de faire un tour dans la jungle mais on ne veut pas abuser de leur générosité, on refuse ils n’insistent pas c’est qu’ils n’en avaient pas très envie. On part en direction de Gonbad e Kavus, où un warmshower nous attend, on choisit l’itinéraire bis à travers les champs de blé en transformation pour devenir des rizières. Mon GPS qui fonctionne plutôt bien à parfois des bugs, normalement elle annonce que l’on va bientôt tourner, parfois je vois un croisement au loin, je lui demande quelle direction faut prendre et j’ai ma réponse juste avant le croisement, et quand ça bug ça fait ah ben c’est ici qu’il fallait tourner, ou on aurait du changer de route il y a 100m. Souvent ça se passe quand mon GPS est fatigué ou en train de profiter du paysage et veut faire durer le plaisir, aujourd’hui je crois que c’est un peu des 2. On arrive donc à destination après quelques détours en plus du détour déjà prévu. Nos hôtes viennent nous chercher en voiture sponsorisé Peztl, nous dormons chez Shafi. C’est un voyageur qui a fait du cyclotourisme en Europe avec son frère dans les années 90, il a un joli manuscrit de son voyage. Ce serait vraiment intéressant de pouvoir le lire car on lit souvent des voyageurs occidentaux dans les pays orientaux et jamais l’inverse. Bien sûr on lui pose des questions sur son voyage avec son frère, pour lui ça a été un peu compliqué car il ne parle pas anglais, ils ont été plutôt bien accueilli bien qu’à Paris ils se sont fait jeter dehors par leur hôte au bout d’une semaine, de même au Luxembourg. La raison est qu’en Iran quand on est invité chez des gens on ne paye rien et on peut rester un petit moment et ils pensaient que c’était de même en Europe, ce qui est vrai pour quelques jours mais une semaine voir plus je ne pense pas. Il a fait d’autres voyages à vélo en Iran dont il a l’air plus fier. Nous passons l’après midi à discuter, faire la sieste, avec lui, sa petite sœur et son fiancé avant d’aller voir la tour de brique (la plus haute tour de briques au monde) et de faire une omelette de patate. Puis il nous joue de la musique avant que l’on se couche sous la tente dans le salon.

Dimanche, petit dèj, puis on enfourche nos vélos pour aller voir la tour de brique, et Shafi nous accompagne sur une portion de la route, il adore faire des photos et filmer. Il nous laisse poursuivre notre route en direction de Kalaleh, on s’arrête un peu plus loin pour je ne sais quelle raison et on finit avec une pastèque pour le petit dèj. On la partage avec les gens autours de nous qui refusent tous avant d’en manger. On poursuit notre route toujours sous le feu des flash des smartphones, le soleil chauffe toujours autant. On fait une pause à l’ombre d’un arbre, on nous offre de l’eau glacée, et un certain Hamed nous invite chez lui à Kalaleh ça tombe bien. On discute tranquillement avec lui et d’autres personnes quand on entend des pneus crisser et un choc de carrosserie. Une voiture doublait un camion, le camion a fait un écart, ce qui a déporté la voiture qui au lieu d’être au milieu de la route sur la ligne blanche s’est retrouvé sur la voie d’en face où une voiture arrivait en face. Heureusement elles ne se sont pas percuté de face, en se déportant la voiture s’est mis en travers et l’autre lui est rentré sur le coté arrière. Ça a fait du bruit,des tonneaux, mais pas de blessés tout le monde sort des voitures, les gens avec nous nous disent de déguerpir au plus vite, on les écoute. Comme on est parti un peu tard on enchaine les pauses à l’ombre, et les rencontres, certains nous donnent leur téléphone pour aller dormir chez eux. On arrive à Kalaleh, où on se fait inviter dans un café pour un café et de l’eau bien fraiche. Hamed nous rejoint pour nous emmener chez lui, où l’on a le droit à une bonne douche, un bon repas, puis sa femme (Halimeh) qui rentre de ses examens de biochimie nous accompagne dans la sieste avec leurs 2 enfants pendant qu’Hamed retourne travailler. C’est la pleine saison des moissons, et il tient une compagnie de blé et colza, en fait il rassemble toute le production locale pour la revendre partout en Iran. Le soir Chacha fait des pizzas avec Halimeh on attend son mari pour manger et dormir et il rentre très tard 12h largement passé.

Lundi, on ne peut pas décoller trop fatigués par ces petites nuits que l’on enchaine, et ils insistent vraiment pour que l’on reste. La journée ce passe tranquillement, on répare les vélos des petits, jouons avec eux, on est présenté au reste de la famille. Halimeh se plaint beaucoup, elle a pas de sous, des examens difficiles, mal à la gorge, mal à la dent, sinusite, le téléphone de son mari est cassé… elle a vu plusieurs médecins qui n’ont rien trouvé, ils ont une très belle maison, et une voiture, et elle a un portable samsung aussi grand qu’une tablette, une cuisine toute équipée comme on en a rarement vu en Iran. On ne pense pas qu’ils soient les plus à plaindre en Iran. Hamed rentre super tard du travail, il est déçu que l’on soit déjà couché mais il est déjà 1h du mat et on voudrait partir tôt demain matin.

Mardi, malgrés la fatigue on se lève, range nos affaires, prend notre petit déj, dit au revoir, l’ambiance est triste et bizarre. Au bout de 10km le téléphone n’arrête pas de sonner, c’est Hamed qui nous dit que sa femme est très en colère car on n’a pas laissé d’argent. Chacha explique qu’ils nous ont invité,que la veille elle leur a proposé de l’argent pour payer les courses, qu’ils ont refusé et qu’en plus la veille quand nous faisions nos achats perso on a eu toutes les difficultés à payer nos courses et qu’elle a refusé plusieurs fois que l’on lui laisse de l’argent. On poursuit la route, il devrait nous rattraper en voiture quand il ira au travail pour qu’on lui laisse un billet. Il nous rejoint, vue qu’ils sont très croyant Chacha lui fait gentiment remarquer que la cupidité est un vilain défaut (elle est un chouillat énervée), elle sort le portefeuille en montrant les rials qu’il nous reste (ah tiens il faudrait peut être qu’on fasse un peu de change d’ailleurs car il reste pas grand chose) et avec la fatigue, l’énervement de la situation se met à pleurer. On veut lui donner 100000rials qu’il refuse catégoriquement même si on lui met dans la voiture. Il donnera de sa poche de l’argent de poche à sa femme, en fait il nous a arrêté pour s’excuser, nous souhaiter bonne route, et qu’une personne nous attend à Islamabad, Chacha en pleure d’autant plus. On reprend notre route, et nous le retrouvons un peu plus loin à son travail, les camions défilent pour se charger en blé, il nous remplit nos gourdes et nous lui disons une dernière fois au revoir. La route grimpe de plus en plus à travers les montagnes, entre les champs de blés. On cherche un coin pour manger, puis pour faire passer les grosses chaleurs de l’après midi, voir planter la tente. On trouve une glace aux fruits, de l’eau fraiche, et un monsieur en tracteur qui nous propose de nous faire grimper la côte à bord de son tracteur. On n’hésite pas longtemps à lui dire oui, au sommet il nous propose de dormir chez lui. On hésite, mais des policiers en civil viennent nous contrôler nos passeport, Charlène sur la défensive leur demande leurs cartes de policiers car rien n’indique qu’il le sont vraiment, ils ne les ont pas, Chacha leur lance un « no police card, no passport » et ils s’en vont. Ils repartent tout en sachant que le monsieur nous a invité. Pour lui éviter tout ennui on décline son invitation d’autant plus que nous ne sommes plus très loin d’Islamabad où l’on est attendu. Chacha aura comme réflexion, je comprend mieux les français qui en ont marre de se faire contrôler tous les jours pour délit de faciès. On se fait une belle descente à travers les champs de blé tout jaune, pour rejoindre Saïd notre hôte du soir. Il nous laisse sa maison des moissons pour nous tout seul, voisine de celle de son frère, ils vont moissonner presque toute la nuit. La maison c’est 2 pièces auxquelles on accède par l’extérieur, la salle de bain est un genre de piscine avec poissons et moustiques à coté de la maison et les toilettes au fond du jardin sont sans toit, mais on s’y sent vraiment bien surtout après la petite discussion avec les frères et leur fille avant qu’ils partent travailler.

Mercredi, on essaye de partir tôt, ce qui nous vaut un peu de fraicheur, et de belle lumière. Le paysage est désertique, c’est magnifique, ah tient un terrain militaire, ah des missiles plus ou moins prêts à partir en direction du Turkménistan, bon, on va s’abstenir de prendre des photos. La descente laisse place à la montée comme la fraîcheur à la chaleur, on cherche un coin pour manger au bord de la route mais bizarrement dans les déserts il n’y pas d’arbres pour faire de l’ombre. On s’installe sur un parking avec le tarp pour se faire de l’ombre, mais le petit vent qui nous pousse depuis ce matin ne l’entend pas de la même manière, le tarp ne nous servira pas cette fois ci. Quitte à griller au soleil autant pédaler, nous avons toujours nos petits coups de mous, et il y a toujours un Iranien pour nous fournir eau fraiche, fruits, certains partent à l’avant pour nous acheter ne serait ce que de l’eau glacé (le meilleur de tous les cadeaux). Nous arrivons à Ashkhrane, et devinez qui nous stoppe, des policiers en tenue en voiture officielle et avec leurs cartes, contrôle de nos passeports, de nos visas, toutes les pages sont photographiées. Avant de nous laisser repartir on fait la pause, pour qu’ils se photographient en contrôlant nos passeports, ce qui fait bouillir Chacha. Arrivés en ville on rejoint un parc pour camper, un jeune homme nous dit que c’est le repère des drogués (fumeur d d’opium), on en doute il n’a pas l’air de connaitre la ville. On demande aux commerçants voisins si l’on peut planter la tente, ils nous répondent pas de problèmes, et pas besoin de payer. Le soir le parc est blindé de tentes, de tapis, et tout le monde paye pour garer leurs voitures. Un écran est installé pour regarder le match de l’Iran contre l’Espagne, nous on dort.

Jeudi, on dort un bien grand mot, je n’ai pratiquement pas dormi, des gens nous ont offert des cacahuètes salées. Ils ne devaient pas avoir les doigts très propres car j’ai fait une belle indigestion, vomi + diarrhée toute la nuit. Au matin après les 90km de la veille et cette nuit je suis épuisé, je ne peux rien avaler à part de l’eau sucrée et du thé et je rêve de banane aller savoir pourquoi (on n’en trouve pas). Chacha range tout, plie la tente et moi je me morfond dans ma bouteille d’eau sucré, je l’aide juste à tout poser sur Enselle. Direction la gare la routière, qui est vide juste 2 responsables qui nous indiquent où sont les minibus et l’hôpital. On prend la direction des minibus pour Bojnurd, en fait si la route était plate ou descendante je l’aurais bien tenté dans mon état mais on a 50 km de montée sous la chaleur (plus de 800m de dénivelé positif) je ne le sens pas du tout. On croise un minibus devant un garage on s’arrête pour demander où se trouve exactement la station des minibus, de la ils nous expliquent que l’hôpital n’est pas loin mais on veut juste un bus pour Bojnurd et un hôtel pour se reposer à l’abri des iraniens (ils sont adorables mais parfois épuisants). Un monsieur en scooter comprend notre demande, et nous dit de le suivre jusqu’à la station. La tout s’enchaine Enselle grimpe sur le toit du minibus, nos sacoches et bob sont rangés dans le coffre, le prix négocié pour nous, nous partons pour Bojnurd dans un bus complet on attendait plus que nous. On arrive à la ville, une demoiselle nous rejoint au fond du bus pour nous demander si on va bien à l’hopital. On lui répond que non, que j’ai juste une tourista, elle comprend qu’on doit aller au restaurant, on veut juste un hôtel pour se reposer, ils semblent comprendre. Tout le monde descend du bus, sauf nous, interdiction formelle de mettre un pied à terre. Le chauffeur va chercher sa direction pour nous déposer on ne sait où, il nous demande si on a une tente on dit que oui mais qu’on va à l’hotel (avoir des toilettes à proximité nous parait important aujourd’hui). Il prend le boulevard périphérique en scrutant les bâtiments, arrivés au bout il nous montre un parc, on lui dit ok tant qu’on récupère Enselle on peut rejoindre un hôtel (voilà ce qui se passe dans nos tête : s’il te plait arrête toi, tu nous as conduit dans la ville que l’on voulait rejoindre, arrête d’essayer de nous aider, c’est gentil mais c’est trop, libère nous, on en peut plus). Il longe le parc, on pense qu’il va au rond point pour faire demi tour et nous déposer sans que l’on ait à traverser le boulevard mais non. Il s’arrête au rond point pour prendre des renseignements, on ne peut toujours pas descendre. Il revient et nous montre un hôtel du doigt de l’autre coté du rond point, on lui répond ok, tout ce qu’on veut c’est descendre du bus, et bien non il repart pour faire 100m. On peut enfin descendre du bus, récupérer nos affaires, et on va voir ce fameux hôtel. Je suis tellement crevé que j’accepterai n’importe quel prix, je me retrouve dehors à attendre Chacha qui se renseigne, négocie, puis fait la paperasse, ça me parait une éternité. On monte enfin dans la chambre, où je dors tout le reste de la journée sans manger. Le soir Chacha m’oblige à sortir pour acheter à manger, je grignote, elle dévore. Puis gros dodo tous les deux.

Vendredi, réveil difficile, je vais mieux mais c’est pas la forme, juste monter 2 étages et j’ai des vertiges. On pense qu’il est plus raisonnable de rester à l’hôtel, on passe la journée à geeker, je mange, je vous écris l’article précédent. On vous poste l’article qui précède le précédent, et comme d’habitude en Iran on galère avec internet et tous ses filtres et mauvaises connexions.

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Samedi, je me réveille en pleine forme prêt à pédaler, et patatras c’est au tour de Chacha qui est vidée (dans tous les sens du terme, désolé pour les détails) mais elle ne peut rien avaler et a des vertiges. Une journée de plus au lit, qu’est ce qu’elle a la bouffe dans cette région? Je vous écris donc cette article et pour internet c’est encore plus galère.

Dimanche, je pète encore plus la forme, je n’ai qu’une envie c’est de pédaler. Chacha, c’est pas encore ça mais elle peut manger. On reprend donc la route sur Enselle, qui lui aussi trop motivé se casse un rayon, on s’arrête pour le changer, je n’ai même plus besoin d’enlever le pneu pour remplacer les rayons en 10min on démonte la roue et la remonte pratiquement comme neuve. On roule tranquille, profite du paysage mais les touristas nous ont usé physiquement, Chacha a du mal à pédaler. On atteint Shirvan, et son parc, on n’a pas le temps d’acheter des boissons fraiches que des pompiers nous disent de nous installer par là et d’autres gens de se poser par là. On reste au milieu le temps de boire nos boissons, puis on rejoint les pompiers. Ils nous disent posez Enselle ici, installez vous ici, on est crevé on marche au pas, ou plutôt on se laisse tomber sur la pelouse là où ils nous l’ont indiqué. En fait les pompiers avaient un plan, qui est de nous faire attendre à proximité une personne qu’ils ont appelé. Cette personne parle anglais, est prof de sport et ancien volleyeur, il s’occupe aussi des touristes. Il veut donc qu’on aille chez lui, on hésite, car aller chez les gens veut dire échanger avec eux, suivre leur rythme de vie, et ce n’est pas de tout repos. Mais le feeling passe bien avec lui et sa fille, on suit donc Mohbina et son père chez eux. Ils sont super compréhensif, nous laissent vraiment le choix de si l’on veut visiter la ville ou rester relax chez eux, de manger ou non, et de faire la sieste. On reste donc chez eux, mangeons à notre faim, faisons la sieste, regardons le volley avec des amis à eux, remangeons et nous nous couchons tôt (merci pour cette compréhension). On a passé un super moment avec eux, étant une famille plutôt sportive ils comprennent que ce n’est pas toujours facile d’enchainer une journée de vélo et de beaucoup échanger avec les gens, ils ont été au top.

Lundi 25 juin, nous prenons un bon petit déjeuner avec cette sympathique famille, et reprenons la route un peu plus tard que prévu mais heureux de cette rencontre. On profite donc bien de la chaleur, avec de belles lignes droites, on rêvasse chacun sur notre selle. Ce qui me fait penser, on dit que voyager à vélo permet aussi de faire un point sur notre vie, d’envisager le futur différemment, de prendre conscience de certaines choses. C’est surtout ce dernier points qui fait travailler le cerveau Chacha, des petites réflexions philosophiques sur la nature des choses comme par exemple quand on croisait les cerisiers fleuris « qu’elle est la probabilité qu’une fleur donne une cerise, surtout quand on voit le nombre de fleurs sur un arbre? », ou « qu’est ce qui pousse les animaux à se reproduire instinctivement? » »d’où vient l’instinct? », et bien d’autres questions qui risquent de vous donner mal à la tête. Donc son cerveau devait turbiner à l’arrière et moi devant je rêvassait tellement que j’aperçois qu’au dernier moment un hérisson écrasé sur notre trajectoire. La roue avant roule dessus malgré la tentative d’évitement, et ce qui devait arriver arriva quelques kilomètres plus loin la roue est à plat avec un pic de hérisson dans le pneu. Première crevaison d’Enselle, le temps de lui coller une rustine et on repart dans nos rêveries. Arrivés à Gouchan, on trouve un jolie parc avec ses emplacements pour les tentes, on se pose et ne bougeons plus. Des gens viennent nous poser quelques questions habituelles, nous offrent de la nourriture, un porte clefs à l’effigie de leur ayatollah, et prennent des photos, nous on mange et on dort. Nous serons réveillés par les cris des supporters de foot, l’Iran joue contre le Portugal.  Ah oui j’oubliais un détail, aujourd’hui nous avons fait une pause téléphone, pour appeler l’ambassade du Turkménistan et bonne nouvelle nos visas nous attendent au consulat de Mashhad.

Mardi, on reprend la route toujours pas assez tôt pour moi surtout que l’on a 80km à faire pour rejoindre Chenaran et faire des courses. Pour commencer on fait un détour de 3km, puis on recasse un rayon, finalement on est dans les même horaires que d’habitude. Sauf qu’aujourd’hui, le faux plat est descendant, et le vent dans le dos. La route est la même que ces derniers jours, 2*2 voies au milieu des champs de blé et autres avec des montagnes de part et d’autres, tout est dans les couleurs jaunes avec un beau ciel bleu, et des tornades que l’on arrive pas bien à photographier. On atteint notre objectif de la journée, comme d’habitude vers 13/14h, on pose pied à terre entre un joli parc et des commerçants. Nous ne sommes pas encore descendus de vélo qu’un monsieur nous saute dessus, débitent des mots perses à une vitesse folle. Il nous fatigue encore plus que la journée de vélo en moins de 2min, on lui dit en perse que l’on comprend rien de ce qu’il dit, il recommence, et recommence de plus en plus fort, on veut lui crier dessus TA GUEULE (oui on sait c’est mal), on lui répète que l’on comprend pas en français, en anglais, en perse mais il continue. Ca dure 5min le temps que d’autres gens lui expliquent que l’on comprend rien à ce qu’il dit et il repart en voiture. Nos sauveurs, nous posent les questions habituelles auxquelles on sait répondre, on décline les invitations car on veut dormir tranquille dans le parc. Chacha part faire les courses, moi je reste avec les gens, on échange paisiblement, puis l’un d’eux me demande si j’ai prévenu la police que l’on allait dormir dans le parc (?!?). 30s plus tard la police s’arrête à côté, cette fois ci pas pour nous demander les passeports. Il me demande si je parle anglais, je leur fait comprendre que je n’ai pas une grande maitrise en la matière mais que ma femme qui fait les courses parle beaucoup mieux que moi l’anglais. Tout ceci est confirmé par mes acolytes iraniens qui en plus leurs expliquent notre voyage et que l’on veut dormir dans le parc, ils sont admiratifs et nous félicitent. De la une autre voiture s’arrête, ça à l’air d’une personne plutôt importante vue comment les policiers lui parlent et c’est reparti pour lui expliquer notre démarche. Il faut encore décliner des invitations, d’autant plus qu’un autre officiel débarque. Chacha revient enfin avec les courses et me voit au milieu de cette attroupement. Il faut préciser que l’on a qu’une envie, c’est de s’installer dans le parc (qui en plus est très beau et au calme en retrait de la route), manger et profiter des arbres qui rafraichissent l’air, de l’ombre quoi. Et tous ces gens veulent que l’on aille chez eux, puis dans les bâtiments de la municipalité, ils insistent lourdement, en prétextant que c’est dangereux de dormir dans le parc. On finit par les suivre pour voir ce que c’est la municipalité et si l’on peut y dormir confortablement. Ils nous proposent un bout de pelouse qui est à l’ombre car le soleil est à midi mais après c’est fini, on est entouré de clôture et d’un tout petit carré de pelouse au bord de la route ça fait pas rêver. Un autre personnage débarque, nous offre son casse croute que l’on accepte machinalement on en peut plus (du coup il avait plus rien à manger, désolé). Dans leur conversation, on comprend que le parc n’est pas plus dangereux que tous les autres parcs, ils ont juste peur que l’on ait des désagréments, aprés une lutte acharnée pour refuser leurs invitations, cela à dut prendre presque deux heures, et une Chacha tendax (I don’t WANT => Why you don’t want => because I DON’T WANT => but why it is very safe here , it is the government, ouai ben raison de plus …pfiou), une éternité pour nous, on peut aller s’installer dans le parc. Le temps de dévorer le riz avec un ragout d’herbe (c’est trop bon), que le monsieur que nous a offert, on le voit débarquer avec un autre personnage, retour du mode on est sur la défensive (c’est plus fort que nous à ce moment là). C’est le maire de la ville, il nous offre un glace à la rose et éclats de pistaches, discute un moment avec nous de notre voyage, de leur région, de tourisme, autour d’un thé que l’on à préparé. Puis ils nous laissent nous installer (après avoir refusé le restaurant, le spectacle, le concert, le hammam, le musée …), en demandant à tous les employés municipaux de faire attention à nous. C’est à dire qu’à chaque fois que des gens (et en particuliers enfants) restent un peu trop longtemps autours d’Enselle, sentent que les personnes sont trop collantes, un employé arrive pour les faire partir gentillement. Comme d’habitude dans les parcs on échange avec nos voisins, on se fait prendre en photo, se laissant offrir des glaces, et en plus cette fois ci le maire nous offre un tapis et une ceinture lombaire fabriquée dans la région avec de la matière première régionale: le poil de mouton (nos tentatives de refus sont veines et on va devoir se trimbaler le tapis). Et on peut se coucher tôt avec la bienveillance des employés municipaux.

Mercredi, on quitte notre joli parc, après un petit déj offert par les employés. Aujourd’hui on quitte la route principale, pour une petite route parallèle. On roule à la fraicheur matinale et sous l’ombre des arbres. On arrive à Mashhad, dès l’entrée on nous offre bonbons, eau fraiche et glacée, jus de fruit, de quoi reprendre des forces pour affronter le traffic de Mashhad. C’est une horreur, le code de la route est juste un conseil, des voitures nous serrent par la gauche pour discuter, pour des photos, pour tourner, pendant que des motos nous doublent par la droite. Dans les carrefours les voitures sont dans tous les sens, certains sont sur la voie plus à droite pour tourner à gauche pendant que les voitures de droite vont tout droit et que les motos grillent les feux rouges. On est au milieu de tout ça, je sens Chacha tendu à l’arrière (elle qui d’habitude fait ça princesse de la communication avec les voitures, cette fois elle leur fait comprendre en français dans le texte que ça la gonfle, je crois qu’il est temps de changer de pays) et je n’en mène pas large, je joue du sifflet pour que les motorisés sachent que l’on est là, je ne révasse plus comme l’autre jour bien concentré sur la route et la circulation, c’est épuisant, on frôle les voitures tout autant qu’elles nous frôlent, heureusement que le trafic est saturé ce qui fait que les voitures ne roulent pas vite. Comme nous sommes arrivés un peu tôt, nous nous installons dans un parc pour manger et faire la sieste dans l’herbe. Mais on se fait virer au bout de 2h car c’est interdit, on rejoint donc nos Warmshowers. Toute la famille nous accueille les bras ouverts, on sent que l’on va passer de bons moments avec eux, on a le droit à une petite sieste après le thé(c’est l’heure pour tout le monde), dinons ensemble et ils nous envoient au lit pour que l’on se repose bien.

Téhéran

Mardi 22 mai, direction l’ambassade d’Ouzbékistan, 1h30 de transport en commun et de marche à pied. Avant d’aller à l’ambassade nous faisons un détour pour que Chacha fasse des photos d’identité, la photographe dit qu’il lui faut 1h pour les faire, on lui demande si ce n’est pas possible de les faire plus rapidement car l’ambassade ferme dans un peu plus d’une heure, ça n’a pas l’air possible. On fait les photos, puis elle nous dit de nous assoir, on s’installe confortablement, je joue au go pour patienter, Chacha prend son mal en patience, pour que 10min plus tard on sorte avec les photos. Heureusement car nous nous sommes trompés, les visas ne se font pas à l’ambassade mais au consulat qui n’est pas au même endroit (logique), il n’est pas très loin mais il faut savoir d’abord qu’elle direction prendre, et où il se situe exactement car on ne comprend pas l’adresse qui est affichée sur l’ambassade (on est peut être pas bien réveillés). On demande, mais les rares passants ne savent pas, on consulte google map qui lui sait, et hop au trot de Chacha nous parcourons les quelques centaines de mètres, il nous reste 15min avant que ça ferme. On aurait pu y aller pour l’ouverture, mais les photographes ne sont pas encore réveillés à cette heure là. La consule Ouzbèke sort son nez par la porte quand nous arrivons, nous salue, prend tous nos papiers, ressort son nez 5min plus tard pour nous dire que c’est « perfect » et de revenir dimanche matin avec 110 dollars, oui car en Iran le week end c’est jeudi et vendredi. Du coup pleins d’énergie, nous retournons au métro à pied et non en bus en passant par l’ambassade du Turkménistan pour être sûrs que c’est le bon endroit pour faire les visas et voir les papiers qu’il faut préparer. Nous faisons une petite pause sur le chemin dans un mignon petit parc, trouvons l’ambassade à la bonne place pour faire les visas, consultons l’affichette indiquant les horaires et les papiers qu’il faut ramener, enfin c’est Chacha qui le fait moi je reste à l’écart car je suis barbu et les poils au visage sont motifs de refus pour les visas donc je reste discret, on sait jamais. Puis nous rejoignons le métro avec une faim de loup, on trouve des sandwichs (alléluiah ou mashallah plutôt), mais on n’ose pas les manger c’est ramadan et on ne voit personne autour de nous manger (en même temps il 14h). On finit par les manger à l’appart avant de préparer une ratatouille pour nos hôtes qui ont adoré ce plat (en même temps ce sont de nouveaux végétariens non extrémistes).

Mercredi, on traine un peu, on se sent vraiment bien chez Vahid et Sahar (ils nous ont vraiment bien accueillis) et tout semble naturel entre nous. A 12h nous prenons la direction du musée et du parc Qars, ce qui nous fait une petite balade à pied. Nous arrivons dans un jolie parc, avec une ancienne battisse qui a servi de palais, puis de prison politique, et maintenant de musée. Malheureusement c’est fermé pour cause de ramadan, ils font des nocturnes de 16h à minuit. Nous rentrons donc à pied, en buvant un jus d’orange frais et grignotant un pain sucré super bon, les iraniens font d’excellents pains, pour Chacha meilleur qu’en france, je n’irai pas jusque là c’est sûr qu’il est meilleur que le pain industriel que l’on trouve de plus en plus dans nos boulangeries, mais notre pain traditionnel croustillant avec sa mie moelleuse, il n’y a rien de meilleur (chauvain, moi je préfère le barbari topping sésame seeds fraîchement sorti du four toute la journée). Je me satisfais quand même bien du pain iranien, Sahar est surprise de tout le pain que je peux avaler le matin et à 4h si bien qu’il n’y en a plus le soir (c’est quand même moi qui vais le chercher tous les matins au réveil). A 17h nous rejoignons nos hôtes pour faire les courses pour les 2 jours qui suivent, puis discussions et préparations de nos affaires pour notre week end à la montagne (on rappelle week end = jeudi vendredi).

Jeudi, nous finissons de préparer nos sacs à dos, la nourriture et rejoignons le points de rendez vous avec 10 autres Iraniens et le minibus. En fait c’est un groupe, qui forme comme une association, pour faire de la montagne tous les week ends. Une fois que tout le monde est là, on embarque dans le bus, on fait un petit tour de présentation pour les nouveaux dont nous et commençons à manger, tout le monde partage avec tout le monde. Les estomacs pleins certains s’endorment d’autres papotent encore, plus on se rapproche de notre destination plus on peut admirer la plus haute montagne d’Iran, le mont Damavand (5610m) et surtout le plus grand cône du monde car c’est un volcan. Nous, nous gravirons la montagne en face à un peu plus de 3800m, mais avant cela nous devons installer notre campement à 1h de marche du parking. Première étape de notre expédition (car pour eux ça en est bien une):la préparation, Chacha et moi on ferme nos sacs à dos et les mettons sur le dos après avoir enfilé nos petites chaussures de marche, pour d’autres c’est plus compliqué. Pour eux cette expédition est synonyme de liberté, les foulards tombent remplacés par des buffs, les t-shirt raccourcissent et sont plus moulant, on se maquille, les garçons aussi mettent un certains temps à se préparer bien qu’il n’ont pas grand choses à changer. Tous sont super bien équipés en vêtements, chaussures, sac à dos, ce qui fait stresser Chacha (chaussures pour crampons, guêtres …) car elle a peur de ne pas pouvoir suivre le rythme. Tout le monde est prêt, deuxième étape: le départ en file indienne, devant Sarah imprime le rythme interdiction de la dépasser, j’apprends cela de Chacha après l’avoir dépassée et déposée pour faire une photo de la chenille (ça râle un peu du comportement dangereux de Damien). Donc on reste dans le rang et on marche lentement même pour Chacha c’est lent ce qui la rassure, je reste derrière pour faire des photos me laisser distancer et avancer à mon rythme, comme je fais avec Chacha. Arrivés, troisième étape: installation du campement,  nous avons une super vue sur le Damavand (le cône), nous sommes les premiers à avoir fini de s’installer (faut dire qu’ils en ont du barda), on joue au frisbee, mettons la musique à fond, ça danse (nous apprendrons plus tard qu’il est interdit de danser en Iran) et ça mange, beaucoup (on comprend mieux le barda, il y a de quoi nourrir un stade). Avec la nuit qui tombe, le vent qui souffle un peu, le froid qui s’installe, soit on mange dans les tentes soit on danse dehors. Vers 21h on se glisse dans les duvets sauf pour ceux qui dansent qui iront se coucher à 22h tappante.

Vendredi, les réveils sonnent à 5h du mat, on prend nos petits déjeuner dans les tentes, puis on sort pour un réveil musculaire, que j’esquive pour prendre des photos. On repart toujours à la queuleuleu, mais avec un éclaireur fonctionnant au GPS, j’ai nommé Nasser, mari de Sarah. Il ne regarde que son GPS et le suit au cm près, je me demande comment il fait pour ne pas trébucher tellement il a les yeux rivés dessus. Il est vrai qu’il y a parfois DES chemins, parfois non, et surtout aucun balisage et aller savoir comment a été traçé l’itinéraire sur son GPS. Tout le monde le suit à la trace, parfois avec Chacha on sort du groupe pour prendre un rythme qui nous convient mieux et surtout pour ne pas galérer dans sa trace, il suffit de se décaler de 5m pour avoir une piste plus facile ou faire des zig zag pour moins chauffer les cuisses. Petit à petit je passe devant discrètement, et donne mon avis sur l’itinéraire et le groupe me suit pas mécontent de ma trace. Nous arrivons au bout de la difficulté du jour, ensuite nous suivons « l’arrête », au sommet de cette difficulté nous pouvons voir l’autre versant et surtout une chaine de montagne aux sommets enneigés. Nous voyons une petite portion de la chaine qui fait 40km de long à plus de 4000m, c’est magnifique. On continue notre randonnée en fil indienne parfois un peu dispersée, certains marchent à l’avant, d’autres trainent à l’arrière, parfois je sort du rang pour faire des photos (même Chacha sort du rang pour aller discuter à l’avant avec notre éclaireur au GPS car elle perd patience, le rythme est pour une fois trop lent pour elle), on discute, échange, et surtout très régulièrement nous faisons des pauses pour manger, on se demande combien de kilo de nourriture ils transportent. Vous partez 15 jours en trek je ne sais où avec eux, vous ne perdez pas un kilo, peut être même vous en gagnerez. Nous arrivons sur la partie sommital, il y a de plus en plus de neige, et ce n’est pas très agréable avec nos petites chaussures, on demande si on peut les attendre juste en dessous du sommet, pas de soucis. Certains s’arrêtent avec nous, on construit un gros cairn, les autres croient rejoindre le sommet (le tracé du GPS passe à coté sur l’arrête), le sommet c’est le dôme derrière. Tant pis le sommet atteint ou non, c’est une magnifique randonnée, avec des gens incroyables, qui ont tout fait pour que l’on se sente bien avec eux et que l’on ne manque de rien. La descente se fait plus rapidement, il y a toujours les pauses où l’on mange mais moins fréquemment, Vers 14h 15H tout le monde est au campement pour manger bien sûr, on plie les tentes, range, petite partie de frisbee pour les plus rapide et on rentre au minibus. Pendant le retour nous avons le droit à un freinage d’urgence sur des vibreurs et les graviers avec porte du chauffeur qui s’ouvre pour un arrêt pipi/pastèque, puis un deuxième arrêt beaucoup plus calme pour des glaces. Rentrés à l’appartement nous ne veillons pas, une douche et au lit.

Samedi, après un bon petit dèj nous emmenons Enselle au bikeshop, je me fais à la conduite iranienne qui est la pire que l’on ait vu pour l’instant. En attendant qu’ils réparent notre petit souci de pédalier, je me fais dorloter par un jeune barbier aux gros muscles. Puis achat d’un sifflet avant de se pauser dans un parc pour grignoter, où des écoliers tous excités nous font la conversation. On récupère Enselle, et rentrons avec le sifflet à la bouche comme avertisseur sonore qui fonctionne très bien. On profite de l’après midi pour refaire des photos d’identité pour les visas turkmènes (sans voile ni barbe), pour acheter un manteau au style iranien pour Chacha (ça commence à lui en faire des vêtements caches fesses). Le soir nous sommes invités chez Amin et Alleha pour le repas de rupture de jeûn, ce sont les premiers musulmans que nous croisons en Iran. On passe une super soirée, à découvrir de nouveaux plats, à jouer au jeu corridor et au mime.

Dimanche, réveil difficile tellement difficile que pour aller chercher nos visas Ouzbèques on devra prendre un taxi après le métro pour arriver avant la fermeture. Entre 2 agences nous récupérons nos visas, on prend le bus pour rejoindre le métro et traverser Téhéran. Nous visitons le Jewelry museum, après avoir mangé un sandwich « cachés » dans un cul de sac avec d’autres morts de faims iraniens. Le musée se trouve dans une banque, nous passerons 3 portiques de sécurité avant de rentrer dans un coffre fort. L’ensemble de la collection à une valeur inestimable, les bijoux, les sabres, le trône, un immense globe et tous les autres objets sont couverts de pierres précieuses, de perle, et parfois ce sont juste des montagnes de pierres précieuses en vrac. C’est un truc de ouf, en sortant nous achetons un petit livret pour avoir des images car on n’a pas le droit de prendre de photos, bien que certains objets devraient restés incrustés dans nos mémoires, comme les représentations de femme nues en Iran (d’où l’interdiction de photos ?!). En rentrant nous faisons le tour de l’ancienne ambassade des états unis, achetons de la glace au melon et au safran (le safran se trouve partout en Iran), et profitons de nos hôtes.

Lundi, en route toujours tardivement pour le Golestan Palace, l’entrée est chère, mais on peut choisir à la carte nos visites du palais, nous ne visiterons donc que le parc et le bâtiment principal. Ça vaut vraiment le coup, des pièces entières en mosaïque de miroirs, un parc agréable avec de jolies façades de bâtiment. Nous enchainons avec le bazar, qui est une ville dans la ville, des quartiers pour les tissus, d’autres pour les tapis, d’autres pour l’électroménager, pour la couture, … Dans tous ça nous croiserons Chloé, sa famille et un ami, l’une des cyclotouristes que l’on a rencontré en Albanie (improbable dans se dédale de ruelles), on papote en bon français au milieu du bazar. Puis nous rentrons faire quelques courses pour faire à manger à nos hôtes.

Mardi, c’est au tour de bob de passer chez le médecin, direction le garagiste spécialiste du pot d’échappement. Ce n’est pas que bob a des problèmes d’aérophagie, mais nos hôtes font toujours le maximum pour que l’on soit le mieux servi. Et encore une fois le garagiste stoppe ses affaires pour s’occuper de nous, comprend notre problème, fait son diagnostic et passe à l’action. Ce n’est pas grand chose, la béquille est fixé sous le fond de Bob qui est en forme de grillage, et avec le poids de nos affaires elle a cédé. Notre garagiste ressoude le tout, nous refixe la béquille avec de nouvelles vis, et on repart sans pouvoir laisser un billet. Nous redéposons Enselle et Bob à l’appart, sur le retour une voiture qui nous a pas vue a failli nous renverser, mais avec un petit écart et un bon coup de sifflet tout se passe sans accroc juste une bonne frayeur (il est vrai que parfois on a l’impression que les iraniens conduisent sans les rétroviseurs et avec une minerve d’où l’importance des avertisseurs sonores) . On repart à pied (pas moins dangereux quand vélo dès qu’il s’agit de traverser une rue) et métro pour rejoindre le parc et le fameux pont piéton Tabiat et manger. Les parcs sont super bien aménagés pour se balader, faire du sport, pic niquer, ils sont très agréables, et le pont vaut le coup d’œil et offre une jolie vue sur la ville. Retour à l’appartement, et il n’y a toujours personne, Chacha en profite pour préparer une salade de fruit pour le repas. Vahid rentre avec une belle surprise, il nous montre une photo dans son portable, se sont les visas que Sahar est allée récupérer. Elle rentre à son tour avec les passeports pensant pouvoir nous faire une surprise, mais Vahid était trop excité pour tenir sa langue, dommage que l’alcool soit interdit, ce sera fruits pour fêter ça (il est très difficile d’obtenir un visa pour l’Europe pour les iraniens, nos amis ont obtenus un visa Schengen pour la France). Pour notre dernière soirée avec eux, nous nous rendons au Qars muséum celui qui était fermé pour cause de ramadan. Nous trouvons un parc très animé, c’est la fête, un concert de musique entrainante (pop iranienne) pas entière (coupée par un maestro). Par contre nous sommes surpris que tout le monde soit assis sur des chaises, Sahar nous explique qu’il est interdit de danser, on écoute un peu. Puis on retourne à la recherche de la billetterie que l’on cherche depuis un petit moment, nous avons déjà fait une partie du parc, faisons le tour du premier bâtiment pour retomber sur le concert, en fait la billetterie et l’entrée du musée sont derrière la scène. Resurprise nous tombons sur un entrainement d’un sport classé à l’UNESCO, c’est le premier sport qui se pratique avec de la musique; Zoorhane. Un genre de chef d’orchestre joue du « tamtam », de la cloche et chante, pendant que les sportifs dans une fosse en hexagone et en marbre font différents exercices avec différents instruments comme des boucliers de 60kg, ou des massues de 20kg, c’est impressionnant. On reprend notre visite du musée, l’heure tourne on n’a pas le temps de faire la deuxième partie que l’on remet à plus tard. En rentrant pour fêter leurs visas, on veut leur payer une glace et on ne le pourra pas, tradition Iranienne, c’est eux qui nous payent une glace au safran dans du jus de carotte (à défaut d’une bière).

Enorme MERCI Sahar et Vahid !

De Lankaran à Téhéran

Samedi 12 mai, nous allons prendre notre petit déjeuner et il a du mal à passer. On nous annonce que nous sommes hors la loi, on ne se serait pas fait enregistrer dans les 10 premiers jours en Azerbaïjan. Pourtant le responsable de la Guest House à Gandja l’a fait devant nous. On nous appelle un taxi pour rejoindre les bureaux de l’immigration, arrivés on nous envoie dans un bureau, le fonctionnaire prend tous nos papiers et nous dit d’attendre à l’accueil. Il n’est pas hostile mais on semble l’embêter. Notre chauffeur de taxi attend avec nous 5min, impatient va déranger notre malheureux fonctionnaire, il revient en nous disant que pour régler notre problème ils en ont pour au moins une heure. Notre chauffeur nous donne son numéro de téléphone et s’en va à ses occupations, nous on s’installe et on patiente. Un quart d’heure plus tard le fonctionnaire nous appelle, il a un grand sourire et nous demande pourquoi on est là, tous nos papiers, enregistrements sont bon, on peut quitter le pays sans problème. En plus il nous donne ses numéros de téléphone du bureau et perso, un papier qui dit que tout est bon et téléphone au taxi pour qu’il vienne nous chercher, le tout super soulagé de ne pas à avoir à faire un micmac de régulations de paperasses pour touristes. Retour en ville, pour faire un tour au bazar, trouver une tunique et un foulard pour Chacha et repos à l’hôtel. Nous y croisons Roberto et Marita 2 cyclotouristes italo-australiens qui filent à Baku et que l’on recroisera peut être sur la route du Pamir.

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Dimanche, direction l’Iran, nous prenons la route qui longe la côte et la voie ferrée et on aura le droit au klaxon d’un train avec coucou du conducteur, le seul train que l’on verra de la journée. Nous arrivons à la frontière, on se trompe de parcours un cycliste nous remet sur le droit chemin, puis une barrière nous stoppe. On attend un douanier, c’est un militaire qui contrôle nos passeports, et nous dit de remonter sur Enselle juste pour nous voir démarrer, puis on passe par un portique pour camion, contrôles rigoureux de nos passeports et papiers, questionnaire sur ce que peuvent transporter nos sacoches et l’on peut remonter sur Enselle pour rejoindre l’Iran. On passe un pont et les femmes dans le sens inverse enlèvent leurs foulards au milieu, Chacha, elle s’équipe, Hejab en place nous pouvons traverser. Cette fois ci on nous fait passer par la douane piétonne, il y a une belle queue, dans de petits couloirs avec plein de barrières, pas bon pour le gabarit d’Enselle. Un militaire nous aperçoit, nous demande nos passeports, et nous dit d’attendre. Alors on attend, sans trop comprendre, un portail s’ouvre entre les barrières, on attend toujours, jusqu’à ce qu’un guichetier nous interpelle et nous fasse doubler tout le monde (soit une bonne vingtaine de personnes), 2 angles droits restent à passer mais Enselle et toutes ses charges passent. Soulagés, nous devons en fait enlever tous nos bagages (ce qui aurait faciliter les passages d’angles droits) pour les passer au scanner. Nous sortons enfin de ces procédures pour tomber sur un attroupement qui veut nous prendre en photo, touche mes cheveux et tout le monde nous pose des questions, sur le vélo, pour faire le change, pour prendre un taxi, on a juste envie de partir en courant (/pédalant). Sur le conseil d’un douanier nous allons changer nos euros dans un bureau de change un peu plus loin (le change sauvage est strictement interdit) et le taux est vraiment avantageux (à ce moment là on n’est pas encore au courant qu’il existe un taux officiel et un taux officieux). Puis refuge dans un parc, où une personne accepte très facilement d’appeler notre warmshower (Soheil). Chez lui, sa maman adorée nous a préparé un repas délicieux, puis Soheil et sa sœur nous emmène se balader en bord de mer puis au bord d’un lac avec des arbres qui se promènent dessus, et faire des courses pour que Chacha et son commis (moi) leur fasse à manger. La maman suit la recette des crêpes et du tian de de légumes et a adoré la cuisine de Chacha. A l’heure de se coucher, on doit prendre nos affaires et on nous emmène à quelques kilomètres dans un studio pour passer la nuit, Soheil reviendra nous chercher le lendemain pour le petit déjeuner.

Lundi, comme d’habitude on se reveille à 7h malgré les 30min de décalage horaire avec l’Azerbaïdjan, Soheil vient nous chercher entre 8 et 9h normalement. Il arrive donc vers 9h15, à ma plus grande joie (presque le temps de mourir de faim), un bon petit dèj préparé par sa formidable maman (il souffre d’un petit complexe d’Œdipe non résolu) me détend. Il nous emmène ensuite chez Irancell, cela nous prendra des plombes pour avoir un numéro de téléphone iranien qui fonctionne. La raison, une fois que Chacha a mis la carte sim dans le téléphone on doit attendre un sms qui active la carte pour pouvoir la charger. On attend patiemment, avec un çay, des sucreries, jusqu’à ce que je me rende compte que le portable ne détecte pas de carte sim. Je l’ouvre, et vois que notre Chacha a mis la carte sim à l’envers malgré l’encoche ( oui bon ça va hein, il a quand même fallu 30 min à Damien pour s’en rendre compte), on la remet dans le bon sens et le temps de charger la carte nous pouvons rentrer. Mais pas partir, on doit manger avant, je me sens un peu prisonnier depuis le réveil, on doit tout faire comme nos hôtes ont décidé  sans notre avis, le ventre plein on peut enfin remonter sur Enselle il est 15h. On parcours une trentaine de kilomètres, sur lesquels nous ont été offerts des jus de fruit et un jeune homme nous indique un bon spot de camping au bord de la mer Caspienne. On papote un moment avec lui et ses amis qui nous offrirons du pain, des tomates, concombre, œuf frais, puis passerons une bonne nuit au calme.

Mardi, on pli la tente entre les gouttes éparse, un curieux vient nous saluer. Nous reprenons notre route entre mer et montagne, rizières et çay. A midi nous mangeons un excellent kebab de poulet allongés sur des tapis perchés dans des cabanes en bord de route. Nous finissons nos 60km à Talesh, où on nous indique un camping en bord de mer, on y paye un prix dérisoire pour planter la tente (2€). Mais nous n’arriverons pas à dresser la tente, ils se mettent à 3 personnes pour que l’on dorme dans une cabane qui ferme à clefs. Les arguments principaux sont en tout premier il va pleuvoir, on leur répond que la tente est étanche, le deuxième que sa ferme à clefs, on répond que l’on ne va pas partir en vadrouille et que l’Iran est très sécurisé, le troisième les chiens et que l’on n’a rien à payer en plus, on leur répond vous avez gagné. Une fois installés on trempe les pieds dans la mer, lavons Enselle, buvons un bon çay, mangeons et DODO.

Mercredi, nous quittons nos tapis entre 4 murs qui ferment à clefs, il n’a pas plu une seule goutte, mais il y a bien eu un chien qui a joué avec une sardine du tarp d’Enselle et une sandale de Chacha et il fait déjà bien chaud. On s’arrête faire quelques courses, le temps de créer un attroupement et de se faire inviter avec insistance. Ils en avaient envie que l’on dorme chez eux mais il n’est que 9h30, lire la déception du refus sur les visages est difficile mais si on accepte chaque invitation on risque rester plusieurs années en Iran. Les voitures ralentissent à notre hauteur pour nous prendre en photo, d’autres nous arrêtent pour des pauses selfies. Le réseau warmshower s’active une voiture s’est arrêter sachant que l’on était sur la route, un jeune homme nous retrouve dans le restaurant de pause de « on a faim » les deux pour savoir si tout ce passait bien pour nous. L’estomac calé nous reposons nos fesses sur Enselle sous un soleil de plomb. A une pause à l’ombre, des policiers s’arrêtent pour nous dirent qu’il faut faire attention sur la route (oui merci on a remarqué que les iraniens conduisent comme des fous). Merci on a remarqué entre les voitures qui nous serrent pour prendre des photos et celles qui remontent à contre sens, on fait très attention mais il faudrait peut être prévenir les iraniens de faire attention (et juste par exemple quand une personne apprend à conduire dans une auto-école, le prof n’est pas obligé de lui montrer son portable). Et on commence à comprendre ce qu’est la générosité des Iraniens, chaque jour on nous offre de l’eau fraiche, des jus de fruits, des bonbons. A Sowme Sara après 90km on nous propose de planter la tente sous un abri dans un parc de la ville, et en plus des dames venu pique-niquer nous offrent à manger, d’autres le thé, alors pour parfaire la journée on se paye une glace avant de se coucher.

Jeudi, on se réveille au milieu des sportifs, footing, ping pong, danse sportive, et course en marche arrière. On mange discrètement, c’est ramadan, rangeons et c’est reparti. Il fait de plus en plus chaud, il y a de plus en plus de trafic, de plus en plus de camion, trop de chaleur, trop de klaxons, ça commence à être tendu, tellement que l’on casse un rayon. A l’ombre d’un restau fermé nous changeons le rayon rapidement (on est rodé), et on nous offre de l’eau fraiche et des bouteilles de glaçons. On finit par quitter cette route infernale, et retrouver le calme des villages sur une petite route. Où l’on se fera encore inviter à dormir, mais on préfère planter la tente pour pouvoir avoir notre rythme sans batailler à communiquer avec la fatigue. Arrivés à un caravansérail transformé en restaurant nous prenons un çay et on nous offre gâteaux et friandises. Puis on demande au voisinage si on peut planter la tente derrière les murs, on a juste à choisir l’emplacement qui nous convient. Nous montons la tente, mangeons, profitons du paysage, et nous nous installons confortablement dans nos sac de couchages. A ce moment précis, on est bien installé, que 2 personnes crient « mistère dangère », donc on se rhabille sortons et essayons de comprendre ce qui se passe. Il y aurait des personnes qui veulent se battre, des chiens qui veulent nous manger, en fait ils préféreraient pour notre sécurité que l’on plante la tente sous les lampadaires, on arrive à ne pas devoir bouger toutes nos affaires, Chacha s’énerve un peu contre le gars qui se prend les pieds dans la tente et arrache tout. Mais maintenant faut que l’on prenne le çay chez le voisin, qui veut éclairer notre tente avec un projecteur, on arrive aussi à l’en dissuader en lui expliquant que pour dormir c’est quand même mieux sans lumière, mais il nous prête une lampe de poche pour la nuit. Tout fini par se détendre passons un bon moment avec lui et son fils et pouvons nous recoucher.

Vendredi, on pli notre campement et attaquons la route, en direction de Qazvin, qui longe l’autoroute. Gros problème les camions ne prennent pas l’autoroute et ça devient de plus plus fatiguant et dangereux. Les paysages changent, la montagne s’impose, mais les camions nous font craquer, arrivés à Rudbar nous stoppons un bus, installons Enselle dedans et rejoignons Qazvin. Nous faisons la sieste, profitons du paysage, arrivés, nous prenons un hostel, et surprise les musées sont gratuits aujourd’hui, on en profite avant de s’endormir.

Samedi, nous quittons l’hostel reposés et pouvons prendre de petites routes parfois en gravier. Les invitations reprennent à partir de 9h, mais ce soir c’est warmshower. Le paysage à totalement changé, plus de rizières et de jungle, juste de l’agriculture, des arbres fruitiers, du plat et des montagnes parfois enneigées au loin. Les cadeaux continuent, eau, bonbon et glace à la rose et à la pistache. Nous arrivons chez Mostafa et Mariam dans un jolie appartement, ils nous nourrirons comme des morts de faims, fruits, fesenju (plat iranien à base de grenade, prunes, noix, poulet, riz au safran) j’en mange un kilo, c’est vraiment bon ils ont vu que j’aimais et m’ont obligé à finir les plats qui se remplissaient plus rapidement que je ne les finissais, puis musique avec des instruments traditionnels .

Dimanche, réveil un peu compliqué, nos hôtes ont dormi dans leur lit qu’ils avaient préparé pour nous, mais on a refusé car leur chambre n’a pas de fenêtre et je ne peux pas dormir dans le noir complet. Le lit était tellement bien fait qu’ils ont trop bien dormi et nous ont oublié, ils se réveillent un peu tardivement et vraiment confus. Après des adieux larmoyant (Chacha a vraiment du mal), nous reprenons les petites routes à travers champs et villages où chaque maison à son château d’eau personnalisé. Quand nous nous arrêtons, ou faisons stopper nous avons toujours le droit à au moins la séance photos, parfois un peu d’eau, ou jus de fruits, on est gâté. Mais parfois c’est trop d’enthousiasme, nous sommes arrêtés sur le bord de la route et un monsieur en voiture nous saute dessus (après être sorti de la voiture bien sûr). Il veut nous aider à tout prix, nous débite des phrases de 15km de long en farsi, on comprend rien, à part qu’il veut que l’on aille chez lui pour manger, dormir, se laver. Le problème c’est que l’on a déjà mangé, et que l’on est attendu à Mahdacht, il veut donc que l’on mette Enselle dans sa voiture pour nous emmener on refuse encore, alors il décide que l’on doit le suivre en vélo. Franchement on est pas enthousiaste de le suivre, son exubérance fait peur, beaucoup trop d’énergie pour nous, il part devant et on le suit mais à petite vitesse histoire de le fatiguer. Il ralenti et nous sort par la fenêtre un badge disant qu’il est de la police, même pas de photo de badge dessus, nous on continue notre stratégie rouler a à peine 10km/h. Il finit par s’arrêter, essaye d’insister et finit par renoncer à nous aider, le tout à du durer 3/4h, ça nous a lessivé, tout ces efforts pour dire merci mais non. On reprend notre rythme en râlant un peu, est pas en bonne disposition pour affronter la petite portion de route à grande circulation (2*2 voie avec plus ou moins une bande d’arrêt d’urgence). Des voitures ralentissent, roulent à notre hauteur pour discuter et prendre des photos, ceux la ça va certains nous serrent un peu, moi je reste concentré pour garder ma ligne et Chacha s’occupe de la discussion. Une voiture entame cette échange en roulant puis d’un coup nous fait une queue de poisson pour s’arrêter, on se retrouve dans les graviers à piler, et lui nous rejoint tout content pour nous inviter chez lui, j’ai juste envie de l’insulter pour avoir failli nous mettre à terre, mais bon il a un jolie sourire et ne se rend pas compte de ce qu’il a fait. On refuse l’invitation facilement, c’est qu’il n’avait pas trop envie de nous voir chez lui (encore un coup de Taarof), on reprend la route et là autre style une voiture nous double par les graviers pour se mettre à notre hauteur et discuter en pleine montée, une fois satisfait de nos réponses (de Chacha) il accélère et reprend la route sans penser que nous sommes encore là à côté de lui re-queue de poisson. Une belle descente devant nous avant de rejoindre notre warmshower, on prend de la vitesse content de pouvoir finir la journée comme ça. Sur la bande d’arrêt d’urgence (sur notre trajectoire) une voiture est stoppée, je m’en méfie, et je fais bien au moment où on commence à la doubler elle accélère pour se mettre à notre allure et discuter tout en se déportant sur nous, on se retrouve au milieu des 2 voies et il repart en nous déportant un peu plus. On rentre dans la ville, achète une pastèque, notre warmshower vient nous chercher au parc au pas de course, puis séance photo avec ses employées, Enselle, et finit par nous présenter son appartement de fonction, c’est un fan de vélo et nous laisse les clefs, on a l’appart pour nous et on peut enfin décompresser. On réfléchit à l’itinéraire du lendemain pour entrer dans Téhéran et rejoindre un couple de warmshower. Une fois satisfaits on se couche et la le téléphone sonne, notre warmshower nous rejoint demain à 8h45 avec des amis, on espère qu’il sera à l’heure.

Lundi, on se reveille à 7h comme d’habitude, on mange, on range, et à 8h30 notre hôte sonne, cool il est plus qu’à l’heure. On discute tout en rangeant, et deux autres personnes arrivent, ce sont des journalistes amateurs venues pour nous interviewer. Nous avons donc le droit à notre questionnaire auquel Chacha répond, petite vidéo, et photo bien sûr. Mohamad (notre warmshower), fan de vélo, est tout équipé pour pédaler avec les mitaines tour de France, il nous accompagne donc avec son vélo et quel vélo c’est un fatboy avec des pneus énormes. L’itinéraire réfléchit la veille à la poubelle, direction Karaj, Mohamad nous protège des automobilistes avec son fatboy et son sifflet qui est vraiment utile. Puis il nous abandonne à notre propre sort, la galère commence et on est pas encore à Téhéran, tout le monde veut que l’on prenne l’autoroute, même mapsme, nous on est pas chaud du tout. Chacha stressée n’arrive pas à m’indiquer la route donc on se trompe plusieurs fois, le trafic nous fait péter un câble, on décide de rejoindre la gare. Pas possible de mettre Enselle dans le train, des gens réfléchissent à notre problème et ne trouve pas de solution. C’est décidé on demande aux taxis, qui acceptent pour 4euros on fera une 40aine de kilomètres déposés en plein centre de Téhéran avec Enselle sur le toit, Bob dans le coffre, Chacha au milieu des sacoches à l’arrière et moi à stresser à l’avant dans cette circulation sur l’autoroute et voie rapide, il n’y a jamais assez de voies (en comptant la bande d’arrêt d’urgence) pour le nombre de voitures côte à côte. On finit dans un parc, après avoir demandé plusieurs fois notre itinéraire. Petite pause, reprenons nos esprits, remplissons nos estomacs, et rejoignons nos hôtes.

De Tbilissi à Barda

Samedi 28 avril, nous passons une courte nuit car Chacha s’est mis dans la tête de convaincre un Italien qu’il a tord. C’est vrai que c’est bizarre de voyager et de dire que tous ses pays sont dangereux, que tous ces réfugiés c’est mal pour notre pays …et en plus il a un esprit assez fermé, mais bon Chacha essaye quand même de lui faire entendre raison (tout en essayant de ne pas perdre ses nerfs, et dire qu’on avait dit pas de politique en voyage). On part en direction de la frontière, les gens sont de plus en plus démonstratifs, est ce que c’est parce que l’on va bientôt quitter leur pays? et qu’ils nous encouragent à le faire vite?!?. Car si c’est ça c’est raté, je me sens tout mou, les jambes en coton, pas envie d’avancer. Tellement pas motivé que j’arrive à convaincre Chacha de s’arrêter à Rustavi. De toute manière c’est moi qui pilote, si je veux m’arrêter je peux, Chacha est obligée de me suivre. En même temps c’était facile de la convaincre il y avait la finale de top chef à regarder. On fait petite balade, on regarde top chef puis coupure d’électricité donc dodo.

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Dimanche, cette fois ci on passe la frontière et on poussera plus loin. Nos derniers kilomètres en Géorgie se font avec des gens de plus en plus souriants, nous disent plus facilement bonjour et les maisons changent. On arrive rapidement à la frontière entre Ruisbolo et Sagiqli, elle est toute petite c’est trop mignon. Les douaniers Géorgiens vérifient surtout si nos papiers sont en règle pour rentrer en Azerbaïdjan, en profite pour nous questionner sur notre voyage. Puis on passe côté Azéri, on doit faire passer nos bagages au scanner, c’est trop compliqué, alors juste une partie, les 1er que l’on a détaché. Vient le contrôle de nos papiers, qui ont déjà fait le tour de la douane, avec nous en personne. On laisse Enselle avec les douaniers qui en profiterons pour jouer avec les klaxons et pas qu’une fois. En fait c’est notre passage de frontière le plus rigoureux et le plus amusant, que des sourires, et des rires. Le grand portail métallique s’ouvre, au bout de 30min, sur un pays qui nous accueille comme des stars. Dans les villages chaque personne nous salue, quand on s’arrête les gens viennent nous prendre en photo, et si on fait une pause où il n’y personne, les voitures s’arrêtent pour nous saluer et prendre des photo. On finira notre journée à Asgafa où l’on devra vider une théière de thé avant de pouvoir trouver des sous.

Lundi, le départ est un peu difficile les jambes sont dures des kilomètres de la veille, mais nous sommes toujours des stars. Dans certains villages on a l’impression d’avoir une haie d’honneur lors de notre passage, tout le monde nous fait coucou, salut, c’est impressionnant. Nous nous arrêtons dans un parc pour manger, quelques curieux viennent nous saluer et poursuivent leur route. Nous repartons, mais avant de sortir du parc Chacha profite des toilettes, en revenant elle me retrouve au milieu d’une 20aine de personnes, aucun ne parle anglais, tous veulent savoir ce que l’on fait et surtout me prendre en photo avec Enselle, ou avec eux, puis avec Chacha (mais pas trop quand même). Beaucoup veulent nous inviter à boire le çay, manger, ce lundi on acceptera la théière offerte par Saïd, un bon çay pour faire une bonne pause en milieu d’après midi. On finit la route sur une piste défoncée, le long d’un camp militaire, à Semkir nous passons Enselle au Karcher, et faisons dodo après deux belles journées de vélo.

Mardi, nous avalons nos 45 petits kilomètres rapidement. Pour arriver à Gandja (non rien à voir,esprits mals tournés) qui est la 2eme plus grande ville du pays, en entrant dans cette ville nous entrons dans un autre monde. Déjà nous passons devant un immense parc, le plus grand du Caucase (et 5ème plus grand au monde avec 450 ha), nous y rencontrons 3 polonais voyageant à moto et l’on compare nos montures. Nous trouvons facilement notre hostel, c’est simple si l’on s’arrête pour réfléchir ou autre (genre juste boire un coup ) il y a toujours un courageux pour nous aborder qui attire les autres et nous trouvons donc quelqu’un pour nous renseigner. On s’installe, allons manger dans un restaurant qui nous sert des mini portions, la taille du plat est inversement proportionnel au goût, c’était très bon. On part se balader dans l’un des plus anciens parc du Caucase, visitons les bains turcs, la mosquée, …, cherchons une carte routière de l’Azerbaïdjan (on ne la trouvera pas) et finissons par faire les courses où les clients et les employés se plient en quatre pour que l’on trouve notre bonheur. Retour à la guest house où l’on rencontre un biologiste old school (naturaliste), qui recense les oiseaux du pays et aurait trouvé une nouvelle espèce.

Mercredi, nous nous préparons pour une nouvelle grosse journée de tandem, car on doit faire des détours pour éviter la route principale qui traverse le pays (un genre d’autoroute). On prend les rues en chantiers pour rejoindre le gros boulevard, qui nous amène à l’autoroute. Juste avant nous bifurquons à gauche et roulons sur une jolie route goudronnée, en arrivant à Qiyasli plus de goudron, des gens nous disent qu’il n’y a plus de route, on continue, une voiture nous stop et nous dit encore plus de route, plus d’asphalte, on répond que ce n’est pas grave. Un des messieurs nous demande de le suivre car sa femme parle anglais, ça ira mieux pour tout nous expliquer. On se retrouve à boire le thé, puis manger, puis interdit de partir on fait un long voyage faut que l’on se repose. Au bout de 20kms, 1h de vélo, on est invité dans une super famille avec qui on passera une super journée, Chacha échangera beaucoup avec la maman, moi un peu avec le papa (Elbrus comme la montagne) on ne parle pas anglais surtout lui. Mais en nous baladant tous les 2 dans les champs, je vais apprendre (et vite oublier) les herbes que l’on peut manger, on a bouffé un paquets d’herbes, tiges, feuilles, et autres … Il finira par m’indiquer un itinéraire pour rejoindre la frontière Iranienne et cette fois ci en passant dans un secteur où il n’y a aucune route même pas un chemin sur les cartes.

Le lendemain Jeudi, nous quittons nos hôtes non sans larmes, avec plein de nourriture en plus dans nos sacoches (confiture de rose, de mûres, sauce de grenade, halva, bonbons, gâteaux, citrons …)et passons par le chemin prévu avant que l’on ne les rencontre, Elbruz nous ouvre la route sur son vélo. On enchaine petit chemin, beau chemin, super asphalte tout neuf, route défoncée, toujours comme des stars. Nous essayons de faire des pauses dans des endroits où il n’y a personne ou peu de monde afin d’être un peu tranquille, mais il y toujours du passage et forcement des gens qui s’arrêtent certains juste pour nous donner de l’eau et prendre des infos et photo d’autre pour nous inviter à manger et dormir. En surmontant tous ces obstacles bien tentant nous parvenons à rejoindre la ville de Naftalan, célèbre pour son brut de pétrole réputé thérapeutique, pour bain antidouleur (rhumatisme) et cancérigène (pour info le brut de Naftalan, contient 50% de naphtalène ou naphtaline, vous savez l’antimite, connu pour son effet cancérigène). Nous y passons la nuit perdu au milieu de nul part.

Vendredi, un nouvel obstacle se dresse devant nous: le haut Karabagh. C’est une zone montagneuse, mais le problème ce ne sont pas les cols, c’est qu’elle est strictement interdites aux étrangers. Cette région est disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, si on a bien compris ça appartenait à l’Arménie, puis les russes l’ont offerte à l’Azerbaïdjan mais l’Arménie pas content l’a récupéré par la force, depuis ils sont en guerre (en ce moment c’est la pause). Si on passe dans cette région, on peut se faire arrêter, et bannir des 2 pays. Notre route en dur passe par la ville Tartar, qui est à la limite de cette zone et la région Tartar en plein dedans. On hésite, les routes en piste esquive tous ça et c’est plus court (mais pas plus rapide). On retrouve les obstacles naturels du pays, pause çay qui finissent par vient manger et dormir à la maison. T’accepte un verre d’eau chaude aromatisée et tu finis en pyjama alors que tu n’as fais que 10km, et le pire c’est que tu es autant fatigué qu’une grosse journée de vélo, car tu essayes de te faire comprendre et de comprendre tes interlocuteurs toute la journée. On esquive, accepte une théière, arrivons à reprendre la route tant bien que mal, un peu plus loin on nous propose à manger on esquive il faut vider nos sacoches, et ça recommence. On se cache pour manger, on nous aperçoit, on nous propose donc à manger, que l’on refuse, un thé pourquoi pas et on doit dormir chez eux, on refuse.  On fini à Barda, dans un hôtel pour se reposer, Chacha va faire la paperasse, moi j’attends dehors avec Enselle et une 20aine de personnes qui me questionnent, me prennent en photo. Une fois installés, lavés, reposés, petite ballade en ville où on se refait photographier, enfin surtout moi, par des jeunes lycéens (et on est pas encore en Chine).

 

 

Bilan Géorgie

  •  373kms parcourus
  • 24h de pédalage et/ou poussage et/ou marchage
  • nombre de pouces levés ou klaxons: pas mal, les Géorgiens sont assez expressifs en sortant la tête de la voiture (voir une bonne partie du corps) pour nous encourager.
  • Petit dico :
    • bonjour: Gamardjoba
    • Au revoir: Narouamdés
    • Merci: madloba
    • Et c’est tout !!!!
  • La Surprise : les paysages, pour le peu que l’on a vu c’était impressionnant (il y avait de vrai montagnes),
  • Le point négatif, la conduite comme en Russie ils ont autant de volant à gauche qu’à droite. Être en tandem avec une remorque à l’air de calmer les ardeurs de ceux qui arrivent derrière (ils ralentissent et s’écartent pour nous doubler à part quelques irréductibles). Mais ceux qui arrivent en face c’est pas la même, ils doublent même si on est en face et nous klaxonnent pour qu’on leur laisse de la place, parfois sans raison ils nous foncent dessus avec le sourire.

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De Akhalkalaki à Tbilisi

Mercredi 18 avril, nous avons hésité entre 2 ititnéraires, le premier passant par un col plus de 2000m puis redescente sur Tbilissi, le second fait un détour et en plus ce n’est que de la descente. Après un petit check météo, nous choisissons la facilité car ils annoncent vent et neige. Nous partons direction Akhalistké et commençons par 20km de descente dans une magnifique gorge. Nous en prenons plein les yeux, encore une fois, tout en zigzaguant, montant descendant toujours au fond de cette gorge parsemée de châteaux et de magnifiques spots bivouac. Nous dormirons dans une chambre d’hôte afin de laisser nos affaires pour visiter un château tout restauré où nous montons au sommet du donjons avec des escaliers qui font peur rien que pour Chacha.

Jeudi, nous reprenons la route pour nous enfoncer dans une nouvelle gorge, celle ci aussi parsemée de châteaux mais malheureusement cette fois ci … elle est toujours magnifique! Toujours en descente (faut dire que cela faisait un moment qu’on n’était pas passé en dessous des 1900m), la pédale légère (sauf dans les petites côtes qui sont là pour nous rappeler qu’on fait du vélo), nous allons nous hydrater à la ville thermale de Borjomi. Une fois nos affaires de côté nous allons visiter le parc (d’attraction) historique. Au milieu de ce parc, Chacha l’aventurière, s’approche de 2 robinets où est écrit « bouteille de 10L interdite » et où un monsieur dit « very healthy water ». Chacha prend son courage à 2 mains  (ça tombe bien elle a soif) et goûte l’eau …J’ai droit à une très belle grimace qui me dissuade de m’y aventurer: l’eau est chaude et salée ! Sur ce nous rentrons manger.

Vendredi, le soleil se fait discret, nous partons donc avec une petite bruine, toujours dans la gorge pour rejoindre la pleine entre le petit et le grand Caucase. Le réveil un peu plus difficile (sûrement l’eau salée), dans la pleine le vent nous attend, Chacha décide donc que nous ferons une toute petite journée, 30kms plus loin nous sortons de la gorge et nous arrêtons pour la journée. Nous cherchons une chambre d’hôtes (on est fan et c’est vraiment pas cher), en vain, on n’arrive pas à se faire comprendre ou nous ne comprenons pas les indications des adultes. Deux enfants nous accompagnent à un hôtel, ils adorent Enselle.

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Samedi, Chacha en pleine forme est prête à avaler les kms. Nous avons eu le temps d’étudier l’itinéraire pour éviter la grosse route. Nous allons vite comprendre qu’ici les routes c’est comme un kinder surprise …Nous attaquons par des nids de poules avec deci delà du goudrons, puis chemins avec puits sans fond cachés sous des flaques d’eau. Ces routes relient bien des villages où les habitants nous voient comme des extraterrestres poursuivis par un poisson volant. Nous retrouvons finalement le goudron sans les nids de poule et même le soleil se met à briller. Nous décidons de continuer sur la route kinder après tout on n’est pas pressé et les villages sont très jolis. Nous retrouvons donc les nids de poule ce qui oh miracle nous permet de doubler un véhicule motorisé: une mercedes (bon ok conduite par un enfant de 12 ans seul). Dans un village nous faisons une pause kachapuri (pain fourré), à la sortie du village des femmes nous appellent, nous craignons la pause chacha (alcool fort local, à ne pas confondre avec la mienne), ce sera finalement une pause vino et remplissage de sacoche option immenses sourires et coup dans l’aile. Enselle nous prend sur son dos et nous amène jusqu’à Gori, ville natale de Joseph Vissarionovich Dzhugashvili … mais qui est ce ? Nous prenons nos appartements chez Lia (Nitsa guesthouse que nous recommandons chaudement) qui nous accueille avec thé et katchapuri qui nous permet de finir d’éponger le vin.

Dimanche, nous nous mettons à l’heure géorgienne, c’est à dire petit dèj pas avant 9h pour les lèves tôt. Petite lessive (il était temps), je papote avec Lia en anglais dans le texte (ils se comprennent car ont le même niveau), Chacha papote avec Toto notre finlandais franco suédois réunionnais norvégien sur facebook (en français dans le texte) puis Lia nous fait découvrir la musique géorgienne et à 12h nous décidons enfin de bouger. Un katchapuri plus tard, nous visitons le musée de Joseph Vissarionovich Dzhugashvili soit le musée de Staline de son petit nom. Nous admirons la propagande sans les sous titres, on ne parle pas encore russe ni géorgien, on visite son wagon blindé tout équipé baignoire incluse mais ça ne vaut pas notre équipement (nous on a une bassine pliable). On enchaine avec la forteresse, une petite descente escarpée nous fait découvrir un magnifique … cul de sac. Les aventures ça creuse, un petit arrêt ravito et retour dans notre petite maison adorée.

Lundi, nous décidons d’affronter le vent mais avant ça , pause photo avec notre hôte. Le vent souffle fort, très fort, la météo annonce des rafales à 60km/h ! En plus le vent est … dans notre dooooooos !!!!!!!!!!!!! Alléluiah (on est Géorgiequand même)!!!!!! En prime petit faux plats descendant, nous roulons à un petit 30km/h sans pédaler ! Le vent nous pousse dans les montées (on ne les a jamais monté aussi vite). Au sommet de l’une d’elles, nous rencontrons tout content 2 mamans avec 4 enfants qui n’ont pas le même ressenti, eux, ils ont un « petit » vent de face avec un « petit » faux plats montant (oui on des enfoirés). Ils sont sur le chemin du retour pour faire la rentrée en France en septembre. De plus en plus poussés par le vent, nous filons à toute vitesse vers l’ancienne capitale et berceau du christianisme géorgien: Mcheta. Nous y visitons la Cathédrale où les rois géorgiens reposent, la nonnerie au confluent de 2 fleuves, un petit tour en ville et dodo (après une petite bière et du vin et des raviolis offerts par notre hôte).

Mardi, le jour J nos rejoignons la capitale Tbilissi. Avant cela changement des plaquettes de freins et nous découvrons que notre disque est foutu. Nous attaquons nos soit disant 20kms. Au départ tout va bien, arrêt pipi comme à l’accoutumé tous les 10m puis nous arrivons sur une 2×2 vois , ça commence à être fatiguant, celle ci se transforme en 2×4 vois, ça devient très fatigant. Nous pouvons enfin quitter cette grosse route après 20kms car nous entrons enfin dans la ville. On prend un raccourci par l’hôpital (maps.me est plein de surprise) mais il nous reste encore 10km de capharnaüm géorgien entre boulevards immenses et petites rues en construction (!?!). Nous atteignons péniblement notre charmante auberge (on recommande aussi: Pinn Hostel), petit tour dans le quartier pour se dégourdir les jambes, courses à carrefour (ah tiens ?!).

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Mercredi,nous restons à l’heure GE-OR-GIEN-NE, apparemment un peu tôt pour l’employé de l’hostel et pour le reste du quartier qui ne s’anime pas avant 11h (étrange …) comme le vélociste chez qui nous emmenons Enselle et le pied de Bob, qui n’ouvrent pas avant 11h et qui n’ont pas de mécano avant 13h. Nous laissons donc Enselle au magasin et faisons un tour dans le quartier des ambassades et au parc de Vake. Je n’ai pas repéré le zoo malheureusement et donc ne l’ai pas réclamé (:( ), Chacha est soulagée. A 13h, retour chez le vélociste, on explique ce qu’on veut et devons revenir dans 2h , le temps de trouver un restau boui boui pour manger, manger (le service géorgien ne va pas plus vite que la lumière, mais les plats sont chauds et bons, voir très chauds et très bons). Au retour, Chacha a bien vu le palais des thés (ça m’étonnait aussi), « vient on va voir si c’est comme en France », c’est la même chose qu’en France, « oh regarde il y a mon thé préféré », je vous laisse imaginer la suite… Nous récupérons notre petit et le pied de son pote et partons à la recherche d’une carte de l’Azerbaijan, nous faisons toutes les librairies du coin (on en trouve une bien sympa qui fait café d’ailleurs) en vain, il n’y a que des cartes de la Géorgie (un chouille chauvin le géorgien). Même chez Géoland, il n’y a que des cartes de la Géorgie (et de Chypre, va savoir pourquoi). En chemin, nous rencontrons Victor un espagnol sympathique et très bavards, on discute sur le trottoir pendant une bonne heure alors que nous sommes entourés de cafés! On se remet de nos aventures avec une bouteille de « red sweet wine » qui va très bien avec les fraises.

Jeudi, mission tourisme et pas des moindre ! Balade dans la vieille ville au milieu d’une foule de touriste (pour mon plus grand plaisir), Chacha trouve les maisons délabrées penchées en bois ciselé très jolies, je suis sceptique et les trouve dans le même état que les routes. Ça a son charme. Par contre les églises sont flambants neuves, toutes méga restaurées, les rues piétonnes un peu trop touristiques pour nous et ça a le don d’énerver Chacha. Nous en profitons quand même bien et allons vérifier que l’eau qui coule sous les bains géorgiens et bien chaude et soufrée … soufrée oui, chaude non.

(Attention ce paragraphe est interdit aux moins de 16 ans)Vendredi, nous décidons de prendre de la hauteur nos visas azeris en poche. Nous allons mater les boobs de la mère de la Géorgie et slalomer entre les seins siliconés russes dans la forteresse (oui petit blocage mais on voyait que ça). Petit (voir grand) tour dans le jardin botanique en floraisons et en constructions suivis par 2 sphères en silicone (on n’a pas la photo fallait pas exagérer, #chocked). Nous remontons voir les fessiers de la mère patrie pour redescendre par un chemin moins touristique et donc moins »refait » tout en profitons toujours des maisons délabrées penchées mignonnes.

Demain direction l’Azerbaïdjan.

De Erzurum à Ahalkalaki

Vendredi 6 avril, on se réveille en prenant notre temps, on va manger en prenant notre temps, rangeons nos affaires en prenant notre temps: notre bus n’est qu’a 22h. Puis on part se balader en ville, visiter, faire les boutiques car Chacha a déchiré son pantalon à force de glisser sur les fesses. Et il serait bien de lui trouver une chemise cache fesses d’ailleurs. Dans le jolie bazar couvert, elle se lance dans des négociations, mais ne trouve pas le bon prix pour nous tant pis. Dans un magasin à la musique boum boum, elle trouve la tunique, le pantalon et le bon prix. On peut enfin manger une pide locale, visiter le medresa (école coranique) transformé en lieu pépouze pour se rafraichir. On récupère notre Enselle, et rejoignons la gare routière. Où nous retrouvons nos sudokus pour patienter, puis nous sortons sur le quai un peu en avance pour avoir le temps de ranger, attendons le bus, continuons d’attendre le bus, 5min avant l’heure de départ toujours pas de bus, le stress monte, on est bien sur le bon emplacement? Oui on y est bien, le stress redescend, puis remonte il y a du monde sur le quai et avec pas mal d’affaires, Enselle va rentrer? Le bus arrive (45min de retard), bien sûr tout le monde saute dessus, le chauffeur et ses assistants nous aperçoivent, on sourit mais pas eux. Les soutes sont remplies un peu n’importe comment, ils font de la place à l’arrache, bourrinent Enselle là où ils peuvent, j’interviens descend les selles, enlève la roue avant et tout rentre en forçant légèrement. Au moins tout est calé, même les poules vivantes dans des cartons (Enselle ne va pas bien dormir). Partis pour une nuit, de bus confortable pour Chacha qui à son habitude s’endort après les collations. Moi je suis encore un peu trop grand, mais on a chacun son écran, avec film en turc, musique turque, et jeux dont Angry bird je m’amuse bien, avant de m’endormir aussi.

Samedi, nous profitons du paysage (lever de soleil), des jeux sur nos écrans pour arriver à 7h du matin, on a une bonne heure d’avance sur l’horaire prévue, notre chauffeur a un peu trop bien roulé. On trouve l’hôtel Tahran largement dans nos prix, je peux reprendre ma nuit dans un lit où je rentre en entier. Nos estomacs nous poussent à sortir manger, et la fatigue nous pousse à reprendre notre nuit.

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Dimanche, journée missions, la première rassembler toutes nos affaires salles, euh garder les moins salles pour ne pas sortir tout nu, trouver la laverie où une gentille demoiselle s’occupe de tout. Deuxième mission, trouver un bon pantalon pour Chacha afin qu’elle pédale sereinement, et me trouver une 2eme chemise manche longue pour moi pour être un peu plus propre en Iran (1 chemise pour 2 mois ça risque d’être juste). Troisième mission, c’est l’heure de manger Burger King nous fait les yeux doux on craque (la viande griller, les pides … on en peut plus). Quatrième mission, récupérer nos affaires et visiter la maison d’Atatürk où il a fixé les frontières de la Turquie en 1919, point de départ pour obtenir l’indépendance.Cinquième mission, ravitaillement en eau et chocolat. Sixième mission, préparer les papiers pour obtenir nos visas iraniens, c’est à dire photo voilée pour Chacha, imprimer assurance et autres, photocopies d’un peu de tout, révisions de notre parcours en Iran. Septième mission, repos et dodo.

Lundi 9 avril, direction le consulat facile à trouver il y a un vélo de cyclotouriste devant. Nous rencontrons Ronan un irlandais qui va jusqu’aux Japon et parle français. En 1h nous avons nos visas, on ramène Ronan à notre hôtel, il est dans le même état que nous samedi, lui aussi a pris le bus depuis la Capadoce (il a rencontré d’autres cyclotouristes qui vont faire la même). Nous on ressort visiter la ville, Medresa couvert qui sert de musée avec de minuscules portes (merci pour mon dos), Medresa ouvert avec des portes pas plus grande et un escalier biscornu où il faut faire attention à la tête et aux marches, le château, et le caravansérail, le tout au milieu de montagnes en forme de colline, on en prend encore plein les yeux. En plus la police nous offre des bonbons. On retrouve Ronan pour manger et boire un çay, on fait vite car il est malade.

Mardi, jour de repos et décompression, ces derniers jours (semaines) les petits ennuies prenaient des proportions « dramatiques ». Ça fait un petit moment que je dis à Chacha qu’il faut que l’on se pose et repose vraiment, là on a nos visas iraniens, Enselle va bien, pas de stress d’être dans la tente avec des intempéries, ce dernier jour de repos nous remet en selle pour le futur. Car à chaque fois que l’on prend un jour, pour Chacha il faut aller voir ça ou ci, faire ça ou ci, elle déteste rien faire, quand on disait repos c’était faire autre chose que du tandem. Aujourd’hui on traine, petit ravitaillement pour la suite, manif de la police en costume, goûter avec Ronan, papotage avec le patron de l’hôtel qui nous invite à manger le soir. Nous passons donc une excellente soirée, nous mangeons lui nous regarde, un ami à lui nous rejoint, et bien sûr comme beaucoup ils rêvent de la fortune qu’ils peuvent faire en France. On lui explique que les choses changent et il est content de nos explications, nous nous amusons bien, mais il est temps de rentrer se coucher.

Mercredi, nous repartons avec Ronan, c’est la première fois qu’il roule avec d’autres cyclotouristes et pour nous aussi. Pour lui ça change beaucoup, car il prend notre roue, roule à notre rythme, pour Chacha ça lui permet de surveiller autre chose que moi, de discuter avec quelqu’un d’autre, pour moi ça ne change rien car devant moi j’ai toujours la route et le vent qui souffle contre nous. Et un sacré vent durant la matinée, dans les descentes pas besoin de freiner mais il faut pédaler. Après la pause repas (d’excellentes pide), le vent s’est calmé, ça descend moins, on roule bien. Une voiture se porte à notre côté, on sourit, fait coucou, mais elle est un peu oppressante et nous force à s’arrêter, c’est pour nous offrir du pain. On repart toujours au milieu de ce paysage, on est sur un plateau, à la végétation rasante, au milieu de montagnes arrondies aux sommets blancs et un ciel bleu parsemé de nuages (voir que des nuages). Par contre nous croisons énormément de réfugiés à pied au bord de la route ou dans les champs, nous avons un drôle de sentiment de croiser ces personnes qui quittent leurs pays pour survivre, et qui nous font des coucous avec le sourire, alors que nous nous voyageons juste par plaisir, pour s’amuser sachant que l’on peut rentrer chez nous quand on le veut et comme on le veut. Nous arrivons à Horasan, on plante la tente avec Ronan, rationnons l’eau, partageons un bon repas, discutons des réfugiés, du futur, de nos voyages et allons nous coucher.

Jeudi, nous roulons 2 petits kilomètres avec Ronan lui il prend à droite direction l’Iran, nous à gauche direction la Géorgie, on espère se recroiser. On profite d’un faux plat descendant entrecoupé de petites montées, on entre dans une gorge, le paysage est magnifique, les falaises sont ocres, les champs verts, le ciel bleu, on kiffe. On commence à avoir faim, au départ on a bien pensé à acheter de l’eau, mais on a oublier d’acheter du pain, on grignote des fruits secs au milieu de cette gorge. Avant de la quitter pour grimper en direction de Kars, nous trouvons un bouiboui pour camionneur, on peut enfin manger. On est invité à la table de 2 chauffeurs, dont un, Truan, qui n’arrête pas de rigoler et nous faire rire. Il veut que l’on charge Enselle dans sa remorque pour nous conduire directement à Kars, difficile de lui refuser en plus de nous esquiver la pluie qui arrive, une jolie montée après 50km, une journée de tandem, il est tellement drôle que l’on a envi de passer plus de temps avec ce joyeux personnage. Nous prenons donc le « Mercedes taksi », apprenons de nouveaux mots, et il téléphone à différentes personnes pour raconter ce qui lui arrive tout en rigolant et conduisant. Il nous dépose à Kars plus qu’à trouver un lieu pour dormir, on est bien fatigué par cette journée sympathique.

Vendredi, réveil un peu tardif, on part à la recherche de l’office du tourisme car on veut visiter Ani (ancienne capitale arménienne). Et à ce qu’il parait il faut se faire enregistrer car c’est sur la frontière avec l’Arménie, et en plus l’office de tourisme regroupe les touristes dans des taxi pour payer moins chère. Nous trouvons un office de tourisme fermé, le deuxième est ouvert mais c’est juste un membre de la sécurité qui est là. Il nous explique qu’il faut aller au 1er office de tourisme pour prendre un bus qui est à 11h, il est 11h15 trop tard pour aujourd’hui. On n’a plus besoin de se faire enregistrer, plus besoin de taxi, juste un bus à 14 TL aller retour donc 10 fois moins chère que prévu. On visite donc la ville avec ses maisons soviétiques, son château, son église transformé en mosquée au milieu de ce paysage de plateau et de colline. On se trouve un petit restaurant de pide, au bon moment, pas parce qu’il est 15h et que l’on est prêt à manger un chien errant, non, car il commence à pleuvoir et que ce n’est pas une petite pluie mais un gros orage qui nous tombe dessus, d’ailleurs la foudre est tombé à 50m du restaurant et a fait sursauter tout le monde, plus d’électricité. Nous nous remplissons les estomacs et savourons ces pides et lahmacun dans un deuxième temps, en laissant passer l’orage et le gros de la pluie, puis rentrons à l’hôtel en slalomant ou contournant les inondations. Nous passons la fin d’après midi à préparer les jours suivants, en écoutant la pluie tomber.

Samedi, nous changeons d’hôtel, on nous fait déguster les spécialité de Kars dans un petit magasin, fromage et miel, puis çay en attendant le bus pour Ani. On rencontre un espagnole, Carlos, voyageant en bus. Nous visitons l’ancienne capitale de l’Armenie, la première chose qui me frappe ce sont les miradors qui se regarde en chien de faïence de part et d’autre de la rivière (la frontière). Nous passons un énorme rempart, et derrière découvrons des églises à flanc de falaise, une cathédrale, un caravansérail, une citadelle et un grand champ de ruine du à un tremblement de terre. Charlene, peu visiter tranquille avec Carlos, et moi courir, grimper, faire des photos tranquille au milieu des ruines, maisons troglodytes. Euh tranquille, pas vraiment on a la pression car on a tout juste 2h pour faire le tour, notre bus repart à 14h tapante. Nous rentrons, mangeons avec Carlos, faisons des courses, et allons nous coucher, nous sommes morts de fatigue.

Dimanche, nous quittons Kars avec le vent dans le nez, et encore un chien qui nous stop en pleine montée. Mais le paysage est toujours aussi sympa, on s’arrête à Arpaçay pour manger dans une boucherie. Assez rapidement tout le village sait que 2 cyclotouristes sur un drôle de vélo sont là. Nous prenons une chambre dans une salle de jeux et çay, on boit donc des çay, puis allons faire un tour dans le village. Au retour nous apprenons leur jeu de carte en buvant des çay, Chacha perd moi je suis désigné comme un professionnel et oui j’ai gagné, pour une fois Chacha n’est pas mauvaise perdante peut être parce que nos adversaires ont dit qu’elle était une belle personne.

Lundi, nous essayons de quitter Arpaçay, on est intercepté pendant nos courses par le chef de la police municipale. Il nous invite dans son bureau pour boire le çay, manger des gâteaux et faire des photos. Nous pouvons partir, passons une petite côte, et faisons une pause gouter en admirant une magnifique vue sur le lac de çildir à 1950m d’altitude. Nous le longeons toute la journée en suivant une route en forme de montagnes russes (c’est vrai que la Russie n’est plus très loin). On profite de la vue sur le lac, sur les montagnes enneigées, et les bouses de vache qui sèchent. Nous quittons le lac et descendons sur çildir (village) pour dormir et profiter d’un hammam rien que pour nous.

Mardi, on prend notre dernier petit déjeuner en Turquie dans un terminal de bus (un petit bouiboui tenu par 2 jeunes hommes fort sympathiques). Nous grimpons un joli col en direction de la Géorgie, au sommet 3 camionneurs nous invitent à boire le çay, en fait c’est un bon petit déjeuner traditionnel (kahvalti). On reprend la route et ça descend bien avec encore une magnifique vue sur un lac qui est traversé par la frontière (faut dire qu’on était tellement haut qu’il fallait bien finir par descendre). A la frontière, nous avons un premier contrôle et tampon de sortie de la Turquie, on avance et recontrôle de nos passeports, nous sommes dans le no man’s land et il n’y a personne, puis contrôle de nos passeports avec discussion au talkie walkie, pliage en 2 de nos passeports pour le tampon d’entrée en Géorgie. Chacha va faire le change de nos derniers turkish lira, un policier me demande de m’arrêter et de revenir en arrière, il regarde Enselle sans me parler, regarde les sacoches,  je ne sais pas s’il travaille ou s’il est juste curieux, il a un coté sympa un autre assez stressant, il me sourit et me montre toute ces sacoches, je lui explique comment sont rangées nos affaires, il ne sourit plus me dit de rester là et rentre dans la douane, 2 minutes plus tard ressort me demande mon passeport, me demande si je suis bien français, me rend mon passeport et me dit d’attendre Chacha au stop. Chacha a réussi à changer les quelques sous turc qu’il nous restait, et commence à sortir, la douanière lui dit de doubler tout le monde sans la contrôler, mon policier la stoppe en lui demandant ce qu’elle faisait, elle répond qu’elle me rejoint et il la laisse passer. On n’a toujours pas compris son trip. On reprend la route, les premiers kilomètres en Géorgie nous offre des arbres (ça faisait longtemps) même des forêts, de petits villages, et des montagnes qui ressemblent à des montagnes, nous avons des coucous et des encouragements très expressifs, de quoi vite oublier la Turquie que l’on a adoré (snif). Arrivé à Ahalkalaki, des ouvriers nous invitent pas à boire le çay mais la vodka russe, ainsi que de manger du cœur avec du pourri (pain), on se régale mais on a vite un coup dans le nez. On va trouver un hôtel, déambulons dans la ville pour retirer des sous et faire un tour dans le marché et surtout désaouler avant de réfléchir à notre itinéraire en Géorgie.

De Chios à Denizli

Après un bon petit dèj made in Chacha nous chargeons Enselle sous la pluie, et rejoignons le port sous l’orage. Le parcours est court mais intense, nos affaires de pluie sont trempées. Arrivés à la douane nous rencontrons 2 cyclotouristes Anglais, puis nous rejoignent 4 cyclotouristes canadien, et oui nos canadiens démotivés, remotivés sont avec la soeur d’Haylain et son copain eux aussi en voyage au long court. Ils ont quelques soucis à la douane, ils ont dépassé de 10 jours la durée autorisée en Europe, conclusion ils sont banni de l’Europe pour 4ans. Nous embarquons tous les 8 avec les autres passagers sur un petit bateau, qui tangue déjà pas mal dans le port. Nous prenons la mer en rigolant du tangage qui devient de plus en plus important, mais certains passagers commencent à se sentir mal. On retrouve tous les cyclistes à l’extérieur sous l’orage, quelques uns s’amusent du vent, d’autres luttent contre le mal de mer et d’autres finissent aux toilettes (hein Chacha ?). Ce qui nous rassure c’est que nous sommes pas les seuls à être pas bien (et que nous ne voyageons pas en bateau). La traverser, qui dure 20min par temps calme, a pris une heure pour avoir les vagues de face puis de dos ( nous pensons fort aux embarcations de fortune qui risquent leur vie pour survivre). On retrouve la terre ferme, prenons un thé avec les anglais (normal), eux poursuivent leur route, nous on récupère doucement de la traversé en profitant du village et de la côte.

Le jeudi nous remontons sur Enselle pour une vrai journée cyclotouriste, enfin ça faisait longtemps. Le soleil pointe son nez, le paysage aussi, on profite ça fait plaisir, on s’arrête dans un resto de bord de route où les turcs petits comme grands s’amusent avec nos sonnettes. On repart avec un ravitaillement d’eau en bouteille, direction Urla. Arrivés les genoux de Damien tirent un peu, on cherche donc un lieu pour dormir, mais tout est trop chère. On croise un monsieur, Devrim (Révolution), qui est  warmshower et nous invite chez lui. On se retrouve donc à faire 10km de plus pour rejoindre sa maison où nous attendent les cyclotouristes Anglais (Molly et Aydan) affairés à la cuisine. Sa maison se trouve au milieu d’autres  pratiquement toutes identiques, le quartier est entouré de barbelés, avec un unique accès  le tout perché sur une colline aux falaises abruptes. Malgré cette première vision qui fait un peu peur, nous passons une bonne soirée a manger indien, jouer avec leur fille et leur voisine, discuter avec leur voisin Nevzat, chez qui nous dormons, et à écouter de la musique turque .

Le lendemain, après un petit dèj de rois préparé par Nevzat, nous nous rendons à Iztur, car  nous avons les clefs d’une maison. Nos warmshowers nous ont donné les clefs de leur maison secondaire, où des gardiens nous attendent pour nous installer. Avant nous faisons un petit détour par un village (Siganik) trés mignon avec ses remparts où nous prenons notre repas de midi. Puis rejoignons notre domicile, au milieu de maisons très similaires, avec une entrée gardée, et une belle plage. Après midi sieste, mécanique et balade sur la plage.

Samedi, le vent a soufflé toute la nuit et continue aujourd’hui. Chacha veut partir, Damien refuse le vent est trop fort, et c’est Damien qui a gagné (ou le vent). Ce sera donc journée sudoku, solitaire, lecture,candy crush entre coupée de repas et balade en plein vent sur la plage (séance massage/fouettage/gommage).

Dimanche 4 mars, nous reprenons la route, il y a toujours du vent mais moins fort. Les 20 premiers kilomètres sont des montés et descentes vent de face, on n’use pas les freins. Ces efforts creusent, nous nous arrêtons dans un bouiboui accueilli comme des rois, cela nous requinque nous repartons comme si c’était notre départ de la journée. On s’arrête faire quelques courses, enfin Chacha fait les courses, Damien s’installe avec les chauffeurs de Taxi pour prendre le çay (faut bien que l’un de nous surveille Enselle). Nous repartons pour quelques bosses sur la côte écossaise (sable noir, herbe verte, nuages noirs et vent), avec le vent bien sûr, mais il est plus joueur, de face lorsque l’on grimpe, de côté dans le changement de direction (sommet ou creux des bosses), et de dos pour les descentes. A chaque pause des gens viennent discuter avec nous, puis nous arrivons dans les derniers kilomètres du plat dans un delta que nous traversons bien sûr vent de côté pour compliquer les choses. Enfin les 5 derniers kilomètres, belle ligne droite vent de dos ça fait du bien car on en a plein les pattes. On aperçoit Ephèse, puis entrons dans la ville, on descend d’Enselle, check Mapsme pour localiser une GH (repérée il y a quelques jours), et en prenons sa direction à pied. Nous ne faisons pas 50m qu’un homme en tenue de cycliste nous interpelle et nous invite à boire le çay. On se retrouve dans un groupe de cycliste, qui nous faitt boire thé sur thé, nous réserve une chambre dans une pension, en fait c’est une association locale qui se réunit tous les dimanches pour faire du vélo. Les gens se dispersent petit à petit, certains attendaient pour nous amener à la pension, mais on l’avait déjà localisé, ils peuvent rentrer sereinement. Reste avec nous, Yuselk un organisateur de l’association (police des vélos), il nous accompagne pour aller manger, et jusqu’à la pension pour être sûr que l’on soit bien installé. On se donne rendez vous le lendemain au café pour une visite des différents sites à vélo. Nous c’est douche et dodo, épuisés par cette belle journée.

Le lendemain on retrouve notre cycloguide au café, un çay et direction la maison de la vierge Marie qui a vécu ses derniers jours dans la région. Puis la grotte des « seven sleepers » (les 7 dormants pour les non anglophones), qui est un cimetière, une église, et une planque des chrétiens persécutés. On visite ce lieu en rentrant dans une zone interdite aux touristes, mais on est avec un policier à la retraite (carte dans le porte feuille), on en profite bien pour jouer aux archéologues et comprendre les lieux. Une fois fini, on va voir le clou du spectacle Efes/Ephese est l’une des plus anciennes et plus importantes cité grecque d’Asie mineure (on vous laisse faire la recherche Wikipédia ou autre dessus). Nous on a été époustouflés par la taille du site et sa conservation, les Turcs estiment qu’il reste 150 années de fouilles et de travaux archéologiques. Tous ça sa creuse, retour en ville pour manger en passant par le temple d’Artémis aux 126 colonnes, bon il en reste qu’une que les anglais ont eu la gentillesse de laisser, les autres sont dispersées dans les musées en occident. Kebab en ville et on repart voir les ruines de la basilique de saint John, le château qui la surplombe et on finit par l’ancienne mosquée. Cay à la traditionnelle à côté de la mosquée. On pensait la journée finit en déposant Enselle à la GH, mais non, çay au quartier générale (le café), puis baklava où Yuselk et Chacha se disputent pour payer la note (à midi discrètement Chacha à payé la note et ça a vexé Yuselk), cette fois elle perd. Il nous accompagne faire des courses, reçay, et apoteke pour que chacun se pèse, on fait tous le même poids à quelques centaines de gramme près. On rentre se coucher.

Le lendemain départ de Selçuk! Ou pas… en fait notre roue libre ne fonctionne plus, elle a cassé lorsque Damien a fait essayer le tandem à notre hôte ou peut être la veille en rentrant. On envoie un message à nos amis cyclistes. Partons à la recherche d’une boutique de vélo indiquée par notre hôte. On passe par le QG, à tout hasard, et retrouvons Onur qui nous accompagne dans un magasin, réparation de fortune mais ça à l’air de fonctionner, le tout devrait tenir pour rejoindre Aydin où un nouveau moyeu nous attends. On paye en lançant le billet par terre (tradition oblige), prenons un çay, un deuxième au QG, on est invité à un barbecue pour le soir, donc on reste une nuit de plus. On va manger à midi avec Yuselk, puis çay vers le quartier de la gare pour voir les nids de cigognes (si on enlève les minarets des 8 mosquées de la ville, on est presque en Alsace) et visite de la police. On rentre au QG pour un çay (parce que ça faisait longtemps) et la déception le barbecue est annulé, on reprend donc un çay avant de se redire au-revoir, quelques larmes coulent discrètement. On finit la journée en se reposant de nos émotions, on discute avec une japonaise, un iranien qui prépare les vacances d’un groupe dans la région et notre Hôte qui a pu tester la roue libre réparée.

Mercredi 7 mars, nous reprenons notre excellent petit dèj plein d’entrain (tahin + mélasse = <3), on va pour charger Enselle mais la roue libre ne fonctionne plus (damn it !§;&)%*). Notre hôte est dégouté, nous aussi, il téléphone à la gare pour savoir si on peut prendre le train et ce n’est pas possible. Il nous conseille de tenter notre chance à « l’otogar » (un des nombreux mots empruntés au français par Ataturk, fan de langue française), ou faire du stop. A l’otogar, les chauffeurs sont plein de bonne volonté, mais ils n’ont que des minivans (dolmus) à cette saison, ils nous trouvent même un taxi qui veut bien nous conduire avec tout notre matériel mais c’est trop chère pour nous. On prend la route en se disant qu’on va faire du stop plus loin, tant qu’on pédale tout va bien. Chacha déprime, en plus il n’y pas de soleil pour la recharger (l’énergie solaire c’est bien mais ça a quelques effets secondaires), on pédale c’est plat puis ça monte, on verra plus tard pour le stop, pédaler ça nous fait du bien surtout que les pousses levés s’additionnent et le sourire revient. Arriver au col, la descente s’annonce, lieu pas idéal pour faire du stop et on en a pas envie. Deux solutions s’offrent à nous: démonter la chaine ou pédaler en freinant, on opte pour la deuxième solution car la descente est entrecoupée de plat et de petite côtes où il faudra pédaler. On règle au millimètre les frein, passons sur le grand plateau petit pignon et pédalons  dans une descente, c’est la première foie du voyage, on tente de décrocher nos pieds mais c’est encore plus inconfortable (on aura essayer de lancer la mode du tandem fixie mais c’est pas encore assez bobo). La descente se passe bien finalement pas trop longue et pas trop pentue. A midi on nous offre le çay, et nous on s’offre un repas, on repart avec des boissons offertes. On arrive à Aydin, la vraie galère commence: les feux rouges! Car quand on s’arrête, on ralentit au maximum, se décroche les pieds des pédales, et stoppons Enselle tout en « pédalant » pour éviter de casser la chaine ou autres. Puis pour pouvoir repartir il faut pousser Enselle pour remettre les pédales dans la bonne position, et tout ça pratiquement à chaque feu rouge (ils ont du faire exprès d’en mettre autant , c’est obligé), pour nous voir galérer, à tel point que certains (feu rouge) nous voient ralentir pour ne pas avoir à s’arrêter et attendent que l’on soit obliger de poser pied à terre pour repasser au vert (grrrrrr).  On finit par trouver le bike shop, regalére, le proprio ne veut que vendre, la roue libre refonctionne, en fait personne ne se comprend ( ou personne ne veut se comprendre). Le mécano est de notre côté et tient tête à son boss pour pousser le diagnostic de la roue libre et voit qu’elle ne fonctionne pas au top. Charlène s’embrouille avec le proprio sur le moyeu qu’il nous propose et diverses autres choses (serait l’exception qui confirme la règle qui veut que les turcs soient tous super gentils), Damien tranquillement communique avec le mécano. Le moyeu n’est pas aussi haut de gamme que celui qu’on a (XT et on nous propose le déore), mais il peut faire l’affaire. Pendant ce temps Chacha craque et se retrouve en larme (faut dire que le gars l’a sacrément ennervée et avec la fatigue ça fait pas bon ménage), le mécano est un peu choqué, il nous monte le moyeu en s’engueulant avec son proprio. Nous on est invité par des jeunes à boire le çay, et passer un bon moment avec eux (et ça change les idées à Chacha). On retrouve Enselle avec sa roue libre, les jeunes nous emmènent dans une pension où il nous négocie le prix. Dodo

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Jeudi direction Nazili par la grosse route qui roule bien, tant mieux car l’orage n’est pas très loin. On arrive en un temps record, le temps de rencontrer un monsieur qui nous indique un bon resto pas cher, abriter Enselle, passer commande et l’averse orageuse tombe, tombe bien, grélons et tutti quanti. On se régale de rognons et de poulet, et allons chercher au sec des baklavas et une fleur pour nos warmshowers (journée de la Femme oblige, en Turquie on offre des oeillets rouges). Des turcs nous aident à trouver l’immeuble, nous arrivons tôt mais tant mieux car ils mangent à 17h dès que leur fils (Tuna) rentre. Nous discutons pas mal de religion, nous sommes curieux, ils aiment faire découvrir leur culture ainsi que leur voyage en Europe et leur pélerinage à la Mecque. Damien décroche un peu des conversation en anglais, mais Tuna fan d’échec veut découvrir le GO, ce n’est pas pour déplaire à Damien. On passe une superbe soirée, et en plus on ne se couche pas trop tard, Chacha s’est vu offrir un foulard que l’on dira « spécial cycliste » pour l’Iran.

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Vendredi, petit dèj de rois (encore), on parle politique, d’habitude on évite mais là ça à l’air de leur faire plaisir de pouvoir parler librement. Nous quittons Khadija, Barhim nous accompagne, on lui fait essayer Enselle. C’est un autre monde pour Damien, il pédale tout seul et ça avance vite obligé de lui dire de ralentir (à croire que Chacha ne pédale pas beaucoup d’habitude). Pendant ce temps Charlène redécouvre un guidon qui guide un vélo… et bien ce n’est pas facile. Chacun reprend sa selle, Barhim nous accompagne sur 25km et il avance vite, on est au dessus de 20km/h de moyenne ( en même temps il veut participer à la transcontinentale race). C’est une course de vélo qui part de Belgique à 22h pour rejoindre la Grèce 15 jours plus tard, avec des chekpoint au dessus de 1000m, tout ça à plus de 55ans. Il fait demi tour, il en aurait bien fait plus avec nous mais c’est vendredi, il doit aller à la mosquée, encore des au-revoir (on espère) avec des larmes discrètes. Nous on repart grosse route qui roule bien pour nos 90kms, jusqu’à Denizli où nous attend un autre warmshower et des bikeshop. Damien n’a pas la grande forme une oreille le titille, Enselle non plus la roue arrière rebondit. On atteint Denizli et on doit encore la traverser (10kms avec un trafique dense), des motards nous invitent à une pause çay, on les fait bien rire. Arrêt au bikeshop qui ne nous inspire pas confiance, on rejoint Andy et Ece qui nous confirment que même si ils peuvent faire du bon travail ils en feront trop pour nous faire payer plus. On discute autour d’un repas veggan (car ils le sont, pour rappel ça implique ni laitage, ni miel ni oeufs, rien d’origine animal), et dodo nous sommes crevé Andy aussi qui est malade.

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Samedi, grasse mâtinée, Damien a vraiment mal à l’oreille donc on a passé une mauvaise nuit. Mission pharmacie (maintenant on parle turc couramment, pharmacie se dit Eczane), après un petit déj rapide (de toute façon Damien ne peut pas mâcher), pour des médicaments contre l’otite, on rejoint Andy oui il nous a laissé son appart pour dormir chez sa copine. On a le droit à un bon petit dèj veggan à 13h. Tout le monde est crevé, on rentre en passant par un autre bikeshop. On y trouve notre bonheur, puis mécanique  à l’appart, notre pneu arrière est très usé, on le change donc mais notre jante DTswiss est compliquée pour remettre un pneu. On se bat pendant un moment crevons une chambre air cassons 2 démontes pneus, on retourne au bike shop  (qui se nomme Ancell ;)). Il nous remet le pneu difficilement, mais crève aussi la chambre air, on repart avec de nouveaux démonte pneu, un pneu de rechange et une belle roue (et des rustines!!!). Damien ne va pas mieux, geekage et dodo.

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Dimanche, Damien a encore mal dormi donc Chacha pas beaucoup mieux, passage à une pharmacie pour un anti douleur et peut être d’autres antibiotiques. L’anti douleur en poche (non s’en mal), on décide de visiter le site Pamukkale. Les antidouleurs font effet et le site est magique, l’eau est chargée de minéraux qui précipitent au contact de l’air. Et cela donne une cascade effet coton sur la falaise (Pamukkale signifie château de coton), avec des vasques d’eau turquoise. Et ce n’est pas fini, cerise sur le château, au dessus se trouve les ruines d’une ville thermale, Hierapolis, datant de 190 avt JC, on a kiffé (waouh toutes les petites fleurs, c’est le printemps!!!!). Retour crevés par cette belle journée ensoleillée et cette petite nuit (certaines ayant oublié la crème solaire ont pris des couleurs, on ne nommera personne), Andy et sa copine nous emmène aux urgences pour Damien mais il y trop de monde et il se fait tard, on boit un thé et Dodo c’est déjà minuit.

Lundi, au lieu de partir, on se trouve un hôtel en fait squatter un appart nous gêne un peu, on a l’impression de mettre Andy à la rue, bien que ça fasse 10 ans qu’il voyage tout en travaillant. On dépose nos affaires, imprimons nos papiers d’assurance, et allons aux urgences car on ne va pas chez le médecin (peut être que ça n’existe pas ici). C’est bien une otite (bilatérale parce que comme ça c’est la classe), merci notre interprète (c’est la première fois qu’il rencontre des français qui parlent anglais ?!?! ), Damien est sourd, a mal au dos (sûrement les mauvaises nuits d’après Damien, la vieillesse d’après Charlène), difficile d’emmener Chacha en balade. Petit plaisir pide (pizza turc), retour à l’hôtel pour vous écrire cette article.

 

 

 

 

 

 

 

 

De Corinthe à Chios

 

Mercredi, c’est l’anniversaire de Fanny, et nous enjambons le canal de Corinthe. C’est un truc de fou, juste pour éviter de faire un détour ils ont creusé une énorme tranchée (24m de large, 50m de haut et 6km de long), transformé un bout de continent en île, et ce n’est que le Péloponnèse pas l’Afrique qu’il faut contourné. La Wheel 2 montre de plus en plus de signes de fatigue, mais aujourd’hui c’est petit plaisir une nuit d’hôtel en bord de mer au milieu de nulle part, et à peine 40km. Sur la route on entend un drôle de bruit à l’arrière, comme une sonnette, on est en descente on s’en fout, et ça recommence mais la sa monte. Ce n’est pas une sonnette mais deux, attachées aux vélos de nos canadiens déprimés de la veille. Chacha commence à papoter avec eux dans la montée, Damien pédale, heureusement on arrive rapidement à l’hôtel.  Steve et Helain (les canadiens) vont beaucoup mieux après une bonne nuit de sommeil, et le soleil qui est de retour, ils ont envies de papoter on reste à discuter 1h devant le parking de l’hôtel, ils ne sont plus aussi sûr de stopper leur voyage. En fait si ils continuent, ils perdent leurs jobs au canada mais ils ont assez d’argent pour poursuivre, donc pour l’instant ils vont en Turquie en passant par Athènes et la Crète. Nous aujourd’hui, on profite de la plage, du soleil, farniente.

Jeudi, on se pète le bide avec un magnifique petit déjeuner, puis prenons la direction de la capitale. On longe la côte, traverse une autre raffinerie (il y en a pas mal dans cette région) et ratons de quelques secondes notre traversier. Cela nous permet de faire quelques photos sur le second traversier qui est pour nous tout seul, puis nous traversons l’île de Salima, sur une route très agréable. Et rembarquons dans un autre traversier pour Athènes, il y a beaucoup plus de monde. Une chose très surprenante et pas rassurante s’est passée au moment de débarquer: pratiquement tous les motards ont mis leurs casques sur leur tête. Alors que depuis que nous sommes en Grèce, ils sont tous sans casque, on se dit que la conduite d’Enselle va être difficile. En fait non, il faut bien garder sa ligne, et comme ce sont des 2*2 voies et que la première voie sert à se garer en double file ou aux bus on a la place de circuler. Avant de récupérer les clefs de l’appartement on passe au magasin de vélo où une roue nous attend, elle est bien là, on demande ce qu’ils pensent de notre chaine et de notre cassette (on sait qu’il faut les changer). Le monsieur mécano, fait les tests et se relève en disant « vous avez un problème », on rigole et répondons oui on le sait, Enselle aura donc une nouvelle roue, une cassette, une chaine, et un moyen plateau tout neuf. On prend « rendez vous » pour le lendemain matin, en fait il nous faut un petit moment pour leur expliquer que l’on a besoin de notre tandem pour transporter nos bagages à l’appart, et qu’eux ils ne peuvent pas faire les réparations maintenant car il est bientôt 15h. Mais le mécano semble soulagé quand on lui dit qu’on revient demain matin à 9h. Maintenant direction l’appartement, on décide de suivre Mapsme pour rentrer dans le centre ville, ce sera slalom entre les trous, et les camions dans la poussière, ce sera épuisant, après courses, bière, douche, ce sera gros dodo.

Vendredi, on part tout heureux pour Enselle en direction du vélociste, puis la motivation diminue, on suit les grosses avenues mais on galère, on se perd un peu 1h30 pour faire seulement 10km. A l’arrivée on voit Enselle se faire bichonner au Kefalasbike (nom de la boutique), réglage minutieux, huilage, …, c’est drôle ça fait plaisir. Nous retournons déposer Enselle à l’appart sans rebondir sur la roue arrière, et en 30min on ne sait toujours pas pourquoi le retour à été beaucoup plus facile que l’aller. Puis direction Pirée, pour les tickets de bateau, en métro. Au retour balade au centre ville avec détendage de jambe des gardes au parlements, c’est drôle pour leur tenues (petite jupette, collant, ponpon, …) et impressionnant pour leur synchronisation dans leur lenteur de mouvement et les pauses entre les mouvements. Nous sommes claqués, en fait quand on arrête de pédaler nos corps disent dodo et miam miam.

Samedi, on rejoint Antonin (vous vous souvenez ? l’autostoppeur nantais rencontré avec son cousin à Tirana en Albanie), pour visiter le musée de l’art Cycladique, on rigole bien, apprend un tas de choses, et je crois qu’il ne restera qu’un seul truc dans nos cerveaux, a part de belles images, c’est la différence entre un jug, amphore, et hydraquelquechose (on vous laisse mener votre enquête, nous on l’a fait dans le musée). Valentin (cousin et apprenti autostoppeur d’Antonin, vous suivez ?) nous rejoint dans le musée. Nous finissons la journée par un balade, pita, apéro à l’appart et excellent restau.

Dimanche, réveil à 5h, Valentin dort à l’appart pour pouvoir regarder la finale de hockey (c’est un fan, joueur, entraineur). Problème il n’entend pas son réveil (l’appart est un studio), deuxième problème le match est à 6h en Grèce (5h en Suisse). On se rendort, puis à 6h on lance le match sur l’ordi (merci le VPN), Chacha dort, Damien dort d’un oeil puis de deux, puis d’aucun et recommence, Valentin tient bon et ne ratera que quelques minutes, mais tout le monde verra les russes marquer le but en or. C’est l’heure du petit dèj où Valentin sera impressionner par la capacité de stockage de l’estomac de Damien. Antonin nous rejoint, pour voir le hibou tagué, et visiter l’acropole, bonne surprise c’est à moitié prix (10€), ensuite petit détour par la prison de Socrate, Exarchia le quartier anarchiste (la police y est interdite), et pour nous dodo; les autostoppeurs irons voir un concert.

Lundi, mission gaz, tendeur (plus résistant que les nôtres), et piles, tout ça réaliser en un temps record. Les garçons nous rejoignent à l’appart pour récupérer linge propre pour l’un et chargeur oublié pour l’autre. Puis nous allons manger crétois en ne commandant que des plats qui ne veulent rien dire pour nous, ce sera une réussite 4 plats délicieux (dont on ne souvient que d’un nom tsiros). Pour digérer nous grimpons la colline à côté d’Exarchia, elle nous donne une superbe vue sur Athènes. Il est l’heure d’enfourcher Enselle pour rejoindre notre bateau, c’est facile c’est tout droit, mais ça circule. On assiste au coucher de soleil avant d’embarquer, on cherche une bonne banquette avec télé, table, proche des toilettes, et nous la trouvons. Bien-sûr d’autres personnes la trouvent aussi réduisant notre place pour s’allonger, Chacha capitule et choisira le sol, et Damien pourra s’allonger un peu.

Mardi 27 février, nous quittons le bateau à 4h30 du matin, la nuit fut courte. Nous zonons le long des quais, nous asseyons sur un banc, puis squattons un café pour manger un croissant au chocolat avec un chocolat chaud, et on nous offre 2 petites bouteilles d’eau. On ressort zoner sur les quais en regardant le soleil se lever derrière les nuages, un monsieur nous gronde de rester dehors alors que les cafés sont ouverts toute la nuit (et que d’après lui il fait trop froid pour rester dehors). Puis nous rejoignons l’hôtel un peu plus loin, où nous finissons notre nuit. A midi enfin 13h nous allons chercher nos billets pour la Turquie (Cesme), de quoi manger et une pita + jus d’orange pressée chacun. Au retour nous discutons avec la propriétaire de l’hôtel, qui  parle français, connait très bien Cluses et ses stations environnantes (le monde est de plus en plus petit).