De Phnom Penh à Ha Tien

Mardi 27 novembre, on commence la journée de manière peu banale on se remplit l’estomac, car il nous faut des forces. Aujourd’hui on fait les touristes, on rejoint à pied le musée du génocide. Et ce n’est pas facile, il faut se faufiler entre les Hello tuktuk, les trottoirs servant de places de parking, les emplacements de stands, et ça quand il y a des trottoirs, en résumé on marche sur la route. On arrive au musée où on nous demande encore si on veut un tuktuk pour aller au musée (?!?!), ils tentent leur chance ce qui est normal mais ils n’insistent pas on dit non merci et ils nous laissent tranquilles. Le musée est dans l’ancienne prison de Tuol Sleng plus connue sous le nom de prison S21, qui était un collège avant d’être une prison sous le régime des khmers rouges. En 1975 Pol Pot l’a transformé en prison, jusqu’en 1979 les cadres y étaient enfermés et torturés, exécutés, parfois avec leurs familles, 17000 personnes sont allés dans cette prison (seule une petite dizaine de survivants), un quart de la population cambodgienne a été tuée entre 1975 et 1979. La prison est pratiquement intacte, il manque juste les lits et instruments de tortures, mais le sol a gardé les traces du sang versé par les prisonniers dans les salles de tortures. Des photos et des témoignages montrent l’enfer que vivaient les prisonniers. L’ambiance est très pesante, mais il ne faut pas oublier que ça a existé pour pas que cela recommence (bien que cela se passe encore sur cette terre). Lors de ce génocide une délégation Suédoise est  venue visiter le Cambodge pour vérifier qu’il n’y avait pas de problèmes, et ils n’ont rien vu donc les nations unies n’ont pas levé le petit doigt pendant des années, mêmes après, ce sont les vietnamiens qui ont libéré le peuple Cambodgien. On sort du musée troublés peut être un peu moins que d’autres touristes, mais lors de notre voyage et des précédents on a visité quelques lieux comme celui là est l’on a déjà vu que l’homme a beaucoup d’imagination quand il s’agit de détruire. On va manger et rentrons à l’hôtel pour nous remettre de nos émotions.

Mercredi, on petit déjeune et allons faire un tour en ville, on fait l’impasse sur le palais et la pagode royal ainsi que le musée national trop chère pour nous. A la place on visite un temple où se déroule un enterrement puis un autre sur une colline qui a donné son nom à la ville c’est le point culminant de la ville 27 bons mètres de haut. La légende raconte que c’est une jeune fille qui a trouvé une représentation de bouddha dans un arbre, et elle a demandé aux gens de construire une colline pour que le bouddha est la meilleur place. Sur le chemin on découvre une petite embarcation, une pirogue de 87m de long pouvant embarquer 179 rameurs et qui flotte. Ensuite nous allons voir le marché Psar Thnei, bâtiment art déco français, on y mange et Chacha y trouve son cadeau de Noël (ok un peu en avance) du tissus qu’elle se fait coudre sur mesure en jupe. En attendant que la couturière découpe et couse, nous allons faire un petit tour au bord du Mékong ou du Tonlé Sap où l’on hallucine sur les bateaux transportant de la marchandise. Ils sont remplis à raz bord c’est à dire que l’on se demande comment ils ne coulent pas. On récupère la jupe puis on saute dans un tuktuk pour rentrer à l’hôtel.

Jeudi, on reprend Enselle après le petit dèj, pour sortir de Phnom Penh on prend de petites routes, ce qui rend cela plus facile et rigolo. Puis on enchaine de petites routes et chemins afin d’esquiver les 2 routes principales descendant dans le sud. Cela nous fait passer au milieu des rizières et de petits villages on s’amuse bien. Pour finir sur la route moyenne descendant à Kampot, on s’arrête à Kongh Pisey pour manger et dormir.

Vendredi, on suit la route qui nous fait découvrir qu’il y a des montagnes au Cambodge. On fait nos 50km tranquillou pépouse, on se repose à Chum Kiri après un petit tour au marché qui ne nous inspire que pour le dessert on se rabat dans un bouiboui pour manger. Et c’est bonne pioche, une soupe au bœuf excellente, de même pour le riz frit. Le soir on y retourne et c’est toujours aussi bon, en dessert des larves grillées pour moi, banana shake pour tous les deux et dodo avec les moustiques qui nous tiennent compagnie, ils sont mignoooooons.

Samedi, on rejoint Kampot, mais avant de partir on mange des bananes, puis au bout de 10km on prend un vrai petit déjeuner. On retrouve le style de personnes que l’on a croisé tout au long du voyage, on les appelle les ingénieurs, ils passent des minutes entières voir tout le temps que l’on mange à analyser Enselle et Bob, ils font le tour regardent par dessus par dessous sans nous poser aucune question, ils doivent prendre des photos mentales pour reproduire la machine plus tard. On continue sur notre route moyenne, et on commence à avoir bien chaud, on se dit qu’une fois rejoint la national 3, on va rouler plus vite et avoir plus d’air. Râté, elle est en travaux tout du long, pleine de trous, de graviers plus ou moins gros, et de la poussière, beaucoup de poussière, on ressort donc les foulards et slalomons entre les trous et les motos en se faisant klaxonner dessus par les camions. Un régal, mais ça fait un peu d’aventure, arrivés à Kampot dans l’hôtel que l’on a réservé exprès pour avoir Enselle à l’intérieur. Et bien le proprio ne veut pas qu’on le rentre avant ce soir, alors qu’ils ont répondu à notre mail par l’affirmative. On part donc manger stressés, puis on fait un tour sur l’île d’en face avec Enselle, on y croise marais salants, pécheur, … Ça me fait du bien car je n’aime pas l’ambiance dans la ville, j’ai l’impression d’être encore au temps du colonialisme. Les expatriés (ou immigrés) tiennent restaurants, hôtels, commerces, et leurs employés ils les appellent « bigboss », ou quand les cambodgiens sont un peu lèche cul, le blanc fait du violon dans leur dos, sinon l’architecture est sympa. Le soir Chacha travaille son vocabulaire anglais du mécontentement et de la colère car on ne peut pas rentrer Enselle avant 22h (ça fait un moment que l’on dort à cette heure là et à côté de là où est Enselle se trouvent bars et boîtes de nuit). Ils disent que Enselle est trop moche pour rester dans l’entrée, et que si on se le fait voler pas de problème ils nous donneront 4000 euros, c’est rassurant. On finit par gagner, on peut rentrer Enselle au pied de l’escalier, et l’on peut dormir tranquille (et Chacha a progressé).

Dimanche, on prend le petit déjeuner le plus chère du voyage, ville d’expat oblige et on quitte cette ville que je n’ai pas aimé. On rejoint Kep, et arrivons au paradis (bird of paradise), nous allons dormir dans un bungalow Khmer. On enchaine avec la spécialité du coin le crabe bleu de Kep et le calamar au poivre de kampot un régal. Pour digérer une balade de 8km dans la jungle, autour d’une colline, on y voit des papillons tout aussi jolis que grands et de petits singes. Ces 2 espèces sont très timides, elles se laissent apercevoir, voir posent, mais ne se laissent pas prendre en photo, pourtant on a essayé de jouer au naturaliste mais la patience de Chacha a été mise à mal et n’a pas résistée. Pour récupérer de cette balade on mange 2 pizzas dont une au reblochon, c’est aussi une ville avec des commerces tenus par des expatriés mais l’ambiance est plus légère et  familiale.

Lundi 3 décembre, après une bonne nuit sous notre moustiquaire au son de la jungle, un petit déjeuner convenable nous parcourons nos derniers kilomètres au Cambodge. On prend de petites routes, nous faisant passer par des marais salants et rejoignons la frontière. Les douaniers cambodgiens nous laissent sortir, ça ne veut pas dire que l’on peut rentrer au Vietnam, d’abord il faut répondre à un questionnaire sur notre état de santé et si on a une tourista on risque la quarantaine. Une fois que l’on a coché les bonnes cases, ils nous prennent la température avec un thermomètre infrarouge (heureusement que ce n’est pas un anal…), j’ai 37,5 et Chacha 37,3°c si ça peu vous rassurer, on peut rentrer au Vietnam. Le monsieur qui nous fait remplir le questionnaire nous demande timidement 2$, on refuse, il insiste un peu, on lui dit que rien n’est écrit nulle part sur la feuille qu’on a signé, il regarde, il n’insiste plus (petite déformation professionnelle peut être de Chacha). On poursuit sur 7km pour nous installer pour la nuit à Ha Tien, où l’on visite le marché, on nous offre de la noix de coco râpée et ça passe bien. Le soir on mange végétarien et ça passe bien aussi.

 

De Gwangju à Phnom Penh

Lundi 12 novembre, jour de départ, première étape nous allons à la poste pour renvoyer notre deuxième carnet d’aventures et les souvenirs qui l’accompagnent. Une dame armée nous aide à tout emballer dans un colis postal et à remplir le bon formulaire, puis la guichetière ce triture le cerveau pour enregistrer notre colis informatiquement car nous n’avons pas d’adresse en Corée et elle ne veut pas celle de l’hôtel. Nous la quittons sachant que tout a fonctionné sauf qu’elle n’a pas collé l’étiquette sur le carton… Deuxième étape, je me rase, et nous finissons de ranger les bagages. Troisième étape, notre propriétaire appel 2 taxis pour embarquer nos affaires et nous même afin de faire le petit kilomètre qui nous mène à la gare routière. On charge carton de bob, sac des sacoches, bagages à mains (une sacoche et un sac à dos) et Chacha dans un taxi, puis pour Enselle le deuxième chauffeur saute dans ça voiture et se casse, non je rigole bien que l’on ait pas essayé de le rentrer dans la voiture je vois difficilement comment on aurait pu faire. Je fais donc le petit kilomètre à pied avec Enselle dans son carton (30kg), on a bien fait d’acheter des sangles c’est plus simple pour porter le carton. Pendant ce temps, le chauffeur de taxi essaye de sous-tirer à Chacha quelque sous, mais on ne la lui fait pas, elle sait lire un compteur même coréen. Le taxi s’en va dégouté (quelque soit le pays, tous les mêmes ces taxis), moi j’arrive explosé. En attendant le bus on se fait un petit plat coréen, puis on essaye de le garder dans notre ventre le temps du trajet car le chauffeur accélère à fond puis pile au dernier moment dans un bouchon, ce qui nous rend encore plus nauséeux que dans un bateau (on est au fond du bus). On s’installe dans le terminal pour passer une bonne nuit, une dame nous aborde pour remplir un questionnaire, on accepte cela nous fait passer le temps et en plus à la fin elle nous offre une power bank à chacun!!! Bonne nuit…

Mardi, j’ai passé une très courte nuit alors que Chacha a dormi comme un bébé, elle est impressionnante, c’est une tout terrain du sommeil. On petit déjeune et allons saucissonner notre sac à sacoches pour ensuite se faire enregistrer. Tout se passe bien, on porte Enselle au bagage hors catégorie et on se fait appeler pour un contrôle de nos bagages. Un monsieur peu aimable nous montre notre saucisson de sacoche mais je ne comprend rien à ce qu’il dit. Je me fais virer, Chacha reste (pour une fois qu’un coréen parle anglais) et doit ouvrir le sac pour retirer la power bank et le rescotcher, le tout avec le sourire (ou pas)… On passe les autres contrôles sans problème, puis on décolle avec Vietnam airline compagnie très confortable, mais qu’est ce qu’il passe de pub sur les écrans. C’est impressionnant, j’ai failli ne pas pouvoir finir mon deuxième parcours de 18 trous au jeu de golf, par contre Chacha n’a pas vue la fin de son film (si elle dormait moins aussi). A Hanoï nous changeons d’avion, nous attendons juste au dessus de l’emplacement de notre avion. On peut voir tout ce qu’il passe entre le moment où l’avion atterri puis décolle et c’est ainsi que 2 personnes crient tout heureux dans l’aéroport « oh  Enselle!!!! ». On atterri à Siem Reap, petit aéroport sympathique, avant de passer les postes de contrôles il faut se faire faire un visa. On découvre l’usine à visa, 2 monsieurs récupèrent passeport et demande de visa ainsi que les sous, nos passeports passent de mains en mains des personnes pour lire les demandes, remplir les visas, coller les visa et tamponner jusqu’au dernier monsieur qui brandit les passeports afin que l’on reconnaisse nos têtes pour venir le chercher. On passe le poste de contrôle qui vérifie que l’on a un vieux passeport et un visa tout neuf, on récupère nos affaires et on retrouve un monsieur charger de nous amener à l’hôtel. Il tire une drôle de tête en nous voyant, on comprend quand on voit son véhicule, beaucoup de gens repartent en mini bus envoyé par leur hôtel, nous c’est un tuk tuk. C’est une moto qui tracte une charrette où 4 personnes peuvent s’assoir face à face, il faut charger dessus notre carton de bob, notre sac ficelé de sacoches, le carton d’Enselle, nos bagages à main ainsi que Chacha et moi. On y arrive avec Enselle qui dépasse de 1m de chaque coté, et Chacha et moi les pieds dans le vide en tenant Enselle. On arrive à bon port, et pouvons passer une bonne nuit dans le lit le plus confortable de tout notre voyage (Chamroen’s home).

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Mercredi, durant la matinée on remonte Enselle, nous refaisons nos sacoches, mettons au fond les affaires chaudes. A midi petite balade en ville au marché pour manger et trouver un T-shirt manche longue pour moi (ma chemise étant un peu trop aérée maintenant). On retrouve l’ambiance d’Asie du sud est, ça fait plaisir. Le soir on mange au night market, on boit des fruits shakes trop bon et pour finir gros dodo.

Jeudi, on se lève pas trop tard ni trop tôt, on va visiter les temples d’Angkor. Pour cela il nous faut un Enselle en forme et tout léger, de quoi s’hydrater et un pass de 3 jours. On commence par la grande boucle (46kms), on est surpris car il n’y a pas grand monde. Difficile de décrire les sensations, l’ambiance, on est dans une jungle qui a repris ses droits sur des vieilles pierres, on pédale sur une jolie route goudronnée en allant de site en site, sur lesquelles on peut grimper au sommet, si les arbres ne l’ont pas déjà fait. On s’amuse bien, en plus on peut manger des ananas frais, on pique nique au bord de l’eau, on s’amuse vraiment. Le soir repas au bouiboui du coin et dodo.

Vendredi, on recommence en faisant le petit tour (25kms), on commence par le plus grand édifice religieux au monde, Angkor Wat. On arrive au moment où tous les gens qui sont venus pour le lever de soleil s’en vont (nous on a eu la flemme), il y a donc beaucoup moins de monde. On enchaine avec Bayon Wat, où il y a pas mal de groupes qui restent en groupe donc il est facile de s’en écarter et de se retrouver un peu seuls. Ce temple est magnifique avec plein de visages, et de recoins. On fait une pause pour manger, et c’est reparti. On gravit un autre temple, il est difficile de monter au sommet car le pourcentage est important, les marches hautes et minuscules (les khmers n’ont sûrement pas des grands pieds). Cela est fait exprès pour montrer qu’il est difficile de rejoindre le paradis. On finit par un temple qui montre comment la nature a repris le dessus (celui de tomb raider) et rentrons en ayant fait un arrêt fruit shake.

Samedi, on commence la journée par une grasse matinée, on enchaine par quelques courses pour grignoter à longueur de journée sur Enselle. Pour se remettre de cette dure matinée on se prend un fruit shake, que l’on déguste au frais dans notre chambre. A midi direction les temples, on commence d’abord à reprendre des forces dans un hamac en attendant que l’on nous serve notre repas. Une fois reposés, on attaque l’ascension du coin qui commence par la face nord à l’ombre de la jungle pour finir sur la face sud ouest à la lumière du soleil, on transpire déjà bien. On a le temple au sommet de la colline pour nous tous seuls, au sommet il est indiqué qu’il limite à 300 personnes dans le temple. On profite, redescendons, explorons, donnons quelques morceaux d’ananas aux singes avant qu’ils viennent se servir eux même (oui c’est mal mais on a eu peur de l’agression), reprenons nos explorations, on s’amuse bien pour nos dernières heures sur le site. Ça vaut vraiment le coup de visiter les temples, 3 jours c’est vraiment le minimum pour visiter, il y a de quoi tenir 7 jours. On rentre, en passant devant la colline où il y a une multitude de bus, mini bus, tuk tuk, tout le monde est venu voir le coucher de soleil sur ce site (on comprend mieux la limitation à 300 pers). On s’arrête prendre notre dernier fruit shake à la dame à l’angle du pont qui à chaque fois nous fait un petit cadeau (bananes, 3L d’eau, 3ème fruit shake…) et ses fruits sont trop bons. On finit la soirée avec sandwich brochette barbecue et salade de mangue verte.

Dimanche, après une panne de réveil, nous prenons un petit déjeuner express, chargeons Enselle, et comme le dit le chauffeur de tuk tuk : C’est partie mon kiki!!!( en français dans le texte) On a décidé de prendre la route principale, donc on fait de grandes lignes droites et c’est un peu monotone. Surprise une procession à fond les décibels nous accompagne, sûrement un gros mariage vue le nombre de personnes. Puis ça se calme, et l’on croise un nombre incalculable de stand vendant des bambous remplis de riz à la noix de coco, trop bon. Nous arrivons à Dam Daek au bout de 38km plutôt sympathiques enfin de compte, bande d’arrêt d’urgence asphaltée permettant de rouler en sécurité, les voitures ne roulent pas trop vite, des villages, des stands pour manger et dire hello aux enfants, journée sympa. On la finit dans une chambre avec ventilateur, on fait un tour au marché pour manger et dodo.

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Lundi, nous nous réveillons après une nuit bof, il y a eu des coupures d’électricité toute la nuit. Sans électricité, pas de ventilateur pour ne pas trop transpirer, et les moustiques en profitent pour piquer. On reprend la route numéro 6 avec son asphalte toute neuve on roule entre 20 et 25km/h, le trafic est un peu plus important mais ça reste agréable. On croise des maisons sur pilotis, des vaches, bananiers, rizières, riz qui sèche. On stoppe à Stoung, où l’on prend une chambre avec clim, comme cela si l’électricité coupe la chambre reste fraiche. On va au marché manger, il y a des stands sur lesquels sont posés différentes marmites avec couvercle. Il faut deviner ce qu’il y a sous le couvercle pour pouvoir manger, je rigole il ne faut pas se gêner à soulever les couvercles et réclamer ce que l’on veut. Retour dans notre chambre au frais pour déguster notre dessert un ananas chacun.

Mardi, on charge Enselle et l’on va chercher le petit déjeuner. Un petit bouiboui rempli de cambodgiens nous fait de l’œil, on se remplit l’estomac pendant qu’Enselle et Bob font leurs stars, posent pour les photographes et se laissent reluquer sous toutes les coutures. On reprend la route, il fait un peu lourd et surtout chaud, quand on pédale l’air nous rafraichit mais dès que l’on s’arrête nos pores  se transforment en fontaines. On trouve une super GH avec une chambre climatisée, on sort visiter le marché où les odeurs nous incommodes. La viande fraichement découpée tous les matins qui cuit au soleil donne envie de devenir végétarien. On finit la journée soit dans notre chambre soit en admirant le coucher de soleil en terrasse.

Mercredi, on prend notre petit déjeuner au pied de la GH, on l’expédie car on est envahi d’insectes, un homme passe le plumeau dans ça voiture où les insectes squattent les moindres recoins de portière ou autre. On reprend la route principale, on observe perchés sur Enselle les scènes de vie, on a eu les jours précédents riz dans les bambous, écrasage de riz que l’on mange en porridge ou comme des cacahuètes, aujourd’hui c’est taille de pierre en mini ou énorme bouddha. La route commence à nous fatiguer, longue ligne droite où l’on file mais c’est ennuyeux, et il y a beaucoup de circulation ce jour en sens inverse. Les voitures ou les camions et surtout les bus doublent les scooters et les engins plus petit mais tout aussi chargés qu’un 18 Tonnes  parfois ils arrivent à 3 de front face à nous, on a l’impression d’être à contre sens sur une 2 voies. Heureusement qu’ils ne roulent pas si vite que ça, et ils klaxonnent toujours pour nous avertir qu’ils doublent, et nous remercient quand on leurs laisse la place mais c’est fatiguant. On s’arrête à Kompong Thnor, ville où l’on peut prendre une route rejoignant le mékong, au marché on fait le plein de fruit et testons 2 variétés de noix de coco. Je me gave tout l’après midi de noix de coco et la petite marron est vraiment excellente. On apprend que c’est férié pour 3 jours dans le pays d’où la circulation importante, c’est la fête de l’eau. Une chose unique au monde se passe en ce moment, le lac qu’on longe se déverse dans la rivière qui l’alimente, la circulation de l’eau change de sens. A Siem Reap et à Phnom Penh il y a des courses de bateaux, longs de 30m et pouvant contenir 70 rameurs. Malheureusement nous sommes entre les 2 villes et ratons tout cela, mais on peut voir les courses et les feux d’artifices à la télé…

Jeudi, on part sans petit déjeuner j’ai mal au ventre, j’ai mangé trop de noix de coco et est vraiment mal dormi. Chacha mange des bananes et on prend la direction du Mékong. Le paysage change, les gens aussi avant les enfants nous criaient dessus hello, maintenant les adultes aussi et ils nous prennent en photo, un monsieur en scooter nous stoppe pour nous photographier et grimper à la place de Chacha pour être photographié. Le paysage laisse place aux plantation d’hévéa, de bananier, … On stoppe au bout de 28km je suis claqué, la digestion des noix de coco me prend beaucoup d’énergie, je n’aurais pas du manger toute la pulpe mais c’était trop bon. On stoppe donc à Chamkar Leu où un monsieur qui dort bien nous accueille dans sa GH. On sort vite fait faire un petit tour dans la ville et manger, le soir pareil et Chacha est toute contente car elle trouve son ananas qui lui a manqué à midi.

Vendredi, j’ai enfin digéré la noix de coco et j’ai faim, par contre c’est au tour de Chacha de faire une petite tourista, notre système digestif fait un reset pour mieux apprécier la nouvelle gastronomie. On charge Enselle sous les regards amusés et techniques de nos hôtes et de leurs amis, on poursuit notre chemin sur cette petite route qui nous mène au Mékong. La première partie est un faux plat montant qui se finit dans un champ de mais (on se croirait dans les Landes sauf que les palmiers ont remplacé les pins), la deuxième partie est un faux plat descendant, on se fait un gros kiff grand plateau petit pignon on survole la route à 30km/h un régal. Puis on finit par 10km de grosse route pleine de véhicules, c’est pénible, on trouve une GH au bord du Mékong où l’on prend un bon petit déjeuner en attendant notre chambre, puis sieste et repas au Smile restaurant on le conseille (restaurant d’application d’un programme de formation pour jeunes orphelins ou issus de milieu défavorisé, si on peut dire sachant que tout le monde est pauvre au cambodge, donc pour les plus pauvres des pauvres). Re sieste et écriture d’article. Le soir on fait un tour night market pour manger, on se fait des amis cambodgiens pour le repas, on se comprend à peine mais on rigole bien.

Samedi, on monte sur Enselle mais Bob et les sacoches restent à la GH pour se reposer. On va visiter le temple de Nokor, ils ont gardé les ruines d’un ancien temple angkorien et intégré dedans un nouveau temple, le tout est très chouette en plus nous sommes les seuls touristes. On repart avec de nouveaux bracelets portes bonheur  (on espère que la roue d’Enselle va nous laisser tranquille). Pour le chemin du retour on cherche les petites routes qui nous font traverser des petits hameaux, une forêt de bambou, on finit au bord du Mékong à chercher un pont de bambou pas encore construit. On dépose Enselle à la GH pour qu’il se repose, nous on retourne au Smile restaurant on y mange trop bien. On enchaine par le marché où je me trouve de petites jupes qui me vont à merveille (si si c’est bien Damien qui écrit), ce sont des kramas, jupe, écharpe, bonnet, hamac, ceinture, tapis, bref tissu qui sert un peu à tout et très confortable que porte les hommes. On rentre à la GH pour écrire et compresser les photos de cet article et l’on finit la journée par une MUKATAAAAAAAA, on se pète le bide.

Dimanche, ça fait quelques jours que la météo nous annonce de la pluie et ce n’est toujours pas pour aujourd’hui. On roule donc au sec après un bon petit déjeuner pour moi céréales aux fruits du pays, et pour Chacha pancake à la banane. On longe le Mékong sur une route sympathique mais pas mal habitée, comme on est dimanche les enfants s’amusent dehors et nous disent bonjour (HELLO à tout va) et quand ils ne nous voient pas leurs parents leurs indiquent que nous arrivons donc c’est des Hello tout au long de la route. On fait une petite pause casse croute dans un bouiboui, où l’instituteur fermier chef du village et son ancienne élève nous aident à commander la soupe de nouille, nous font la conversation et interprètent pour les curieux qui nous regardent manger. On repart mais la route n’est plus asphaltée, il y a donc beaucoup de poussière, mais c’est sympa. On s’installe dans une sympathique GH au bout de 70km notre plus grosse journée au Cambodge. Par contre nous n’avons qu’un stand à proximité pour nous nourrir, pas grand choix surtout qu’il n’y a qu’une seule casserole. Au moins Chacha ne me trimballe pas de stands en stands à soulever des couvercles pour être sûre de prendre ce qui lui fera le plus plaisir, pour finir par lorgner sur mon assiette (même pas vrai).

Lundi 26 novembre, on se réveille à 5h45 comme d’hab mais il pleut des cordes. Enfin les prévisions météo ont fini par voir juste (c’est la première fois que le site YR se trompe durant notre voyage). On profite pour squatter le lit et nos ventres nous disent tant pis pour la pluie on a faim, on charge donc Enselle mettons la capuche mais la pluie se calme on avance sans se faire trop mouiller et nous arrêtons au premier stand contenter nos estomacs, nos papilles et les curieux. On rattrape la nationale, on hésite à traverser le Mékong pour prendre de petites routes qui risquent de na pas être asphaltées et être des bourbiers. On reste donc sur la même rive mais prenons une petite route juste au bord du Mékong. C’est un plaisir, on traverse de belles flaques d’eau, des marchés, des temples, des villages, on longe des murs surmontés de fils barbelés qui cachent des villas luxueuses pour finir dans un village de pécheurs Cham (ethnie musulmane, moins de 10% de la population, 90% étant khmer) où les enfants se jettent sur nous pour nous réclamer des dollars. On monte sur le traversier, et l’on navigue quelques minutes pour rejoindre le centre ville de Phnom Penh. On roule encore un peu au milieu de la circulation qui n’est pas aussi terrible que prévue et arrivons avec 3h d’avance à la GH. On leur laisse Enselle et Bob, allons manger, faire un tour au centre commerciale pour trouver du chocolat le tout sous une pluie diluvienne qui nous aura été épargnée sur tout le trajet en vélo. Retour à la GH qui nous fait patienter encore un peu et l’on peut enfin prendre une douche plutôt chaude, finir d’écrire l’article, charger les photo et dodo.