De Hué à Keh Sanh

Mercredi 2 janvier, nous nous réveillons tous avec la même sensation cette nuit le train a heurté quelque chose. Nous prenons le dernier petit déjeuner tous ensembles, puis faisons des mots croisés faciles tous ensembles où la belle mère de Chacha essaie de ne pas trouver la bonne réponse trop rapidement car nous on ne trouve pas. Puis vient l’heure des aux revoirs, certaines ont les larmes aux yeux d’autres ont le sourire aux lèvres, on retrouve la liberté. Sur le quai de Hué il y a plus de touristes que la dernière fois, et il pleut toujours. On laisse les taxis aux autres touristes nous on rejoint l’hôtel à pied, on en profite pour se ravitailler, et l’on retrouve Enselle et toutes nos affaires, ça fait plaisir. On discute avec le propriétaire et sa famille, on s’installe dans notre chambre, et affrontons pour la dernière fois de la journée la pluie pour manger et compléter le ravitaillement. Le reste de l’après midi se passe en geekant, et en écrivant le précédent article.

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Jeudi, petit déjeuner au lit, il pleut toujours sauf qu’il fait tellement humide qu’il pleut aussi dans la chambre. L’eau se condense au plafond et goutte, je profite de la matinée pour revoir toute la visserie d’enselle, le nettoyer, le graisser, et regonfler les pneus de même pour Bob afin qu’il n’y ait pas de jaloux. J’enchaine avec le repaquetage des sacoches et l’écriture du blog, pendant ce temps Chacha récupère de ces 3 semaines où elle a cumulé le double emploi agence de voyage et guide, ça l’a lessivé (mais ça lui faisait plaisir). Le soir on sort acheter des friandises pour l’équipe de l’hôtel qui a du jongler avec nos affaires pendant 2 semaines et l’on craque pour de belles pizzas.

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Vendredi, c’est reparti, on a défini notre itinéraire pour rejoindre le Laos et trouvé différents lieux pour dormir sans faire trop de kilomètres par jour. Il pleut toujours, mais on a nos chapeaux recouverts d’un sac plastique pour se protéger. On emprunte de petites routes en direction de Quang Tri et le long de la côte, on longe des rizières inondées, parfois il n’y a juste que la route qui ne soit pas sous l’eau. Et comme cela devait arriver la route est aussi sous l’eau, les locaux nous indiquent la route pour contourner cette inondation. Pour ajouter de la couleur à cette journée grise, nous dépassons de nombreux tombeaux immenses et de toutes les couleurs c’est magnifique. Nous atteignons le village où nous pensions pouvoir dormir, mais il n’y a pas d’hôtel, au Vietnam il est interdit de dormir chez les gens (jamais ils nous ont invité chez eux, juste à boire un coup au café) et il est aussi interdit de faire du camping sauvage. Avec Chacha il faut respecter la loi, je ne sais pas si l’on risque grand chose de camper mais je sais que je risque de vraiment mal dormir dans ces conditions (Chacha stressée et toute mouillée). Il nous reste 2 solutions, rejoindre la grosse route où il devrait y avoir un hôtel, ou rejoindre la prochaine ville où il y aura plusieurs hôtels. On choisit la deuxième bien qu’il faille pédaler 30km de plus, mais les petites routes sont vraiment plaisantes bien qu’humides et ça fait du bien de pédaler. On arrive à destination (Quang Tai) et trouvons une chambre à notre gout mais c’est toujours aussi humide, les murs sont recouverts de gouttelettes. On sort manger et dodo, le réceptionniste se casse la tête pour que l’on ait internet puis l’eau chaude, c’est vraiment sympa de sa part mais on veut juste dormir.

Samedi, on démarre sous la pluie et avec un pneu crevé, changement de chambre air et c’est parti. On prend les petites routes en direction des montagnes, faisons un détour pour voir un cimetière militaire, non on a juste loupé le carrefour. On empreinte une piste gadoueuse, les roues ne s’enfoncent pas trop par chance. On rejoint un barrage, je vois du goudron qui longe le barrage menant à l’autre bout où il y a une piste. Chacha me certifie que notre piste tourne à droite et que l’on doit rester dessus, je la suis les yeux fermés, la piste descend remonte et se dégrade beaucoup, des ornières se sont formées grâce aux voitures, on est obligé de pousser, la boue est montée à mi sacoche avant. Le tout pour finir par pousser sur une pente à plus de 15% goudronnée, avec des chaussures pleines de boue et la cale (partie qui se fixe à la pédale) qui glisse, menant à l’autre bout du barrage. On a galéré 20min dans la boue, alors que l’on aurait pu rouler 2min tranquille en profitant du paysage (ah l’amour). On reprend la route qui reste une piste mais roulante pour finir sur une belle avenue nous menant directement au gros hôtel de Dong Hà. On est monté d’une classe car on est fatigués, et on en a marre d’être toujours mouillés. On va manger du gras à la COOP, faisons des courses et repos, Chacha est épuisée.

Dimanche, le réveil sonne, re sonne, rere sonne, et finit par plus sonner. On est toujours au lit, on est claqué, ces 3 semaines nous ont plus fatiguées que l’on ne le pensait. On se prend une journée off, on sort juste manger, on finit le précédent article. Chacha a un gros coup de cafard, elle aimerait rentrer en France, le truc c’est que cela fait plus de 10 jours que l’on n’a pas vue le soleil. Et cela joue beaucoup sur son moral, en plus de la fatigue et d’avoir requitté sa famille qu’elle ne peut plus voir avant quelques mois. Le soir Chacha s’endort les larmes pleins les yeux, c’est un moment difficile à passer.

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Lundi 7 janvier, on s’est endormi tard, le moral toujours au plus bas. On fait les marmottes, on ne sort pas de la journée. On regarde la météo des prochains jours, je sais qu’au Laos on devrait retrouver le soleil et donc une Chacha qui va mieux mais faut atteindre le Laos. C’est à dire passer une petite chaine de montagnes qui retient les nuages, cela peut prendre 1 jours voir 2. Pour le lendemain, ils prévoient une petite pluie, des nuages et du soleil. On se repose et nos affaires pendent dans la chambre depuis que l’on est arrivé commence à être sèches ça fait plaisir. On se rendort plein d’espoir de voir le soleil le lendemain.

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Mardi, cette fois on décolle après avoir bien petit déjeuner. Objectif Keh San à un peu plus de 60km avec un peu plus 400m de dénivelé positif non cumulé. On commence la journée sous les nuages sans la pluie, les gens sont toujours aussi sympa, et dans les vallons nous découvrons une autre ethnie du Vietnam avec des maisons en bois sur pilotis et des habits colorés. La route monte et descend, une bruine nous tombe dessus mais on a aussi du ciel bleu et du soleil, on se fait plaisir à pédaler. On atteint les 10 derniers kilomètres où l’on doit grimper les 400m, et ça ne grimpe toujours pas. Cela fait peur car plus on avance sur ces petites pentes, plus celle qui va nous mener au col sera intense. Et c’est ce qui se passe, une jolie bosse en plein soleil, les camions galèrent à la passer et nous aussi. On parvient à la passer, on avance sur une arrête plateau habité, il nous reste 3km et 100m à grimper sauf que les 100 on les monte sur moins d’un kilomètre et je n’en peu plus. J’ai du prendre un coup de chaud, car je me sens vidé, Chacha trouve comme unique boisson rafraichissante sucrée non alcoolisée du coca que je bois!!!! (je n’aime vraiment pas le coca, pour dire comme ça va pas). Au bout de 10min mon cœur n’est redescendu qu’à 120BPM, je décide donc de repartir en poussant. On passe le plus gros et remontons sur Enselle heureusement que le soleil a rechargé les batteries de Chacha. Au sommet c’est la récompense, beignets de banane et une GH super accueillante, on a le droit à 2 bananes chacun et un bon thé d’accueil. Je me fais une gourde avec des sels de réhydratation et tout rentre dans l’ordre. Mais cela m’a pris un moment, pendant ce temps chacha veut profiter du soleil et lave donc nos sous vêtements pensant que ça va sécher vite fait bien fait mais il y a toujours autant d’humidité (ma chemise devenue blanche de sueur, je la récupère le lendemain complétement mouillée par l’humidité). On se repose puis on sort manger tout en visitant la ville, c’est notre dernière soirée au Vietnam demain on rentre au Laos.

3 réflexions sur “De Hué à Keh Sanh

  1. Gérard SAUBION 28 janvier 2019 / 11 h 55 min

    Bravo au narrateur pour ce moral à toute épreuve digne d’une éponge à essorer toute l’humidité ambiante !

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    • Vanou 28 janvier 2019 / 22 h 08 min

      Papa t as tout dit 😊
      Courage à vous
      On pense fort à vous et on vous embrasse très fort comme on vous aime ❤️

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  2. maman 28 janvier 2019 / 13 h 10 min

    et encore une fois un grand merci !
    je vous embrasse de tout mon coeur

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