X Games Nomades

Lundi 3 septembre, après de bon bols de céréales nous mettons nos sacs sur les dos directions la gare routière. On pense prendre un taxi c’est normalement 80 som d’après le personnel de la GH, premier taxi nous propose 400 som on lui dit 100 refus de sa part et de la notre. On continue à pied, un autre taxi nous propose de nous emmener, on lui indique notre destination il demande 350 som, on lui propose 100 encore un refus. Toujours à pied, on voit un taxi garé, on lui demande s’il peut nous emmener à la gare routière pour 100 som, il accepte. On arrive au mini bus tout de suite des chauffeurs nous propose de nous emmener à Cholpon Ata (ville des jeux, car il y a beaucoup d’hôtel et les infrastructures financées par gazprom). On paye 560 som à 2 pour moins de 4h de route, autant que ce que les taxis nous demandaient pour 4km. Nous tombons sur un bon chauffeur qui roule pas trop vite, mais ça nous fait mal au cœur de voir des cyclotouristes sur la route. Arrivés en ville on va chercher notre chambre réservée, mais on se trompe de pension, pas de problème la fille de l’accueil nous indique la bonne pension, grâce à cela nous avons le droit à un raccourci. On s’installe, allons chercher à manger et squattons la chambre car franchement sans Enselle on se sent pas bien. C’est simple je rêve beaucoup que je suis en train de pédaler avec Chacha dans de drôles de mondes. En fin d’après midi on va voir la plage, le lac, c’est impressionnant les installations : plongeoir, parachute ascensionnel, bancs ombragés, pédalos, scooter des mers, on voit que les russes aiment venir en vacances ici. On retourne à l’hôtel et dodo.

Mardi, petit déjeuner express car on veut voir à quoi ressemble ces jeux. Direction, à pied, l’hippodrome aujourd’hui il y a une course de 80km à cheval et 3 matchs de kok boru. Ce sport ce pratique à cheval et par équipe, 2 équipes de 4 cavaliers s’affrontent. L’objectif est de jeter une chèvre (morte, elle est mangée à la fin du match), je crois sans tête ni pattes (4 moignons dépassent), dans un genre de piscine ronde (haudron) hors sol et sans eau bien que des cavaliers se soient jetés dedans avec la chèvre. Le match se déroule en 3 tiers temps de 20min, les cavaliers se débrouillent comme ils peuvent pour ramasser la chèvre, qui semble peser 20 tonnes  pour certaines équipes et 20g pour d’autres, elle fait une 20aine de kilo, pendant que d’autres font du cheval tamponneuse. Une fois qu’un cavalier a la chèvre il part au galop s’il arrive à s’extirper de la meute, mais les adversaires font tout pour lui arracher la chèvre, ou le pousser hors des limites du terrain. Quand cela arrive on pose le chèvre au milieu d’un des 3 cercles (le plus proche de la faute) où 2 cavaliers s’affrontent pour ramasser la chèvre. Oui il y des fautes en plus des sortis, on les voit se bousculer, s’arracher la chèvre, cravacher et tirer les rennes du cheval adverse, mais il est interdit d’attraper l’adversaire la sanction est 2min (qui peut durer 1min ou 4 min suivant si l’arbitre fait la sieste). Le premier match, la Mongolie (ceux que l’on supporte) affronte je sais plus qui, les 2 équipes ne se font aucun cadeau on assiste à plusieurs chutes de cavalier et de chevaux. La Mongolie gagne 1 à 0, lors de ce match on commence à comprendre les tactiques et que les chevaux en plus d’être dociles pour pouvoir se jeter dans les meutes, savent faire pas mal de choses comme marcher sur le côté tout en s’appuyant sur le cheval adversaire pour le repousser (ils sont hyper bien dressés). Et si le cavalier le demande ils n’hésitent pas à rentrer dans les chevaux concurrents, on a vu un sauvetage de but où le cheval rentre sur le flanc d’un autre cheval pour le renverser et l’empêcher de marquer. Après ce match très tactique, on assiste au match Krasnoyark (ville sympa en Russie pour faire de l’escalade et se balader) contre les américains. Les USA (qui sont faciles à reconnaitre dans ces jeux, ce sont les seuls qui ont des habits avec écrit USA et drapeau américains sur tout leur vêtements, les autres team sont beaucoup plus discrètes) se prennent une sacrée raclé (17 à 3) mais c’est le match le plus drôle de la journée. Ils galèrent vraiment tactiquement, techniquement, les tribunes sont hilares, leurs adversaires les aident à marquer leur premier point. Mais tout le monde finit par les encourager, par contre à la fin ils ne remercient même pas le public, pourtant ils l’avaient dans la poche. Le dernier match est celui que l’on attend le plus car la France participe (https://fr.sputniknews.com/sports/201809121038063423-equipe-france-kok-boru-world-nomad-games/) , elle joue contre une région du Kazakhstan. Et à notre grande surprise, la France se débrouille bien, maintenant que l’on a compris les bases de ce sport, on peut dire que l’équipe de France bien qu’elle n’ait pas beaucoup de remplaçants joue plutôt bien. Tactiquement, elle est en place, techniquement ça va, en fait le plus gros problème c’est qu’ils n’arrivent pas à soulever la chèvre. Pour palier à ce problème, ils sont roublard, ils laissent l’adversaire soulever la chèvre pour lui piquer avant qu’ils aient eu le temps de l’installer sous une jambe pour la protéger. La France se débrouille bien, défend surtout bien, et arrive même à être dangereuse en contre attaque, mais ils n’arrivent vraiment pas à contrôler la chèvre sur leur cheval. Ils peuvent être au galop seul, prêt à marquer et laisser tomber la chèvre. Beaucoup ont cru à l’exploit et voir la France mener 1 à 0 (surtout nous), mais au 3éme tiers temps un joueur français se prend 2min qui dure un peu plus car l’arbitre ne sait pas si les 2min sont passées ou pas, c’est le speaker qui lui dit en anglais et en Kirghize de rentrer sur le terrain. Durant ce temps, les adversaires profitent de leur supériorité numérique pour marquer 2 points. Mais on voit une équipe de France heureuse d’être là et de pratiquer ce sport, à la fin du match ils nous offrent un défilé devant les tribunes au galop très impressionnant. On quitte l’hippodrome un peu déçu que la France a perdu, avec des images de fou incrustées dans nos cerveaux. J’oubliais le 80km, pendant tout ce temps des cavaliers passent devant nous, certains au trot enfin je crois, d’autres au pas. Et une (la numéro 11) à chaque fois qu’elle arrive au niveau de la sono son cheval ne veut plus avancer, elle doit descendre et le tracter tout le long des tribunes avant de pouvoir remonter dessus. On enchaine dans le gymnase pour voir de la lutte qui nous intéresse pas vraiment, on regarde un match et on s’en va voir un drôle de sport. Deux personnes s’affrontent assis par terre, face à face avec une planche qui les sépare sur laquelle ils prennent appuie avec leurs pieds. On leur donne un bâton de 30cm, un pour deux, donc ils l’attrapent tous les deux, un arbitre fait bien attention à ce qu’ils positionnent bien leurs mains et que le bâton soit bien à la verticale de la planche. Une fois que tout ça est bien en place, l’arbitre siffle et les concurrents tirent sur le bâton afin de l’arracher ou de faire basculer l’adversaire au-dessus de la planche. Cela se joue en 2 manches gagnantes, par catégorie de poids, et ce sont de beaux bestiaux. On essaye de voir deux trois manches et on rentre faire dodo. J’oubliais encore, trop de choses se sont passé cette journée, il y avait aussi du spectacle dans les tribunes. J’ai pu porter un aigle et c’est lourd, beaucoup de personnes sont venues habillés en habit traditionnel. Et le plus drôle dans une tribune un caméraman film le public en gros plan, et les gens se voient dans les télés ce qui fait que le caméraman est prit d’assaut par les gens qui veulent être filmés. Cela nous a fait bien rire, un peu moins quand les gens nous ont vu et on voulut être filmé avec nous, et encore moins quand les gens ont dit au caméraman que l’on est français, ce qui fait que la caméra est restée bloquée sur nous tout le premier tiers temps du match de l’équipe de France, on s’est enfuit avant le deuxième tiers temps dans une autre tribune.

Mercredi, on file à Kyrshyn, après le petit dej bien sûr, car là bas se trouve une bonne centaine de yourtes dans une jolie vallée. On peut y trouver des chevaux taxi (pour de vrai), de magnifiques yourtes, de la musique traditionnelle, de la fabrication de feutre et tapis en feutre, Ordo, tir à l’arc traditionnel et tir à l’arc sur cheval. En descendant du mini bus on esquive le taxi cheval, on rejoint les yourtes et l’on traverse les campements pour voir les archers sur leurs chevaux. On a eu du mal à les trouver, bizarrement ils les ont mis dans un trou pour que les flèches perdues ne blessent personne. Avant de voir les archers, nous découvrons un drôle de sport (ordo), au milieu d’un grand cercle sont disposées des petites vertèbres de 2 couleurs. Deux équipes s’affrontent en essayant de faire sortir du cercle les petites vertèbres avec leurs grosses vertèbres, d’abord les joueurs jettent les grosses vertèbres depuis l’extérieur du cercle dans le tas de petites vertèbres. Puis une fois que les petites vertèbres sont dispersées, les concurrents frappent les petites vertèbres avec la grosse vertèbre sans se casser les doigts au sol. Chacha perplexe devant ce sport m’interrompt dans mon étude des règles et tactique (bref c’est une pétanque quoi). On passe donc à l’échauffement et prise de marque des archers à cheval, au départ nous sommes collés à la piste mais les organisateurs trouvent cela un peu dangereux. Ils nous font donc reculer, puis ils nous mettent un fil pour que l’on avance plus, dommage… On fait de belles photo avec notre téléphone car on a oublié le chargeur de l’appareil photo à Bishkek et on a plus de batterie. On attend que la compétition commence et les concurrents canadiens attendent de connaître les règles (?!?). C’est donc les règles kirghize, les participants de chaque équipe doivent échanger de cheval après leur passage, et ça ne plait pas au canadien qui pense à échanger les selles des chevaux. La compétition met du temps à démarrer ce qui entame beaucoup la patience de Chacha, on bouge donc. On passe de campement de yourte en campement de yourte (rangés par région), on fait de la balançoire traditionnelle (qui donne le mal de mer), esquive les chevaux, apprend comment on fait un tapis de feutre et surtout on découvre le prix des yourtes. Un peu plus tôt dans la semaine nous avons croisé un couple qui nous dit que le prix d’une petite yourte kirghize (qu’on trouve très jolie) coûte 6000som soit un peu moins de 90euro. Dans nos têtes c’est l’emballement, on s’en voit en acheter une toute équipée, l’installer dans le camping de maman Chacha. On se renseigne donc sur les prix de ces immenses yourtes et l’on découvre que le prix n’est pas en som mais en dollars et qu’une petite yourte ne coûte pas 90 euros mais 6000 dollars (ça parait logique). On redescend sur terre, la yourte ce n’est pas pour aujourd’hui mais elles sont trop belle… Sur cette déconvenue nous rentrons à l’hôtel.

Jeudi, retour à Bishkek dans la GH Sakura où on se sent comme à la maison. Dans le mini bus nous, où nous sommes les seuls touristes, on sent comme une odeur d’alcool assez forte et il n’est que 9h du matin. Un passager, le mari et le père de 2 enfants est bien imbibé. Au départ, il n’y a que l’odeur qui dérange, à une pause on doit l’attendre car il a disparu ce qui énerve le chauffeur. On repart, et l’on refait une pause cette fois ci plus longue pour que l’on puisse faire pipi et grignoter. On repart, cette fois ci au lieu de s’installer tout seul notre alcoolique se pause entre sa femme et son petit garçon. Sans comprendre ce qui se passe en parlant à son fils il monte le ton et finit par l’engueuler, sa femme le reprend et il l’engueule aussi. Il recommence sur son fils, sa femme le rereprend pendant se temps la grande sœur échange de place avec le fils et une femme intervient. Et là c’est partie, il gueule sur cette dernière et sur les autres femmes qui le reprennent aussi, juste sa fille s’interpose et ne se fait pas engueuler. Le chauffeur est obligé de s’arrêter pour le calmer (c’est le seul homme qui ouvre la bouche pour reprendre l’alcoolique), cela marche un moment mais il continue de grogner puis de râler sur le chauffeur et le ton remonte. Cette fois ci je crois qu’il propose de prendre un taxi, le chauffeur n’hésite pas à stopper le mini bus et la famille descend. Le temps qu’ils sortent les bagages et le ton monte très haut et ils en viennent aux mains c’est le petit qui sépare les adultes. On finit la dernière heure de trajet au calme bien que l’une des dames à avoir dit ces 4 vérités à l’alcoolique c’est fait reprocher par certains hommes de l’avoir ouvert. Merci l’ex URSS pour l’alcool. Durant notre voyage on a jamais vue autant de personne bourrées, un gars qui rentre dans un petit commerce et qui renverse tout le comptoir car il ne tient plus debout, des gens qui titubent à toute heure de la journée. Quand ils ouvrent une bouteille, ils doivent jeter le bouchon… A la gare routière, on cherche un taxi pour rentrer à la « maison », on nous propose 400 som réflexe on rigole (c’est plus chère que le minibus). On trace notre route, on trouve un autre taxi 200m plus loin là c’est 250 som, on est sur la bonne voie mais ce n’est pas encore ça. On continue à pied 100m plus loin on nous propose 100 som on accepte c’est encore le prix touriste mais on ne va pas chipoter pour quelques centimes d’euro. On est dans notre chambre, devant notre ordi, à chercher des adresses en Corée pour nous faire envoyer notre moyeu car on ne peut pas le recevoir avant.

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