Samarcande à Dushambé

Lundi 30 juillet, on quitte comme des sauvages notre GH, il faut dire que nos compères cyclistes ont fêté notre départ toute la nuit. On rejoint tranquillement la frontière, qui se passe… tranquillement, en fait dès qu’ils voient notre vélo ils sont découragés pour nous fouiller. En plus la France est championne du monde de football (si vous aviez oublié), donc les questions se font surtout sur les joueurs, il vaut mieux bien connaitre son équipe. On continue notre route, pas trop dépaysés mais les montagnes se font de plus en plus proches. La reprise est difficile, mais on fait quand même 64km pour trouver une jolie GH à Penjikent. Nous voilà au Tadjikistan avec sa route du Pamir qui nous fait rêver, problème on vient d’apprendre l’attentat contre des cyclistes sur la route que l’on voulait prendre.

Mardi, on reprend la route un peu tard car Chacha veut à tout prix profiter de la carte sim gratuite au Tadjikistan. Par contre le temps pour l’activer est très long. Il fait toujours aussi chaud mais les montagnes sont de plus en plus proches (si si). A chaque village les enfants nous encouragent, courent à coté de nous, cela contraste avec le drôle de sentiment que l’on ressent lorsque des voitures nous doublent d’un peu trop près. Vers 13h, nous faisons une pause à l’ombre pour manger et j’en profite pour faire une sieste. Pendant ce temps Chacha se fait des copines, et boit le thé. On reprend la route après cette bonne pause, toujours avec un petit frisson quand une voiture est trop proche de nous ou fait crisser les pneus, et le sourire au lèvre quand les enfants nous font de grands hello. Un peu plus loin nous cherchons un coin pour dormir, on nous propose une salle pour refaire une sieste d’une heure, on en profite, en plus on a le droit à des pommes. Au village suivant on s’informe pour trouver un joli coin pour planter la tente, on nous ouvre naturellement une salle attenante à la mosquée où les moutons et les chèvres sont en train de tondre la pelouse.

Mercredi, on commence à reprendre le rythme. On se lève un peu plus tôt, et roulons à la fraiche. La route se fait plus montagneuse (encore), on monte et descend tout du long, quand on traverse les villages les enfants nous font des « give me five ». Certains on plus de chance que d’autres, pas que certains sont snobbés, juste que nous sommes en descente et que les mains se frappent un peu plus fort, des petits cris de douleur se font entendre. Avec la montagne, nous redécouvrons le plaisir du suspens de ce qu’il y a derrière le virage ou la côte, mais aussi Chacha retrouve la sensation du vide. Ce qui donne « Damien ne roule pas trop à droite », et je réponds « on est déjà à contre sens ». Arrivés à Ayni, on fait 2 3 courses, enfin Chacha se fait plaisir pendant que je tiens compagnie à Enselle, Bob et une dizaine de personnes qui tiennent à ce que l’on dorme chez eux. Trop de monde d’un coup, je n’attends qu’une chose que Chacha revienne et de fuir cet attroupement. La police nous dégage la route, et l’on trouve un petit hôtel pas chère, ils nous ont fait un prix si l’on mange dans leur resto (ça nous revient pour rien) et nous sommes au départ de notre premier col avec son tunnel de la mort. Ce tunnel mesure 5km sans aérations avec un peu de lumière depuis peu, il est prévu que l’on fasse du stop à son entrée.

Jeudi, super motivés nous sommes prêts pour une belle ascension. On traverse un pont, attaquons une belle cote et remontons une rivière. Le décor, sur notre gauche une falaise, sur notre droite un précipice plongeant dans un torrent, et un peu de circulation m’empêchant de rouler au centre de la route comme la veille. Autant vous dire qu’à l’arrière c’est un peu tendu, voir plus. Je trouve qu’elle respire bizarrement, on fait une pause, elle prend un peu sur elle, on repart. Je la sens toujours pas bien derrière moi, je lui dit « tu pleures? », elle me répond « sniff nnnnon ». Je pousse un peu, mais ça ne va pas vraiment pour Chacha, on s’arrête et elle craque, une crise de panique mélangée avec l’envie de faire ce col. Mais dès qu’elle regarde la route, elle voit le vide et le bouillon en-dessous et elle est paralysée. Je tente de faire du stop, mais toute les voitures sont pleines. Je propose donc que l’on redescende on sera du bon coté de la route et en bas on trouvera plus facilement une voiture. Partagée entre son orgueil et sa peur elle finit par dire ok on redescend. Elle se détend sur la route mais sa fierté en prend un coup. Arrivés au point de départ, les taxis se font un plaisir de négocier le prix du trajet avec nous, on trouve un accord entre le prix le plus bas et la voiture la plus grande qui peut accueillir toutes nos affaires et un autre tadjik. On reprend donc la route dans un taxi, Chacha contrôle le chauffeur en le faisant ralentir. A un moment elle regrette de ne pas avoir passé la gorge sur Enselle, puis vient la belle dernière grimpette où là elle ne regrette pas d’être en voiture car c’est vertigineux. On passe le tunnel, puis descendons sur Dushanbé où l’on traverse un tas d’autres tunnels (24 au total) et un village rempli de piscines privées (ce serait un village financé par la traverser de l’opium dans le pays). On remonte sur Enselle à Dushanbé, pour traverser la ville et retrouver les Espagnols et les Belges Valentin et Elodie à la GH. On s’entend avec les belges pour prendre un autre taxi pour Khorog, afin d’éviter la zone où il y a eu l’attentat. On discute, et allons nous coucher sachant que demain on va faire un tour à Auchan!!!!!!!

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Vendredi, avec Valentin (qui fait de superbes photos, à voir sur internet https://www.unsacadossurlaplanete.com/ ), nous allons chercher et négocier un taxi pour le lendemain matin afin de rejoindre Khorog en 2 jours. Valentin par ses nombreux voyages se révèlent comme un terrible négociateur pire que Chacha. Shadi se révèle le meilleur prix, et le personnel de notre GH n’en revient pas du prix. Mais avant de confirmer, nous attendons la décision d’Élodie, pour cela nous allons à Auchan faire des réserves supplémentaires pour la Pamir, et manger des burgers. Au retour Élodie confirme qu’elle vient, on peut réserver le taxi. On passe la soirée à discuter et à filtrer de l’eau. Demain direction la Pamir, un rêve qui se réalise…

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Une réflexion sur “Samarcande à Dushambé

  1. Maman 23 août 2018 / 12 h 41 min

    Excellent 🤗

    J'aime

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