De Alat à Samarcande

Jeudi 12 juillet, on se lève aux aurores, enfourchons Enselle au lever du soleil pour rouler sous des températures plus clémentes. On avance bien, les 30 premiers kilomètres en moins de 2h. Puis on reprend un rythme plus tranquille, c’est à dire que l’on s’impose une pause tous les 10km pour grignoter, boire un coup et en plus on trouve de l’ombre. Le paysage est toujours aussi lassant, le vent est moins fort, mais la température s’élève toujours au fur et à mesure que l’on avance. A 11h nous sommes arrivés à Boukhara (prononcé bourara), nous y retrouvons François un français que l’on a rencontré en Cappadoce (celui qui nous a fait chercher l’eau gazeuse partout dans une vallée alors qu’il y en avait dans les bars), Kim et Jasper les hollandais en land rover. On rencontre 2 canadiens cyclistes dont un qui a bien choisi son partenaire car ce dernier est mécanicien vélo. Loïc nous rejoint (la fusée à vélo qui roule de nuit), et profite du mécanicien pour réparer son moyeu qui frotte, nous allons tous ensemble manger au resto, puis dodo.

Vendredi, on prend un bon petit déjeuner, puis allons visiter la ville, on en prend plein les yeux. Plein de belles pierres, la chaleur nous ramène à l’hôtel. Je fait une bonne sieste, Chacha s’arrache les cheveux et puis enchaine sur les autres poils qu’elle trouve car internet fonctionne très mal et elle n’arrive pas à faire nos e-visas Tadjik. On papote avec des français, on enchaine avec un resto et dodo.

Samedi, on enfourche Enselle, François qui n’a pas dormi de la nuit enfourche Zorba. On va rouler ensemble quelques jours, ce matin on rejoint un lac où l’on va pouvoir se baigner. Vers 9h nous sommes sous une cahute, au bord du lac, avec les mouches. On fait trempette, essayons de dormir, les mouches s’amusent à nous chatouiller, on finit par monter les moustiquaires qui nous protègent des mouches et du vent rafraichissant. C’est le gros dilemme mouche et pas de vent, ou petit vent et mouches, heureusement d’autres personnes arrivent ce qui réparti les mouches et le vent forcit ce qui les chasse. On peut enfin faire la sieste entre les baignades. Vers 17h30 on reprend la route, on parcourt 10km, passons un croisement de canaux et stoppons car la roue arrière est à plat. On pose une rustine, ça ne fonctionne pas, on change de rustine, ça ne fonctionne toujours pas, on change de chambre air et on re-crève. Pourtant on ne trouve rien dans le pneu, on pose je ne sais combien de rustines, montons démontons le pneu à plusieurs reprises, mais il y a toujours de l’air qui s’échappe, nous passons toutes nos chambres air sauf une qui a une valve française. Le soleil est couché, nous sommes toujours en train d’essayer de trouver une solution, on pense que les rustines ne prennent pas (la colle) car il fait trop chaud et que les crevaisons sont dues à la jante qui est fissurée (d’où les crevaisons sur la face interne des chambres air). François va demander à la maison voisine si l’on peut planter la tente sur son terrain, ils nous fournissent leur terrasse bien chauffée au soleil et l’eau à volonté. On ramène nos affaires, on monte les moustiquaires, François fait ses fameuses pâtes au thon crème fraiche (heureusement qu’il est là pour nous soutenir, même si tout est bien sûr de sa faute), moi je tente une dernière chambre air avec scotch sur la jante et ça à l’air de fonctionner. On mange et se couchons, demain est un autre jour.

 

Dimanche, la roue est toujours gonflée, au petit déjeuner on essaye de finir les pâtes de la veille, ce sera les chiens qui finirons la platrée (de nuit la gestion des quantités c’est autre chose…). On roule en direction de Navoi avec un jolie lever de soleil, sur une route sympa, avec un autre cycliste, on s’éclate. Comme notre chambre à air qui a tenu à peine 10km, on répare mais ça ne change rien, la crevaison de trop, toujours au même endroit, on abandonne, on passe au stop. François reprend la route seul, ça lui faire bizarre de nous « abandonner », de toute manière il n’a pas de choix. Une voiture s’arrête, ils nous disent qu’ils nous envoient une camionnette. On patiente, et au bout d’une heure trente toujours rien, on décide d’arrêter d’autres voitures qui vont toutes dans l’autre sens pour se baigner dans le lac. Par chance un camion Kamas va dans notre sens, s’arrête et accepte de nous embarquer. On retrouve François au seul point ravito sur la route, un petit commerce, comme d’hab en train de fumer une clope. On repart en camion, laissant François au soleil prêt à s’attaquer à une belle côte. A l’entrée de Navoi la route est barrée par la police, à ce que l’on comprend des gens tirent sur tout ce qui bouge. On prend un petit chemin et le camion nous dépose, il nous reste 6km à faire à pied. Chacha pousse Enselle, je porte le sac à dos, les grosses sacoches et l’on avance en pestant dans nos coins. Surtout que des Ouzbeks viennent à notre rencontre pour nous dire qu’ils ont des rustines ou des chambres à air, ce qui nous énerve encore plus car ils ne peuvent rien faire pour nous. Notre jante est fissurée entre les trous pour accéder au vis des rayons. On avance, on transpire, on finit par trouver un hôtel, Chacha nous négocie le prix, et l’on a plus le droit au petit déjeuner mais toujours à la piscine qui est bien plus importante pour nous. Une fois installés, on contacte François pour lui dire qu’un l’y l’attend et en plus avec une piscine. Le petit coquin
a réussi à se faire embarquer par un libanais en voiture avant le pentu (il dit que ce n’était pas volontaire …), et à squatter un bar pendant que l’on marchait chargés au soleil. Il nous rejoint donc en forme, petite sieste, petite course, petite finale du mondial de foot que la France gagne (si vous n’êtes toujours pas au courant) et dodo.

Lundi 16 juillet, François s’est levé plus tôt que nous pour pédaler à la fraiche, nous on traine à l’hôtel. On range nos affaires faisons le check out et l’on se retrouve avec de quoi manger pour midi. On demande comment on peut rejoindre Samarcande, car notre vélo est cassé et c’est branle bas de combats dans l’hôtel. Patron et employés au téléphone pour nous trouver une solution, pendant ce temps on est installé pour prendre un petit déjeuner (gratuit). Il nous trouve un taxi, on charge Enselle, Bob, les bagages sur et dans le taxi. Et les frayeurs commencent, notre chauffeur roule comme un dingue, peu de voitures nous doublent, il passe son temps au téléphone, en contrôlant la voiture avec son genou, je ne sais combien de fois je lui indique des dangers devant nous. On arrive vivant à la guest house, qui est charmante, avec une envie de tuer notre chauffeur (mais bon il a survécu au trajet aussi). On se repose et passons à la recherche d’une jante, elle est infructueuse, il faut donc en commander une en France. On se couche épuisés, les émotions ça fatigue autant que le vélo.

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