5 jours au Turkménistan

Samedi 7 juillet, nous quittons l’Iran pour un drôle de pays? le Turkménistan, notre première dictature reconnue par l’ONU. Nous faisons un dernier kilomètre en Iran pour rejoindre la frontière et ses contrôles. Côté iranien c’est très tranquille, un premier contrôle de nos bagages, où il faut attendre celui qui s’occupe du scanner et il sait se faire attendre. Puis contrôle de nos passeports, le monsieur du scanner amène nos passeports au douanier à son bureau. Et le douanier voyant le travail arriver, prend peur, se lève de son bureau, pour boire son thé et prendre des forces. Une fois remis de ses émotions, il reprend place à son bureau, puis sort de son bureau pour donner nos passeports à d’autres personnes qui au lieu d’aller travailler, préfèrent m’appeler pour rigoler de mes cheveux, sur ce Loïc nous rejoint, on lui explique les démarches, et il subit la même attente. Tout se passe lentement mais dans la bonne humeur, on récupère nos passeports et filons au Turkménistan. Avant de passer la rivière, on recontrôle nos passeports et le monsieur de l’armée note nos noms sur sa grille de mots croisés, où mon nom ne rentre pas (il ne devait pas correspondre à la définition). On rejoint le poste de contrôle côté Turkmen après un long no man’s land pratiquement 1km de fils barbelés et tranchées. Un jeune homme en tenue militaire nous accueille, nous fait patienter, nous guide dans les différentes démarches qui sont répondre à des questions comme où on dort, comment on se déplace, qu’elle est votre travail, notre couleur de caleçon, et si tout correspond on peut payer nos entrées dans le pays. Puis ils vérifient si nos passeports correspondent bien avec des machines derniers cris, photos, empreintes, et on doit attendre que le scanner soit prêt. Chacha a donc le temps de se faire accompagner par un militaire pour aller aux toilettes, on fait passer nos sacoches dans le scanner. Chacha se fait fouiller sa sacoche d’habits, on rerépond aux mêmes questions que précédemment sûrement pour savoir si nos sous vêtements sont vraiment de la couleur indiquée. Je taquine, tout s’est passé dans la bonne humeur, pas mal de formalités, mais hors caméra la douanière essaye Enselle. On reprend la route avec Loïc, direction la gare, pour prendre des infos et faire le change. Sur la route des gens veulent nous changer des dollars mais le taux proposé ne nous plait pas, une voiture nous suivra tout en nous proposant son taux de change trop bas à notre goût, il ne montera pas et nous ne descendrons pas mais il essaye de nous avoir à l’usure, il finira par s’user tout seul et nous laisse tranquilles. Arrivés à la gare, désillusion, il n’y a personne sauf 2 hommes sortis de nul part qui nous indiquent les taxis et le bazar. Au bazar nous pouvons changer nos dollars contre des manats pour un taux de change à peine meilleur qu’à la frontière. En attendant Chacha et Loïc qui échangent les sous, je me renseigne pour un taxi, ça à l’air compliqué à cause du gabarit d’Enselle et Bob. Mais après quelques coups de fil on a une solution à bon prix, direction Mary, Loïc reste ici pour reprendre la route de nuit à vélo. Le taximan est l’un de ceux que l’on a croisé à la frontière pour changer des Manats et il nous avait proposé de nous emmener à Mary, on avait tout refusé. Ça le fait rire et nous aussi. En 3 ou 4 heures nous sommes à Mary, la route n’est pas si longue mais pas très entretenue, surtout il y a des contrôles de police et une pause repas. A l’hôtel impossible de négocier, tant pis on prend, on doit rester 2 nuits, on sort manger un bout, c’est vraiment pas cher pour le coup, et cerise sur le gâteau on boit une bière. Retour à l’hôtel pour un gros dodo, aujourd’hui la température est montée à 44°c à l’ombre.

Dimanche, après 9h de dodo climatisé on descend chercher notre petit déj. Devinez qui on trouve allongé sur les canapés du lobby, et oui Loïc en train de dormir. On lui laisse un mot, mangeons, et il se réveille. On essaye de négocier pour qu’il puisse dormir dans notre chambre durant le journée mais c’est niet. Il peut prendre une douche dans notre chambre, et il nous explique que la veille, là où on l’a quitté,on n’ était plus sur la route principale et l’on ne pouvait pas y rester plus de 30min. Il a du donc quitter la ville, heureusement il a pu dormir la journée dans une station service, et il est parti vers 18h pour arriver à 6h ce matin après 223km, avec un moyeu qui frotte et une crevaison devant l’hôtel. On lui indique notre restaurant de la veille, puis allons acheter nos billets de trains pour le lendemain, les locaux sont d’une grande aide pour nos démarches, dans cette gare où nous sommes entassés sur les guichets sans air frais. On enchaine avec le bazar, Chacha trop jalouse des très jolies robes turkmènes s’en fait faire une sur mesure, dans une boutique on choisit le tissu, dans une autre les couturières s’activent pour qu’elle soit prête pour le lendemain et c’est vraiment pas cher (4€ au total, j’en veux plein!!!). Puis nous achetons quelques légumes et fruits, une vendeuse tombée amoureuse de moi, non, de mes cheveux tient à ce que l’on fasse une photo ensemble. Elle me fait défaire mon chignon, et le temps s’arrête dans le marché, tout le monde s’intéresse à la scène, mais rien d’oppressant, tout reste très fun. On rentre à l’hôtel, il fait encore très chaud, on retrouve Loïc qui dort sur les canapés. On profite de la clim, je finis le précédent article, on fait profiter à Loïc des fruits frais du marché. Il tente de passer le reste de la journée dans une chambre d’un autre hôtel, car dans le lobby il n’y a pas de clim. On le retrouve à notre porte, la chambre était trop chère pour les quelques heures qu’il en a besoin. Il profite donc de notre lit pour dormir, les employés de l’hôtel ferment les yeux, on le réveille à 19h sinon il ne repartira pas cette nuit. On bricole son moyeu, met une rustine à sa chambre air, et allons manger. On lui explique que sa démarche et celle des hollandais nous surprend un peu car ils vont très vite et ne profitent pas beaucoup des pays traversés, et qu’en général on choisit le vélo aussi pour sa lenteur. Lui est vraiment dans une démarche sportive, il va même se faire un BUL (bike ultra light), c’est à dire virer ses 4 sacoches, les remplacer par une dans le cadre et une autre accrochée à sa selle. On le laisse repartir de nuit pour une bonne 100aine de kilomètres avant le prochain et seul hôtel dans le désert, si tout se passe bien pour lui en 3 nuits il est en Ouzbékistan. Pour info dans le désert la température peut monter à 60°c à cette période d’après les locaux donc il est très difficile de récupérer durant la journée sans ombre voir clim, nous on va retrouver la clim de notre chambre.

Lundi, réveil pépouse, on descend manger puis allons prendre un taxi pour visiter Merv. Merv est une ancienne ville pratiquement incontournable sur la route de la soie, ce fut une ville très riche, à la pointe de la recherche sur les religions. Donc plutôt convoitée, elle fut attaqué plusieurs fois, et au lieu de reconstruire la ville sur les décombres ils se déplacèrent pour reconstruire une autre ville quelques mètres plus loin. Ce qui fait que les quelques vestiges, qui restent, sont éparpillés sur plusieurs hectares, et pour visiter il vaut mieux donc être en voiture et de préférence climatisée. On a trouvé la voiture mais pas la clim et pouvons découvrir ses vestiges, c’est impressionnant l’étendue, les remparts, les mauselées, et c’est un lieu de pèlerinage pour les turkmènes. On découvre qu’ils sont à la fois musulmans et animistes, et qu’ils passent de l’un à l’autre en 2s, une prière musulmane enchainée par un rituel animiste. Le soleil commence à faire mal à la tête on rentre à l’hôtel, et squattons le hall car on a rendu la chambre. Puis on va chercher la robe de Chacha qui lui va à merveille, retour à l’hôtel dont le hall n’est pas vraiment climatisé. On va donc visiter le musée qui est climatisé, mais faut payer un supplément pour prendre les photos donc pas de photos bien que les surveillants m’aient mitraillé de photos. On commence par une salle réservée au exploits, au bonheur qu’il apporte, à tout le travail qu’il abat, oui au président dictateur du Turkménistan. C’est drôle car toutes les photos de lui sont photo-shoppées, même quand il pêche, ils n’ont pas réussi à trouver une véritable photo de lui en train de pêcher. On enchaine avec la faune du Turkménistan, et il n’y a pas à dire c’est vraiment bien fait (pour de vrai), puis les sites archéologiques qui donnent vraiment envie de pouvoir faire le touriste dans ce pays, mais pour cela faut accepter d’avoir un « guide » 24h sur 24 sur le dos et qu’en plus il faut le nourrir et le loger. On passe à la salle des peintures qui datent du 20eme siècle, il y a de jolis tableaux représentant bien le pays, d’autres qui nous font penser à du Van Gogh ou Picasso, ce ne sont pas des copies mais l’inspiration y est très prononcée. On enchaine avec le dernier étage où il ne faut pas emmener Chacha, elle n’aime pas trop les musées, ça passe mieux quand ils sont interactifs. Par contre si c’est des tapis ou des tissus, c’est l’extase, « t’as vue celui la et ça c’est jolie aussi », « OOOH regarde là bas », un enfant dans un magasin de jouet. On retourne à l’hôtel où l’on fait passer le temps, puis chargeons Enselle pour rejoindre la gare, avant on fait quelques courses avant que tout ferme. A la gare nous sommes l’attraction, on se fait prendre en photos sous tous les angles. Ah non, en fait c’est Enselle et Bob l’attraction, nous on sert juste pour les explications parfois pour poser à côté ou prendre les photos. Chacha se fait un petit tour sur le quai, et un jeune homme de 10ans s’approche droit sur moi, avec une démarche pleine d’assurance, il me sert la main comme un ancien en me tendant la main droite et me recouvrant la main avec sa main gauche et me demande si l’on peut faire en selfie. J’accepte avec plaisir, puis on échange quelques mots et il s’en va retrouver sa maman. Un peu plus tard il reviendra, toujours avec autant d’assurance pour s’assoir à coté de nous, il a l’air d’éprouver une grande fierté de pouvoir trainer avec 2 touristes. Sa maman le rappel un peu plus tard, nous on continue d’être jaloux d’Enselle, donc Chacha joue les hôtesses. Quand au haut parleur il me semble comprendre que notre train arrive, on demande à un policier (contrôleur de la gare) qui nous explique que c’est le suivant pas celui qui arrive. En fait le suivant arrive 2min même pas après, j’avais bien fait d’anticiper. Surtout qu’il faut trouver notre voiture la 11 et la voiture pour les bagages encombrants, on nous indique la voiture pour Enselle qui est tout au bout du quai. On file en slalomant entre les gens, chargeons Enselle et Bob, attendons s’il faut remplir un papier, donner un billet pour que l’on ne touche à rien, on nous dit que c’est tout bon on peut rejoindre notre voiture, pas de papiers à signer ni bakchich. Le quai s’est vidé, et des gens courent, on fait donc la même chose car notre wagon est à l’autre bout du quai, on monte dans une voiture se disant que l’on va traverser le train. On nous fait redescendre, pour courir, on finit par monter dans notre wagon qui déborde de gens. Le contrôleur vérifie nos billets et nous dit de se faufiler à notre compartiment qui est tout aussi blinder que le wagon. Les gens comprennent que ce sont nos lits, on peut donc s’installer, le contrôleur prend nos billets, nous discutons avec nos compagnons de voyage, partageons nos couvertures avec ceux qui n’ont pas de lit, puis dormons.

Mardi, nous arrivons à Turkménabat, le contrôleur vient nous réveiller une fois arrivés, on est déjà au pied du lit en train de charger nos affaires. Dans le couloir les gens dorment encore surtout les enfants dans un sommeil profond qu’il faut enjamber. Une fois sur le quai nous le traversons pour récupérer Enselle et Bob, avec des obstacles comme « my friend taxi », ou « Taxi ». On nous descend le tandem et la remorque, le temps de charger nos affaires de la nuit, des gens demandent si on veut un taxi, nous indique la frontière, alors que l’on veut juste une chambre pour dormir au frais. Installés sur Enselle nous sortons de la gare, il fait encore nuit, on essaye toujours de nous faire monter dans un taxi pour la frontière, déjà on veut pédaler et de deux on ne peut pas passer la frontière aujourd’hui notre visa ouzbek commence demain. Après sûrement un petit détour made in mapsme nous trouvons un hôtel, Chacha met du temps a nous avoir une chambre, le soleil se lève (il est 4h), on peut enfin dormir. On se réveille vers 9 10h, c’est plutôt des gens qui rentrent dans notre chambre et en ressortent rapidement pour ne pas nous réveiller, c’est raté. On nous déménage donc dans une autre chambre, et on part voir le bazar car Chacha veut voir le bazar qui est un simple marché, on fait quelques courses. Retour à l’hôtel en passant par une autre route pour visiter la ville, on est surpris on l’aurait pensé plus clinquante. On mange, on range, on se repose, puis dodo.

Mercredi, nous nous levons aux aurores, enfourchons Enselle au lever du jour direction la frontière. Une première barrière nous bloque la route et l’on est pas encore sorti de la ville. C’est la voie ferrée perchée sur son talus haut de 3m, pourtant mapsme nous indique que l’on peut passer en voiture. Heureusement 2 femmes nous aident à faire grimper Enselle et bob sur la voie ferrée (costaudes les dames), et elles nous indiquent la suite de route. Nous passons un immense pont, et 2ème barrière, toujours pas la frontière, c’est la police qui nous stoppe pour regarder rapidement nos passeports et ils sont tout content de nous donner le résultat de la demi finale ; la France est en finale (si vous n’êtes pas au courant), ils nous indiquent la suite de la route, on ne va pas se perdre. On avance tranquillement avec un peu de vent et surtout du sable sur la route. On atteint encore une barrière, cette fois ci avec plein de gens amassés dessus, c’est l’entrée de la frontière. Les gens qui patientent, mais pas vraiment avec calme s’écartent gentiment pour nous faire passer et pour que les gardes frontières nous aperçoivent. On nous ouvre la barrière, avec des dames qui peuvent passer aussi. On donne nos passeports pour un premier contrôle et les esprits s’échauffent un peu, les dames qui ont aussi transmis leurs passeports doivent retourner derrière la barrière. On poursuit notre chemin, re-barrière avec des gens que l’on nous fait contourner, petit coup d’œil sur nos passeports et l’on peut rejoindre le bâtiment. Dans une première salle plein de gens patientes, on nous fait passer devant tout le monde, contourner le contrôle de nos bagages, remplir un petit papier, annonce que la France est en finale, tamponne nos visas, et c’est fini pour le Turkménistan. Ah non encore un contrôle, pour vérifier si on a bien été contrôlé, et on passe en Ouzbékistan. A peine la rivière passée que l’on contrôle nos passeports, et que si mes cheveux sont bien des vrais, c’est bon rien n’est faux on peut avancer. A la maison on hésite à faire rentrer Enselle, aller on le fait rentrer, check de nos passeports, tentative de vérification de nos bagages. Le douanier nous fait décrocher une sacoche, la sous pèse, et se dit ça va être difficile, petit tour d’Enselle et Bob, regarde sa collègue pour dire on va rester pépère et comme la France est en finale (vous pouvez pas dire que vous n’êtes pas au courant), ils peuvent passer. Et voilà nous sommes en Ouzbékistan, un dernier portail (tient ce n’est pas une barrière!), un coup d’œil sur nos passeports (la France est en finale) et nous pouvons reprendre la route. C’est maintenant que ça se complique en ces 3/4 heures d’annonce que la France est en finale le vent s’est bien levé et s’est mis de face, en plus un peu de sable vient se mélanger avec. On sort nos foulards autours du nez, et on appuie sur les pédales, c’est dure, le vent, le sable, la chaleur, tout les 5km on fait une petite pause. Il devrait y avoir un hôtel dans les km qui suivent, mais on en est pas sûr, on croise des policiers et sans aucune hésitation on leur demande si il y a bien un hôtel et c’est confirmé. Il nous reste moins de 10km à faire, et ils sont vraiment durs, le soleil est presque à midi. 2 cyclistes nous accompagnent sur un kilomètre ce qui nous donne un peu de force, et c’est drôle, car un enfant est sur un vélo pour adulte, et un grand jeune homme est sur un petit vélo. Puis ils nous laissent tomber comme des vieilles chaussettes, c’est vrai que l’on avance plus. On retrouve le grand jeune homme sous un arrêt de bus, on lui demande où ce trouve l’hôtel, il nous indique la direction et nous accompagne jusqu’à l’hôtel, trop gentil. On pose nos bagages, achetons 10l d’eau, de quoi manger, on nous offre un water melon (pastèque pour les non anglophones), et l’on se repose puis dormons.

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PS pas de photo de nounours, car sans visas il était dangereux pour lui de sortir et la chaleur ne lui plait pas surtout quand le goudron reste collé à ses fessiers.

2 réflexions sur “5 jours au Turkménistan

  1. Vanou 3 août 2018 / 13 h 18 min

    Prenez soin de vous
    Je vous embrasse très fort ❤️

    J'aime

  2. Quere josyane 4 août 2018 / 16 h 56 min

    Bonjour à vous 2
    Il faut garder l’adresse de la couturière , prix imbatable !
    Bonne route , à la découverte de nouvelles aventures .
    Bises
    Josyane et Philippi

    J'aime

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