De Barda à Lankaran

Samedi 5 mai, réveil scotché au matelas, bon gros coup de flemme. Rapidement on décide de ne rien faire, on sort juste pour acheter de quoi faire une salade (mais quelle salade !). On passera le reste de la journée dans notre chambre à écrire un article, geeker et surtout à attendre le coup de fils de Noisette (Antoine) pour voir Margaux en robe de mariée (wahou trop belle).

Dimanche 6 mai, on remonte sur Enselle direction Agdzhabedi à 54 km, on en fera 84. Ne me demandez pas pourquoi car on ne sait toujours pas. Peut être toutes les invitations pour boire un çay ou manger nous on déboussolées, ou les slaloms entre les nids de poules nous ont perdus, ou la chaleur nous a fait chercher plus l’ombre que la route. On finit quand même par arriver, et par trouver 2 bonnes glaces.

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Lundi, on retrouve la route goudronnée en ligne droite avec soleil de plomb, du tout confort. On avance bien mais il y a toujours ces petits obstacles, aujourd’hui un assez original on nous propose çay avec  hammam, on prend juste le çay. Nous reprenons notre ligne droite jusqu’au village de Sarq pour faire le ravitaillement en eau. C’est au lavoir que l’on trouve de l’eau potable, et des dames sympathiques qui nous invitent à boire le çay chez elles. Nous passerons le reste de l’après midi à boire des çay, à faire le tour du village pour boire des çay, on nous propose de planter la tente dans le jardin poulailler, d’y faire notre toilette. Ensuite on mangera un bon poulet avec du riz aux raisins (plov), et on ressort pour une veillée sur tapis dans la rue à boire des çay . Heureusement qu’il fait chaud et que l’on transpire sinon on aurait inondé d’urine l’Azerbaïdjan (et on commence à avoir une super vessie). Durant la nuit, le seul être vivant à ne pas s’être aperçu qu’il y avait des étrangers, avec un drôle de vélo et une drôle de maison dans le village, s’est amusé à nous aboyer dessus…nuit difficile.

Mardi, on quitte nos villageois pour une journée aussi difficile que la nuit précédente. Nous démarrons sur notre belle ligne droite avec un joli vent de face, et au bout de 20 25kms changeons de ligne droite pour garder le vent de face mais enlever l’asphalte. Nous entamons les 40km de la célèbre route nommée « asphalte yok » (pas d’asphalte en français dans le texte). Et oui à chaque fois que l’on nous a demandé notre itinéraire on nous a dit ici : « asphalte yok », on ne peut pas dire que l’on ne savait pas. Mais en ce mardi 8 mai c’est un grand jour (oui c’est l’armistice on sait), aujourd’hui on a réussi à se payer notre propre çay et une théière pleine en plus! La technique, s’arrêter discrètement dans un lieu où il n’y a pas trop de monde, s’approcher du çay evi furtivement, et commander avant que l’on vous propose un çay et le tour est joué. En plus pour une théière c’est 1 manat soit 50 centimes d’euro et l’on peut boire au moins 6 thé. Pour ajouter au combo du thé on se paye un resto routier (pour fêter nos 6 mois de voyage) sur la route cabossée et l’on mange super bien en bonne quantité, ça fait plaisir. Au village de Hacirustamli, on s’arrête pour acheter de l’eau fraiche et du fanta, un monsieur habillé en treillis militaire passe à la supérette, repart, et fait demi tour 20 m plus loin. Il revient nous saluer et nous invite à boire un çay, ça tombe bien ça faisait longtemps. On se retrouve dans sa cuisine avec un çay, une assiette avec de l’omelette aux haricots et d’autres saveurs, du fromage, du pain, … On avait manger 1h plus tôt, et bien on a tout mangé pour lui faire honneur. Une fois la table débarrassée et fait en sorte que l’on reste dormir chez lui (il a mis Enselle et Bob à l’abris, et nous a appelé à l’aide car il n’arrivait plus à les faire tenir sur la béquille), il appelle sa voisine pour nous tenir compagnie (et peut être pour que l’on ne s’enfuit pas) pendant qu’il part en side car chercher de l’eau 3 kms plus loin (et accessoirement une bouteille à 40%). Sa femme, Nourida, nous rejoint, et le courant passe super bien avec notre Chacha, docteur en mimes et imitations, la voisine nous chauffe l’eau pour la douche au bois (pas d’eau courante, pas d’électricité le jour, et pas le gaz de ville). On passe une super soirée avec nos hôtes et leurs amis intimes, et à 2 (plus un micro verre pour Chacha) on videra une petite bouteille de spiritueux Azéri, c’est fête à la maison de Nourida.

Mercredi, nous prenons notre petit déjeuner, on s’est levé trop tard (7h) car ils voulaient profiter plus de nous. Nous leurs disons au-revoir le cœur lourd, se fut une merveilleuse rencontre. Le mari de Nourida nous raccompagne jusqu’à la route avec son fils (ah oui on ne vous a pas dit, mais on a organisé la veille au soir un mariage entre l’une des sœurs de Chacha et leur dernier fils, même s’il a une préférence pour Lisa plus jeune;) ), ils nous siffleront plus loin sur la route en nous faisant de grands signes ce qui fera reverser les larmes de Chacha (qui décidément à le coeur qui déborde ces derniers jours). On reprend notre slalom entre nid de poule, mais la route s’élargit ce qui nous permet de rouler au milieu de la route, comme ça les véhicules qui arrivent derrière nous, nous dépasse sur la droite sans qu’on les gène, et ceux d’en face nous croisent par la gauche normale. Par contre parfois ils s’emmêlent les pinceaux, et ceux de derrière nous doublent par la gauche et ceux de devant nous croisent par la droite, et des fois ils sont tous à gauche ou tous à droite ça fait que nous on ne trouve plus le milieu (et le milieu c’est merveilleux clin d’œil à Julien), heureusement la route est en ligne droite et il n’y en a qu’une sinon on y serait encore. Dans tout ça des voitures et des camions nous stoppent pour nous prendre en photo (avec ou sans Chacha), d’autres nous offrent de l’eau, un monsieur rentrant de ses courses nous avait doublé à l’aller (on ne sait pas par qu’elle coté mais son klaxon était rigolo) nous offre des fruits. On finit nos 40 km de « asphalte yok », reprenons le goudron, buvons un thé, grignotons, et nous nous remettons de nos émotions dans un hôtel à Balisuvar où se trouve une fabrique de sucre.

Jeudi, nous rejoignons Masalli par la grande route, Chacha est toute molle, la météo est lourde, la circulation est plutôt dense, la route est bosselée, les champs de fraises sont à perte de vue (mais pourquoi les ramassent ils déjà). Non on ne va pas se plaindre mais faire les touristes c’est fatiguant quand même. On nous paye un çay, on rigole, on fait la course avec l’orage, il nous rattrape, nous mouille un peu, on trouve un jolie refuge  pour passer la nuit et voir passer l’orage 30min plus tard, on a gagné.

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Vendredi, on prend les (ou la) petite(s) route(s), allant de villages en villages, on retrouve les obstacles mais comme la population est plus dense c’est beaucoup plus fréquent. On refuse donc beaucoup d’invitations à boire des çay, heureusement pour nos vessies, on en accepte d’autres pour soulager ces dernières. Une voiture nous stoppe pour nous offrir du pain, des oeufs dur et une banane (et de l’argent qu’on refuse), une autre nous stoppe pour nous offrir du pain et un poulet grillé farci le tout tout chaud, on a bien mangé le midi. La journée passe vite, et on arrive rapidement à Lankaran dans un hôtel où l’on est déjà connue, les employés on des photos de nous sur instagram!

5 réflexions sur “De Barda à Lankaran

  1. ARCHAMBEAU-SAUBION Annie-France dite tatie Any 27 mai 2018 / 15 h 29 min

    Ouah! ce voyage…6 mois déjà..

    Vos visages burinés par le soleil et l’air vif et vos sourires montrent que vous réalisez votre rêve
    Continuez à profiter à fond des pays et des peuples qui les habitent.
    Bonne route citoyens du monde.
    Bises à vous partager.
    Tatie Any

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  2. Pascal Gisclon 28 mai 2018 / 8 h 36 min

    Vos visages font plaisir à voir! Bonne continuation..

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  3. Nathalie DZIERWA 28 mai 2018 / 18 h 53 min

    Bonjour Damien,

    Nous suivons avec beaucoup d’intérêt vos aventures et sommes très impressionnės. Quel bonheur que de lire tous ces récits. Merci pour votre carte postale. À bientôt de vous lire

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  4. garlikstan 8 juin 2018 / 13 h 21 min

    Cup of tea, çay, tchai, chaï. Tous les pays traversés font bosser nos reins et notre imagination. Déçus de plus vous avoir croisé (visa turkmen oblige) mais ravis de vous lire!
    A plus dans le bus !
    Lucile, Pierre & Gousse le van

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    • damscha 22 juin 2018 / 16 h 45 min

      pourtant on pédale de plus en plus vite … ou pas 😉 du coup reste plus que la France pour se croiser ?!

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