De Tbilissi à Barda

Samedi 28 avril, nous passons une courte nuit car Chacha s’est mis dans la tête de convaincre un Italien qu’il a tord. C’est vrai que c’est bizarre de voyager et de dire que tous ses pays sont dangereux, que tous ces réfugiés c’est mal pour notre pays …et en plus il a un esprit assez fermé, mais bon Chacha essaye quand même de lui faire entendre raison (tout en essayant de ne pas perdre ses nerfs, et dire qu’on avait dit pas de politique en voyage). On part en direction de la frontière, les gens sont de plus en plus démonstratifs, est ce que c’est parce que l’on va bientôt quitter leur pays? et qu’ils nous encouragent à le faire vite?!?. Car si c’est ça c’est raté, je me sens tout mou, les jambes en coton, pas envie d’avancer. Tellement pas motivé que j’arrive à convaincre Chacha de s’arrêter à Rustavi. De toute manière c’est moi qui pilote, si je veux m’arrêter je peux, Chacha est obligée de me suivre. En même temps c’était facile de la convaincre il y avait la finale de top chef à regarder. On fait petite balade, on regarde top chef puis coupure d’électricité donc dodo.

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Dimanche, cette fois ci on passe la frontière et on poussera plus loin. Nos derniers kilomètres en Géorgie se font avec des gens de plus en plus souriants, nous disent plus facilement bonjour et les maisons changent. On arrive rapidement à la frontière entre Ruisbolo et Sagiqli, elle est toute petite c’est trop mignon. Les douaniers Géorgiens vérifient surtout si nos papiers sont en règle pour rentrer en Azerbaïdjan, en profite pour nous questionner sur notre voyage. Puis on passe côté Azéri, on doit faire passer nos bagages au scanner, c’est trop compliqué, alors juste une partie, les 1er que l’on a détaché. Vient le contrôle de nos papiers, qui ont déjà fait le tour de la douane, avec nous en personne. On laisse Enselle avec les douaniers qui en profiterons pour jouer avec les klaxons et pas qu’une fois. En fait c’est notre passage de frontière le plus rigoureux et le plus amusant, que des sourires, et des rires. Le grand portail métallique s’ouvre, au bout de 30min, sur un pays qui nous accueille comme des stars. Dans les villages chaque personne nous salue, quand on s’arrête les gens viennent nous prendre en photo, et si on fait une pause où il n’y personne, les voitures s’arrêtent pour nous saluer et prendre des photo. On finira notre journée à Asgafa où l’on devra vider une théière de thé avant de pouvoir trouver des sous.

Lundi, le départ est un peu difficile les jambes sont dures des kilomètres de la veille, mais nous sommes toujours des stars. Dans certains villages on a l’impression d’avoir une haie d’honneur lors de notre passage, tout le monde nous fait coucou, salut, c’est impressionnant. Nous nous arrêtons dans un parc pour manger, quelques curieux viennent nous saluer et poursuivent leur route. Nous repartons, mais avant de sortir du parc Chacha profite des toilettes, en revenant elle me retrouve au milieu d’une 20aine de personnes, aucun ne parle anglais, tous veulent savoir ce que l’on fait et surtout me prendre en photo avec Enselle, ou avec eux, puis avec Chacha (mais pas trop quand même). Beaucoup veulent nous inviter à boire le çay, manger, ce lundi on acceptera la théière offerte par Saïd, un bon çay pour faire une bonne pause en milieu d’après midi. On finit la route sur une piste défoncée, le long d’un camp militaire, à Semkir nous passons Enselle au Karcher, et faisons dodo après deux belles journées de vélo.

Mardi, nous avalons nos 45 petits kilomètres rapidement. Pour arriver à Gandja (non rien à voir,esprits mals tournés) qui est la 2eme plus grande ville du pays, en entrant dans cette ville nous entrons dans un autre monde. Déjà nous passons devant un immense parc, le plus grand du Caucase (et 5ème plus grand au monde avec 450 ha), nous y rencontrons 3 polonais voyageant à moto et l’on compare nos montures. Nous trouvons facilement notre hostel, c’est simple si l’on s’arrête pour réfléchir ou autre (genre juste boire un coup ) il y a toujours un courageux pour nous aborder qui attire les autres et nous trouvons donc quelqu’un pour nous renseigner. On s’installe, allons manger dans un restaurant qui nous sert des mini portions, la taille du plat est inversement proportionnel au goût, c’était très bon. On part se balader dans l’un des plus anciens parc du Caucase, visitons les bains turcs, la mosquée, …, cherchons une carte routière de l’Azerbaïdjan (on ne la trouvera pas) et finissons par faire les courses où les clients et les employés se plient en quatre pour que l’on trouve notre bonheur. Retour à la guest house où l’on rencontre un biologiste old school (naturaliste), qui recense les oiseaux du pays et aurait trouvé une nouvelle espèce.

Mercredi, nous nous préparons pour une nouvelle grosse journée de tandem, car on doit faire des détours pour éviter la route principale qui traverse le pays (un genre d’autoroute). On prend les rues en chantiers pour rejoindre le gros boulevard, qui nous amène à l’autoroute. Juste avant nous bifurquons à gauche et roulons sur une jolie route goudronnée, en arrivant à Qiyasli plus de goudron, des gens nous disent qu’il n’y a plus de route, on continue, une voiture nous stop et nous dit encore plus de route, plus d’asphalte, on répond que ce n’est pas grave. Un des messieurs nous demande de le suivre car sa femme parle anglais, ça ira mieux pour tout nous expliquer. On se retrouve à boire le thé, puis manger, puis interdit de partir on fait un long voyage faut que l’on se repose. Au bout de 20kms, 1h de vélo, on est invité dans une super famille avec qui on passera une super journée, Chacha échangera beaucoup avec la maman, moi un peu avec le papa (Elbrus comme la montagne) on ne parle pas anglais surtout lui. Mais en nous baladant tous les 2 dans les champs, je vais apprendre (et vite oublier) les herbes que l’on peut manger, on a bouffé un paquets d’herbes, tiges, feuilles, et autres … Il finira par m’indiquer un itinéraire pour rejoindre la frontière Iranienne et cette fois ci en passant dans un secteur où il n’y a aucune route même pas un chemin sur les cartes.

Le lendemain Jeudi, nous quittons nos hôtes non sans larmes, avec plein de nourriture en plus dans nos sacoches (confiture de rose, de mûres, sauce de grenade, halva, bonbons, gâteaux, citrons …)et passons par le chemin prévu avant que l’on ne les rencontre, Elbruz nous ouvre la route sur son vélo. On enchaine petit chemin, beau chemin, super asphalte tout neuf, route défoncée, toujours comme des stars. Nous essayons de faire des pauses dans des endroits où il n’y a personne ou peu de monde afin d’être un peu tranquille, mais il y toujours du passage et forcement des gens qui s’arrêtent certains juste pour nous donner de l’eau et prendre des infos et photo d’autre pour nous inviter à manger et dormir. En surmontant tous ces obstacles bien tentant nous parvenons à rejoindre la ville de Naftalan, célèbre pour son brut de pétrole réputé thérapeutique, pour bain antidouleur (rhumatisme) et cancérigène (pour info le brut de Naftalan, contient 50% de naphtalène ou naphtaline, vous savez l’antimite, connu pour son effet cancérigène). Nous y passons la nuit perdu au milieu de nul part.

Vendredi, un nouvel obstacle se dresse devant nous: le haut Karabagh. C’est une zone montagneuse, mais le problème ce ne sont pas les cols, c’est qu’elle est strictement interdites aux étrangers. Cette région est disputée entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, si on a bien compris ça appartenait à l’Arménie, puis les russes l’ont offerte à l’Azerbaïdjan mais l’Arménie pas content l’a récupéré par la force, depuis ils sont en guerre (en ce moment c’est la pause). Si on passe dans cette région, on peut se faire arrêter, et bannir des 2 pays. Notre route en dur passe par la ville Tartar, qui est à la limite de cette zone et la région Tartar en plein dedans. On hésite, les routes en piste esquive tous ça et c’est plus court (mais pas plus rapide). On retrouve les obstacles naturels du pays, pause çay qui finissent par vient manger et dormir à la maison. T’accepte un verre d’eau chaude aromatisée et tu finis en pyjama alors que tu n’as fais que 10km, et le pire c’est que tu es autant fatigué qu’une grosse journée de vélo, car tu essayes de te faire comprendre et de comprendre tes interlocuteurs toute la journée. On esquive, accepte une théière, arrivons à reprendre la route tant bien que mal, un peu plus loin on nous propose à manger on esquive il faut vider nos sacoches, et ça recommence. On se cache pour manger, on nous aperçoit, on nous propose donc à manger, que l’on refuse, un thé pourquoi pas et on doit dormir chez eux, on refuse.  On fini à Barda, dans un hôtel pour se reposer, Chacha va faire la paperasse, moi j’attends dehors avec Enselle et une 20aine de personnes qui me questionnent, me prennent en photo. Une fois installés, lavés, reposés, petite ballade en ville où on se refait photographier, enfin surtout moi, par des jeunes lycéens (et on est pas encore en Chine).

 

 

2 réflexions sur “De Tbilissi à Barda

  1. véronique dupré 10 mai 2018 / 15 h 26 min

    excellent…j’espère que Damien a bien clipsé ses chaussures aux pédales,
    pourvu qu’il ne s’envole pas…..quelle star!
    allez, profitez bien de ts ces bons moments,engrengez…que du bonheur!
    et prenez bien soin de vous
    je vous embrasse bien affectueusement
    bonne continuation

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  2. MARTINEZ Gisele 11 mai 2018 / 9 h 28 min

    trop interessant mes chéris,bravo à Damien qui me régale par ces récits
    à Charlène pour son coeur
    j’aurai aimé vous lire plus longuement..et j’attends la suite avec impatience
    soyez prudent
    je vous embrasse de ts mon coeur
    mamie

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